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Marseille : la contestation lycéenne s'amplifie et s'élargit5min
Par Rémy Reponty06/10/2026 à 17:15
Le mouvement de contestation lycéenne se poursuit et s'élargit. Dans le cortège de la manifestation aujourd'hui à Marseille, les syndicats Solidaire, CGT et FNSES SFU, le syndicat des enseignants. Mais aussi beaucoup d'étudiants venus en soutien et porter leur propres revendications. Et bien sûr les lycéens qui sont se sont déplacés en masse et dont certains étaient accompagnés de leurs parents.
Ce mardi 6 octobre 2026 marque un tournant dans la contestation lycéenne qui secoue Marseille et l’ensemble des Bouches-du-Rhône depuis plusieurs semaines. Entre blocages, marches de protestation et tensions grandissantes avec les autorités, les jeunes réclament des réponses immédiates face à la dégradation de leurs conditions d'études.
Billie , 15 ans, en classe de 1ère au lycée Marseilleveyre, venue avec sa mère, Gwen et Jacqueline, sa grand-mère. Elles ont témoigné au micro de Maritima, dans cette vidéo.
(Interviews, images et montage : Rémy Reponty pour Maritima Médias.)
Une alliance historique entre enseignants et lycéens dans la rue
Depuis le lancement du mouvement le 17 septembre dernier, la contestation n’a cessé de s’amplifier dans notre département. Ce mardi matin, à l'occasion de l'« Acte III » de la mobilisation, ils étaient 4 800 manifestants à Marseille selon les chiffres officiels de la Préfecture de police et 30 000 selon les syndictas, rejoints par les équipes éducatives et les familles.
Parti à 10h30 du haut de la Canebière, aux Réformés, le cortège s’est élancé dans les artères marseillaises avant d’être stoppé par les forces de l’ordre au niveau de la Porte d'Aix et du boulevard Nédélec pour protéger les accès à la Direction des services départementaux de l'Éducation nationale (DSDEN).
Invitée de la matinale sur Maritima Radio, Marion Chopinet, secrétaire académique du SNES-FSU Aix-Marseille, a réaffirmé la solidarité totale du principal syndicat du second degré avec les élèves mobilisés : « Nous sommes évidemment solidaires des élèves. Les lycéens et lycéennes se mobilisent pour des conditions d'études décentes, ce qui rejoint exactement nos revendications historiques : des moyens pour l'école publique et l'amélioration des conditions de travail de tous les personnels de l'Éducation nationale. »
Une colère qui gagne tout le département : Aix, Martigues, Arles et Istres
La mobilisation ne se cantonne pas à la cité phocéenne. L’onde de choc traverse l’ensemble des Bouches-du-Rhône avec des chiffres de participation très significatifs relevés ce mardi :
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Aix-en-Provence : 1 300 personnes ont défilé ce mardi matin.
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Arles : La Préfecture de police y a comptabilisé 530 manifestants.
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Martigues : Environ 300 personnes (dont 200 comptabilisées officiellement en cortège) se sont réunies devant l'Hôtel de Ville, où une délégation de 15 lycéens a été reçue par le maire Gaby Charroux.
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Istres : La mobilisation s'est poursuivie avec un rassemblement local et la bascule des cours à distance au lycée Rimbaud.
Face à la pénurie de professeurs non remplacés, au manque d'AESH et d'AED et à la suppression annoncée de postes, le SNES-FSU 13 rappelle que le constat est partagé par l'ensemble de la communauté éducative.
Distanciel forcé et fermetures : « Une façon de faire taire la jeunesse »
Face aux perturbations et au blocage de 891 lycées à l'échelle nationale (dont plus d'une douzaine dans les Bouches-du-Rhône), les autorités ont fréquemment fait le choix de fermer préventivement les établissements ou d'imposer des cours en visioconférence.
Une stratégie vivement fustigée par le SNES-FSU, qui y voit une tentative de démobilisation forcée plutôt qu'une réponse concrète aux urgences du terrain : « On fait semblant de poursuivre les cours alors qu'en réalité, on prive les jeunes de leur lycée. Au lieu de répondre à leur demande légitime de professeurs supplémentaires et de moyens pour étudier, on tente de les renvoyer chez eux pour les faire taire. » Se désole Marion Chopinet, secrétaire académique du SNES-FSU Aix-Marseille.
Lycéens de plus en plus mobilisés et déterminés pour obtenir des réponses concrètes du gouvernement.
Des annonces gouvernementales perçues comme une « opération de communication »
Alors que le gouvernement évoque des temps de dialogue et de démocratie interne dans les établissements, la représentante du SNES-FSU émet de plus grands réserves sur la volonté réelle du ministère d'entendre la détresse du monde éducatif : « Nous craignons surtout une opération de communication, comme les gouvernements successifs savent si bien le faire depuis dix ans : faire croire à l'opinion publique qu'on agit, alors que la situation sur le terrain n'a fait que se dégrader. » poursuit Marion Chopinet (SNES-FSU 13).
Entre répression policière et appel à l'élargissement du mouvement
Cette montée des tensions intervient après plusieurs journées très agitées dans le département, marquées par des arrêtés préfectoraux et un bilan sécuritaire lourd (plus de 80 interpellations enregistrées en fin de semaine dernière).
Face aux réponses sécuritaires et budgétaires, le SNES-FSU et l'intersyndicale (FSU, CGT Éduc'action, FO, SUD, UNSA, CFDT) entendent poursuivre le rapport de force aux côtés des lycéens pour obtenir un plan d'urgence d'ampleur dans les collèges et lycées de l'académie d'Aix-Marseille.
À Marseille, la préfecture de police a compté 4 800 participants à la manifestation quand les syndicats eux estiment à 30 000 le nombre de manifestants.
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