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Rue d’Aubagne : forte mobilisation à la veille du procès en appel2min
Par Rémi Chape01/11/2026 à 17:29
L'appel du Collectif du 5 Novembre – Noailles en colère a été suivi par plusieurs centaines de personnes ce dimanche à Marseille, qui réclament justice pour les victimes et un logement digne pour tous.
C'est demain que s'ouvrira le procès en appel de 16 prévenus jugés pour "homicide involontaire" ou "soumission de personnes vulnérables à des conditions d'hébergement indignes", suite aux effondrements des immeubles 63, 65 et 67 survenus au matin du 5 novembre 2018.
Ils avaient fait 8 victimes, parmi lesquelles Julien Lalonde, dont la mère Liliana est devenue l'une des figures centrales de la mobilisation citoyenne engagée depuis huit ans contre le mal-logement. « Il ne faut pas perdre espoir, déclare-t-elle. Il faut continuer à parler, à partager les expériences douloureuses de ce qui ont perdu un être cher, pour faire entendre nos voix, et que les autorités comme tous ceux qui ont le pouvoir de changer les choses, le fasse une bonne fois pour toutes, parce que je suis sûre qu'ils bougeraient si cela touchait leurs parents ou leurs enfants ».
Josiane Denizot, âgée de 78 ans, qui habite actuellement au 41, rue d'Aubagne, avoue justement pour sa part être « un peu désespérée », et ne pas se sentir en sécurité dans son logement : « On me dit que cela ne va pas s'écrouler mais mon carrelage se décolle, il fait du bruit quand je marche dessus, donc ce n'est pas normal, c'est qu'il y a quelque chose qui ne va pas... La solution pour moi serait de tout démolir et de reloger tout le monde ».
A noter également les présences de Nadia et Linda El Khalfioui, dont le père Mohammed, âgé de 77 ans, est décédé après avoir inhalé un nuage de poussières lors de l'effondrement d'un immeuble insalubre en chantier à Noailles le 18 juin 2026 : « Il y a huit ans on avait dit plus jamais ça et on se retrouve en 2026 à porter le même combat », déplorent-elles.
Lors du jugement de première instance rendu le 7 juillet 2025, le tribunal correctionnel de Marseille a condamné 10 des 16 prévenus (personnes physiques et morales) et prononcé un total de 358 000 euros d'amende. Trois copropriétaires du 65 rue d'Aubagne avaient notamment écopé de prison ferme, commuée en placement sous bracelet électronique pour « indifférence, négligence et obstruction aux travaux ». Le parquet de Marseille ainsi que 15 des 16 prévenus initiaux avaient fait appel de cette décision, jugeant pour les uns les peines trop clémentes par rapport aux 8 décès, et contestant pour les autres leur culpabilité.
Le procès qui débute ce lundi 2 novembre 2026 doit s'étendre sur sept semaines, jusqu'au 19 décembre 2026.
En vidéo ; le témoignage de Josiane Denizot, habitante au 41, rue d'Aubagne.
Les réactions de Liliana Lalonde et de Nadia et Linda El Khalfioui à retrouver demain dans la matinale de Maritima Radio ; Didier Gésualdi recevra également Kevin Vacher, membre fondateur du Collectif du 5 Novembre.
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