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Camp des Milles : « Les engrenages de la violence se réenclenchent », l’alerte d’Alain Chouraqui sur Maritima

3min

Par Maritima 24/04/2026 à 08:20

À l’occasion de la Journée nationale du souvenir des victimes et des héros de la déportation ce dimanche, Alain Chouraqui, Président de la Fondation du Camp des Milles, tire la sonnette d’alarme. Au micro de Maritima, il analyse les parallèles inquiétants entre l’histoire et notre époque actuelle.

Ce dimanche, dès 9h, le Camp des Milles à Aix-en-Provence sera le théâtre d’une commémoration nécessaire. Sur ces lieux mêmes où, à l’été 1942, plus de 2 000 hommes, femmes et enfants juifs ont été déportés vers Auschwitz par le régime de Vichy, la mémoire ne se contente pas de regarder le passé. Elle s’inscrit dans un présent brûlant.

 

« Tirer du passé des leçons pour l'action »

Pour Alain Chouraqui, l’invité de Didier Gesualdi ce matin sur Maritima Radio, cette célébration dépasse le simple hommage. Elle porte une dimension « volontariste ». « Nous essayons chaque fois de tirer du passé, et du passé le plus sombre, des leçons pour l’action aujourd’hui. »

Le président de la Fondation constate avec gravité que les mécanismes qui ont conduit à l’horreur sont de nouveau à l'œuvre : « Les nuages s'amoncellent. Les mécanismes individuels, collectifs et institutionnels qui se sont produits dans le passé [...] se réenclenchent. » Il évoque notamment des « engrenages de violence verbale, de violence dans la pensée et de rejet de l’autre. »

 

Une « brutalisation » du débat public qui inquiète

Interrogé sur la situation actuelle de la France, Alain Chouraqui souligne une accélération inédite depuis huit décennies. « Ça fait quand même plus de 80 ans que nous n'avons pas été, en France en tout cas, confrontés à une montée aussi forte des extrêmes », analyse-t-il.

Face à ce qu’il nomme la « brutalisation des mots » et les « ambiguïtés » du débat public, le message du site mémorial a dû évoluer. « Ce qui était au début du site mémorial notre logo "Mémoire pour demain" est devenu "Mémoire pour aujourd'hui". »

 

Éduquer sans écraser : l'impact sur la jeunesse

Chaque jour, entre 400 et 500 jeunes (élèves, centres sociaux, écoles de la deuxième chance) visitent le Camp des Milles. Un public qui ne ressort jamais indemne de cette confrontation avec l'histoire locale.

« Ils sortent plus sérieux, je dirais. Pas écrasés, parce que nous avons tout conçu pour qu'ils ne soient pas écrasés par la méchanceté de l'histoire, mais qu'ils soient au contraire nourris, renforcés dans leur volonté d'éviter que les mauvais penchants humains aillent à nouveau vers le pire », explique Alain Chouraqui.

Le Président de la Fondation rappelle que ce « rejet identitaire » — qu'il vise les étrangers, les juifs ou les minorités — est ce qui, in fine, « conduit à la fin des démocraties ».

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