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Aix-en-Provence : un radar unique en France et des chiens d'élite, les pompiers du 13 simulent un séisme pour sauver des vies3min
Par Maritima 07/04/2026 à 18:00
Ce mardi 7 avril, la terre a (fictivement) tremblé à Aix-en-Provence. Sous les yeux de notre reporter Michel Montagne, 80 pompiers du SDIS 13 sont intervenus dans des bâtiments désaffectés voisins de l’ENSOSP. Objectif : entraîner l’unité spécialisée USAR et tester un radar révolutionnaire, capable de détecter le mouvement d'une victime sous des tonnes de béton.
"C’est un véritable bijou technologique de 40 000 euros" s’enthousiasme Michel Montagne au micro de Maritima.
Autour de lui et sous le regard approbateur du président du SDIS 13 Richard Mallié, les personnels de l'USAR 13 (Urban Search And Rescue traduit par Unité de Sauvetage Appui et Recherche), unité spécialisée aux tenues rouge et noir caractéristiques renforcées aux articulations afin de travailler dans les décombres à le recherche de victimes d'un séisme.
Terrain d'exercice, des bâtiments vétustes de l'ancienne base aérienne 114 démilitarisée depuis près d'un quart de siècle et devenue depuis 2015 un aérodrome civil géré par la Chambre de commerce et d'industrie de Marseille Provence (CCIMP), un site où siège par ailleurs l'ENSOSP (École nationale supérieure des officiers de sapeurs-pompiers).
Depuis le tremblement de terre censé avoir eu lieu à 5 heures du matin, une course contre la montre s'engage qui existe la coordination entre sept unités spécialisées durant 16 heures consécutives, à savoir :
un groupe cynotechnique, capable de localiser rapidement des victimes grâce aux chiens, une équipe SMPM (Secours en milieux périlleux et montagne), réalisant des sauvetages dans des environnements complexes, une équipe médicale spécialisée pour guider les sauveteurs lors de la découverte de victimes encore vivantes, comme la mise en place de techniques d’étaiement, essentielles pour sécuriser les structures fragilisées, l'intervention de drones, notamment infrarouges, pour renforcer les capacités de détection.
Une complémentarité indispensable quand chaque minute compte et une organisation à planifier au cordeau dans un environnement qui a tout du chaos, d'où ces interventions en temps réel qui feront l'objet d'un debriefing pour analyser les réussites commes les dysfonctionnements.
Le radar de l'espoir : détecter un mouvement sous les décombres
Au cœur du dispositif de l'unité USAR, l'adjudant-chef Olivier Piazzo et son collègue surveillent une tablette. Ils sont les opérateurs d'un radar dont le SDIS 13 est actuellement le seul possesseur civil en France.
"Ce radar nous permet de rechercher des victimes vivantes dans un milieu effondré en envoyant des ondes à travers les gravats", explique l'adjudant-chef. Le retour sur écran est saisissant : des courbes sinusoïdales s'affichent, capables d'alerter lors de mouvements infimes, comme celui d'une cage thoracique qui se gonfle. "On peut détecter des victimes entre 10 et 15 mètres de profondeur de manière vraiment fiable", précise-t-il. Un gain de temps vital qui permet d'orienter les secours vers des « poches de vie » avant même d'entamer le déblaiement.
Phinoo, le border collie qui a "le nez" sur l'actualité
Malgré cette débauche de haute technologie, l'allié indispensable du pompier reste le chien. Sur le chantier numéro 3, nous rencontrons Phinoo, une femelle border collie de 7 ans, et sa conductrice, la sergent-cheffe Marie Doulmet.
Phinoo est déjà aguerrie et expérimentée : elle était sur les rangs lors de l'effondrement de la rue de Tivoli à Marseille ou encore lors des recherches du petit Émile au Vernet.
"Ce sont nos bébé, on vit avec eux 24h/24", confie Marie Doulmet avec une pointe de tendresse pour sa sœur d'armes canine
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Pour la lieutenant Carole Stoufflet, adjointe au CIS de Sénas et cadre de l'USAR, la technologie ne remplace pas l'animal, elle le complète : "Le chien reste le meilleur allié pour gagner du temps. Il dicte si c'est possible ou non".
Le rythme est intense : Phinoo travaille par séquences de 20 à 40 minutes, entrecoupées de longues pauses pour préserver son odorat et sa vigilance.
Le groupe cynotechnique 13 comprend une douzaine de chiens dont également des malinois, bergers allemands et labradors, chacun avec leurs spécificités.
Une élite marseillaise projetable au bout du monde
Pour coordonner ces 80 hommes et femmes, le colonel Franck Briend, directeur adjoint du SDIS 13, veille au grain. L'enjeu est de taille : maintenir la certification INSARAG, référence mondiale de l'ONU en matière de secours en milieu effondré.
Sur les 110 personnels que compte l'unité USAR dans les Bouches-du-Rhône, 50 font partie de l'équipe FRADIS, prête à décoller pour l'étranger à tout moment, comme ce fut le cas lors du séisme en Turquie ou des catastrophes à Mayotte. "L'objectif est de travailler en chantiers simultanés avec des rotations toutes les 3 ou 4 heures pour assurer une continuité des secours", détaille le colonel.
Les Pompiers du 13 recrutent
Si cet exercice grandeur nature suscite des vocations, sachez que le SDIS 13 en recherche constante de nouveaux talents pour renforcer leurs rangs. Selon le colonel Briend, le département recrute environ 600 sapeurs-pompiers volontaires et 25 professionnels chaque année.
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