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Martigues : le sénateur Jérémy Bacchi soutient les lycéens et demande l'amnistie des sanctions

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Par Joey Temple08/10/2026 à 19:05

À la suite d’un échange à Martigues avec vingt lycéens des établissements Langevin et Lurçat, Jérémy Bacchi, sénateur PCF des Bouches-du-Rhône, s'engage à porter leurs revendications jusqu'au ministère de l'Éducation nationale. Maintien de l'ordre, formation citoyenne et amnistie des sanctions administratives : le parlementaire fait le point sur les enjeux de cette mobilisation.

À la sortie d'un entretien avec dix élèves du lycée Langevin et dix élèves du lycée Lurçat de Martigues, Jérémy Bacchi a tenu à saluer la démarche et la maturité de la jeunesse mobilisée. Une démarche qui s'inscrit pleinement, selon lui, dans son rôle d'élu de la République :  «Je crois tout d'abord que les parlementaires sont au service du peuple et qu'aujourd'hui on a une jeunesse qui manifeste dans le pays son mécontentement quant à ses conditions d'études, quant à son avenir, des inquiétudes légitimes. Je voulais à la fois apporter mon soutien à ce mouvement-là, les féliciter pour leur lutte exemplaire, mais aussi pour faire mon travail de parlementaire, à savoir être le porte-voix des Françaises et des Français qui manifestent parfois leur mécontentement et là en l'occurrence les jeunes. »

Le sénateur indique avoir reçu un document contenant leurs doléances précises : « Ils m'ont remis leurs revendications pour que dès la semaine prochaine, lorsque je serai à Paris en séance au Sénat, je puisse en main propre remettre au ministre de l'Éducation nationale les doléances des deux lycées, Langevin et Lurçat de Martigues. »

 

Maintien de l'ordre : vers une commission d'enquête parlementaire ?

Parmi les sujets au cœur des discussions figurait la question des tensions avec les forces de l'ordre, un sujet sur lequel les élèves se sont montrés particulièrement sensibles :  « Ils ont été les témoins directs, parfois les victimes de tensions exacerbées et de violences de la part des forces de police [...] On voit que depuis quelques jours finalement il y a moins de violence, il y a une doctrine du maintien de l'ordre qui a selon moi sûrement un peu bougé [...] On se rend compte que finalement le mouvement, lorsqu'il y a moins de tension de part et d'autre, est finalement pacifique. »

Revenant sur les mobilisations passées, comme le mouvement des Gilets jaunes ou les manifestations contre la réforme des retraites en 2023, Jérémy Bacchi s'interroge sur la stratégie sécuritaire globale et plaide pour une remise en question des méthodes employées : « La vraie question qu'il faut que l'on se pose, c'est est-ce que le surarmement permanent est une manière de dissuader ou au contraire d'exacerber les tensions ? Ce que j'observe, c'est que dans un certain nombre de pays du monde et d'Europe, on a des polices qui sont moins armées, certaines pas du tout, et le maintien de l'ordre est pour le coup beaucoup plus pacifique. »

Il confirme ainsi sa volonté de pousser pour la création d'une commission d'enquête sur les modalités du maintien de l'ordre : « Je crois que c'est une question qui mérite d'être posée, non pas pour entretenir des polémiques, mais pour trouver le moyen le plus efficient pour éviter que nous ayons des mineurs, notre jeunesse, qui se fasse arracher une main ou éborner. »

 

« Profitez-en » : un apprentissage de la citoyenneté

Face aux reproches parfois adressés à l'engagement des jeunes, le parlementaire communiste prend le contre-pied des idées reçues : « On a souvent coutume de dire "mais les jeunes aujourd'hui s'en foutent de tout, le monde, l'avenir, ceci, cela", ben c'est pas vrai. On a des jeunes construits, qui ont pour le coup un certain nombre de revendications cohérentes et d'inquiétudes pour eux, mais pas simplement pour eux : pour l'avenir du pays et pour l'avenir de la France. »

Faisant le lien avec son propre parcours lors des mobilisations contre le CPE il y a vingt ans, l'élu souligne le rôle formateur de l'action collective :  « Je pense que ça a structuré l'homme que je suis aujourd'hui. On vit dans des moments de lutte, de revendications, des phases de formation à la vie d'adulte accélérées en réalité. Ce sont à la fois des moments exaltants, intenses, dont il faut savourer chaque moment, mais aussi qui ne partiront pas et qui vous suivront toute votre vie. Je dis à cette jeunesse : profitez-en. »

 

Un appel à l'amnistie des sanctions administratives

Soutenant une demande également relayée par le maire de Martigues, Gaby Charroux, Jérémy Bacchi exige la levée de l'ensemble des procédures disciplinaires engagées contre les lycéens mobilisés :  « On ne peut pas être sanctionné pour avoir défendu des intérêts collectifs. Vous avez des jeunes qui se battent pour leurs conditions de travail, pour la revalorisation des salaires des AESH, du personnel de l'Éducation nationale, et parce qu'ils ont décidé de revendiquer et de bloquer majoritairement en AG un lycée, on va leur dire "tu vas être exclu du lycée". C'est pas acceptable. »

Pour le sénateur, la réponse institutionnelle ne doit pas pénaliser le parcours scolaire et le dossier Parcoursup des jeunes engagés :  « On ne peut pas dire à notre jeunesse "il faut que vous gagniez en citoyenneté, en démocratie", et quand elle fait preuve de démocratie, de décisions collégiales d'assemblée générale souveraine, les sanctionner en leur disant "on va sucrer ton avenir parce que dans ton dossier tu auras exclusion du lycée, ça va être fiché sur Parcoursup". C'est pas acceptable. Et donc oui, effectivement, je demande que pour toutes les mesures de suspension ou d'exclusion administrative liées à ce mouvement et à ces revendications, les sanctions soient levées pour les jeunes. »

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