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Grève à Miramas : les cheminots alertent sur leur mal-être

3min

Par Maritima 10/06/2026 à 17:00

Une cinquantaine de cheminots se sont rassemblés ce mercredi matin devant la gare de Miramas dans le cadre d'une lage mobilisation nationale. Au cœur des revendications : les salaires, mais aussi les risques psychosociaux que dénoncent les syndicats dans un contexte de réorganisations successives à la SNCF.

CGT Cheminots, UNSA Ferroviaire, SUD Rail et CFDT Cheminots avaient appelé à une journée de grève et d'actions ce mercredi. Un front syndical inédit depuis plusieurs années pour dénoncer ce que les organisations qualifient d'« urgence sociale » au sein du groupe SNCF.

À Miramas, une cinquantaine de personnes se sont retrouvées devant la gare pour faire entendre leurs revendications. Si la question du pouvoir d'achat a largement été évoquée, les prises de parole ont également porté sur la dégradation des conditions de travail et les conséquences psychologiques pour les agents.

 

13 suicides depuis le début de l'année

Élu CGT Exafret, Christophe Degand pointe du doigt les transformations de l'entreprise et leurs conséquences sur les salariés: « Aujourd'hui, le rassemblement porte sur deux points principaux : les salaires et les risques psychosociaux. On a 13 agents SNCF qui se sont suicidés depuis le début de l'année et pour nous, c'est insupportable », déclare-t-il.

Le représentant syndical estime que le malaise s'est accentué ces dernières années: « Il y a une augmentation importante de ces situations-là au vu des réorganisations incessantes, des suppressions de postes et de toute la pression qui est mise sur les agents, notamment concernant la productivité », affirme-t-il.

Selon lui, certains salariés peuvent changer plusieurs fois de poste en quelques années, avec des conséquences importantes sur leur vie personnelle: « On a traité des dossiers avec des agents qui ont changé de poste trois fois en cinq ans. C'est compliqué pour l'organisation du travail mais aussi pour les vies de famille et les vies privées. »

 

 

Un manque de personnel dénoncé sur le terrain

Parmi les manifestants, Cyrille, programmeur au sein de la gare de Miramas, témoigne d'un quotidien devenu plus difficile. Cheminot depuis 29 ans, il constate une dégradation progressive des conditions de travail « entre autres à cause du manque de personnel », explique-t-il. Dans son service, les effectifs seraient insuffisants depuis plusieurs années: « Ça fait bientôt quatre ans que je gère les conducteurs de train. Ça fait quatre ans qu'on n'est pas à l'effectif et chaque année, c'est de pire en pire. »

Une situation qui, selon lui, impacte directement les agents et leur équilibre personnel: « Ça pèse pour tout le monde. Les conducteurs voient leur programmation changer, leur vie familiale est perturbée. Au quotidien, il y a une surcharge de travail pour les gens. »

 

« Un mal-être » lié aux restructurations

Au-delà du manque d'effectifs, plusieurs intervenants ont évoqué les changements organisationnels liés à l'ouverture à la concurrence et à la multiplication des filiales au sein du groupe SNCF.

« L'entreprise a complètement changé. Avant, on avait le sentiment d'appartenir à la même entreprise. Aujourd'hui, on nous a partagés en une multitude de boîtes », regrette Cyrille. Pour le cheminot, ces évolutions ont des conséquences psychologiques réelles. « Tout ça a des répercussions psychologiques. Oui, ça crée un mal-être. Je suis inquiet pour l'avenir de mon entreprise. J'espère qu'il y aura une prise de conscience et qu'on fera marche arrière. »

Même constat pour Christophe Degand, qui dénonce une concurrence désormais présente entre différentes filiales du groupe.« Avant, la SNCF fonctionnait comme une grande famille. Aujourd'hui, on se fait concurrence entre cheminots au sein du même groupe, avec des salaires, des réglementations et des conditions de travail différentes. Ça devient compliqué à gérer. »

À travers cette mobilisation, les syndicats espèrent désormais obtenir des réponses de la direction sur les conditions de travail, alors que la question des risques psychosociaux s'impose de plus en plus dans le débat social au sein du ferroviaire.

 

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