Marseille
-
Santé,
Social
Marseille : mobilisation régionale de la CGT Santé et Action sociale contre le '' mode dégradé '' 5min
Par Rémy Reponty15/09/2026 à 19:45
À l'appel de la CGT, qu'ils soient personnels d'établissements de santé ou usagers, ils sont venus de toute la région Provence-Alpes-Côte d'Azur pour manifester ce mardi à Marseille. Cette mobilisation sur la Santé et l'Action sociale dénonce le manque de moyens et de personnel dans les hôpitaux et clame son refus d'exercer en " mode dégradé " au détriment d'un service public de qualité dû aux usagers.
Soignants, personnels hospitaliers et usagers venus de toute la région Provence-Alpes-Côte d'Azur se sont rassemblés ce mardi à Marseille à l'appel de la CGT Santé et Action sociale. En cause, une pénurie aiguë de personnel et de moyens qui pousse les hôpitaux publics au bord de la rupture. À l'approche des débats budgétaires, le syndicat hausse le ton et exige un plan d'urgence.
Le ras-le-bol s'affiche désormais au grand jour dans les rues de la cité phocéenne. Ce mardi, les chasubles rouges de la CGT Santé et Action sociale ont investi Marseille, portant la voix d'un secteur au bord de l'épuisement. Venus des Bouches-du-Rhône, du Var, de Vaucluse ou des Alpes, soignants et usagers partagent le même constat d'urgence : nos hôpitaux publics sont "à l'os" et les conditions de prise en charge se détériorent de jour en jour.
L'interview de Cédric Volait, le coordinateur CGT Santé et Action Sociale pour la Région Paca, dans cette vidéo.
(Interview, images et montage : Rémy Reponty pour Maritima Médias.)
Un constat choc : "La plupart des services d'urgence fonctionnent à 50 %"
Au cœur des revendications figure la généralisation forcée de ce que les directions d'établissements nomment pudiquement le "mode dégradé". Une sémantique administrative qui masque mal une réalité quotidienne dramatique sur le terrain, comme le souligne Cédric Volait, coordinateur régional de la CGT Santé et Action sociale en PACA : "On voit qu'on est vraiment dans des secteurs qui sont à l'os partout. La plupart des services d'urgence fonctionnent à 50 %. Quand on regarde beaucoup d'établissements, on a à peu près 50 % de médecins. Et ce qu'ils appellent le fameux mode dégradé, en fait, ils nous obligent à vivre en mode dégradé."
Si la situation était autrefois subie de manière informelle, le syndicat dénonce une institutionnalisation inquiétante de ces dysfonctionnements. "Avant, ils n'osaient pas l'écrire il y a 4 ou 5 ans. Maintenant, on voit de plus en plus de directions qui l'écrivent, avec des notes de services disant : 'De telle date à telle date, on va mettre un mode dégradé'. Le mode dégradé, ça veut dire qu'on n'a pas les moyens de soigner tout le monde, qu'on ne pourra pas soigner correctement les gens et qu'il faut s'habituer à ça."
"Il faut s'indigner et refuser de banaliser"
Face à cette logique de résignation, la CGT appelle les soignants et les citoyens à sursauter. L'enjeu dépasse le cadre syndical : il touche directement à la sécurité des soins accordés à chaque patient de la région. "Nous, ce qu'on dit justement, c'est qu'il ne faut pas s'habituer à ça. Il ne faut pas banaliser ce qui est en train de se passer, il faut surtout s'indigner et refuser pour demander des budgets à la hauteur."
Inquiétude et appréhension de l'avenir en ces périodes de restrictions budgétaires.
Projet de loi de finances : le rapport de force est engagé
Le calendrier de cette grande journée de mobilisation régionale ne doit rien au hasard. Dès le début du mois d'octobre, le Parlement entamera l'examen crucial du budget de la Sécurité sociale et des hôpitaux (PLFSS). La CGT entend peser de tout son poids dans les négociations à venir. "Aujourd'hui, il y a un débat qui va commencer début octobre par rapport au budget de la Sécurité et des hôpitaux. On voudrait pousser au maximum, créer le maximum de rapport de force pour avoir des budgets qui nous permettent de travailler correctement, de se soigner correctement, et d'avoir des salaires décents qui nous permettent non pas de survivre, mais de vivre."
Les estimations sur le nombre de participants à cette manifestation Santé et Action Sociale ce mardi à Marseille sont de 5000 manifestants pour la CGT et 900 selon la préfecture de police. Ils étaient aussi environ 80 manifestants à l'hôpital de Martigues.
A lire aussi
Miramas
-
Santé
Miramas : fermeture temporaire du cabinet Medic’ Perm après l'agression d'un médecin
Bouches-du-Rhône
-
Santé
Salle blanche, labo pour bébés et silence absolu… Le CNRS Provence ouvre ses laboratoires pour des "visites insolites"
Fos-sur-Mer
-
Santé
Fos-sur-Mer : dépistage gratuit et « Mammobile », la ville lance son premier Village Santé
Marseille
-
Santé
À Marseille, "chaque pas compte" : le Vieux-Port, capitale du Sport-Santé pour « Septembre Bouge »

