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Colère lycéenne à Marseille : "On est assez grands pour être très mal traités, mais pas assez pour être écoutés"5min
Par Rémy Reponty03/11/2026 à 18:38
La mobilisation des lycéens continue. Ce mardi à Marseille, plusieurs centaines de lycéens ont manifesté des Réformés à la place Castellane. Aucun débordement à déplorer sur ce parcours très encadré par les forces de l'ordre, nombreuses et placées stratégiquement sur plusieurs carrefours. La détermination ne faiblit pas pour ces lycéens qui ne se sentent pas considérés à leur juste valeur par le gouvernement.
Ce mardi 3 novembre 2026, la mobilisation des lycéens ne faiblit pas dans les Bouches-du-Rhône. Après la période des vacances de la Toussaint, plusieurs centaines de jeunes Marseillais ont battu le pavé, s'élançant de la place Castellane dans le calme mais avec une détermination intacte. Portés par des revendications profondes contre Parcoursup et les réformes éducatives, les élèves envoient un message fort au gouvernement, épaulés par une large communauté éducative.
Le reportage sur la manifestation de ce madi, dans cette vidéo.
(Interviews, images et montage : Rémy Reponty pour Maritima Médias.)
Une rentrée sous le signe de la contestation et de la fermeté
Dès les premiers jours de novembre, la jeunesse marseillaise a tenu à montrer qu'elle n'avait rien oublié des griefs portés avant les congés. Un parcours très encadré par les forces de l'ordre, stratégiquement positionnées sur les principaux carrefours, a accompagné le cortège lycéen. Aucun débordement n'est à déplorer, témoignant d'une mobilisation déterminée mais organisée.
Pourtant, le sentiment d'abandon et le mépris perçu de la part de l'exécutif exaspèrent la jeunesse. « Le gouvernement a essayé de nous décourager, il misait sur le fait qu'à la fin des vacances ça ne recommencerait pas », confie Léo, élève au lycée Saint-Charles.
Face aux tentatives d'amadouer le mouvement à travers de légers ajustements, la réponse des lycéens est sans appel, poursuit Léo : « On ne veut plus de Parcoursup, et en fait, on veut qu'on soit pris en compte maintenant. Le problème, c'est qu'on est des lycéens, donc on est assez grand pour être très mal traités, mais pas assez vieux en fait pour être traités comme des adultes. Du coup, on ne nous écoute pas. »
"Élèves et profs, même combat" : un front uni pour l'avenir
Au cœur de la contestation marseillaise, la question de l'avenir et de la justice sociale pèse lourd. Les jeunes rappellent avec lucidité les responsabilités financières qui pèsent sur leurs épaules : « On nous envoie la police pourfendre les lycéens, nous on demande un avenir, on veut réussir, on veut reconstruire cette France. En ce moment on a une dette énorme, c'est nous qui allons devoir la rembourser cette dette, plus tard. » s'inquiète Ibtissem, élève au lycée Saint-Charles.
Du côté des enseignants, le soutien est total. Pour les équipes pédagogiques présentes aux côtés de la jeunesse, la grogne dépasse la simple contestation conjoncturelle. Les syndicats enseignants rappellent les chiffres du mécontentement face aux annonces gouvernementales jugées cosmétiques, ils réclament notamment un budget de 4 milliards d'euros par an sur le bâti scolaire pendant 10 ans, loin des prêts et des enveloppes jugés insuffisants. « Élèves et profs, même combat aujourd'hui. Nous on se bat contre la réforme et Parcoursup [...]. Le prêt de 4 milliards sur le bâti scolaire, c'est un prêt, nous on demande un budget pérenne. » explique Marion Chopinet, co-secrétaire générale académique du syndicat enseignant SNES FSU Aix-Marseille, venue ce mardi dans le cortège soutenir les lycéens.
Les syndicats enseignants promettent une forte mobilisation ce jeudi. à Marseille.
Vers une amplification du mouvement dès jeudi
Alors que le dialogue patine et que le ministre est invité par les jeunes, comme Ibtissem, à venir "sur le terrain, parler en face à face sans les caméras", le mouvement s'organise pour durer. Les syndicats étudiants et enseignants appellent à une mobilisation massive dès ce jeudi. À Marseille, comme dans l'ensemble du département des Bouches-du-Rhône, la colère des lycéens s'affirme comme un cri d'alarme incontournable pour l'avenir de l'école républicaine.
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