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Agressions en série sur des surveillants pénitentiaires dans les prisons du 13 : "On attend un drame pour agir", s'indigne l'UNSA Justice7min
Par Maritima 26/01/2026 à 15:23
La tension ne cesse de monter dans les centres de détention des Bouches-du-Rhône. Après de récentes agressions à Luynes et Salon-de-Provence, Amandine Cordier, secrétaire nationale du syndicat UNSA Justice, tire la sonnette d’alarme au micro de Maritima. En cause : une présence massive de détenus souffrant de troubles psychiatriques, que les agents ne sont ni formés, ni équipés pour gérer.
Le constat est amer pour les surveillants pénitentiaires de la région. Les établissements de Luynes et de Salon-de-Provence ont été le théâtre de violences physiques ces derniers jours. Pour Amandine Cordier, invitée de Maritima Radio, ces incidents ne sont que la face émergée d’un problème profond : la gestion des détenus "psy".
"On fait des prisons fourre-tout"
"Les détenus psychologiquement et psychiatriquement instables sont de plus en plus nombreux en détention. On n'a aucun moyen pour les prendre en charge correctement", déplore Amandine Cordier. Elle décrit une situation où la prison est devenue le dernier recours pour des profils qui devraient relever du soin médical lourd.
La secrétaire nationale de l’UNSA Justice pointe du doigt le manque de spécialisation des structures : "On fait des prisons fourre-tout où l'on met tout le monde : des ultra-violents, des détenus psy, des fragiles, des grands bandits. Et on dit aux agents : "Démerdez-vous". Ce n'est pas possible, c'est évident que ça finit par péter".
Des agressions d’une violence extrême
Amandine Cordier rappelle l'horreur vécue récemment à Salon-de-Provence, où lors d'une distribution de repas, un détenu a planté une cuillère aiguisée dans le cou d'une surveillante. Un scénario qui rappelle tristement l'assassinat de deux collègues en 1982 par un détenu instable, ou plus récemment une agression au stylo à Saint-Quentin-Fallavier.
"Si on ne détecte pas le passage à l'acte avant d'ouvrir la cellule, on se retrouve face à des détenus psychotiques, schizophrènes ou bipolaires en état de crise. Et nous, nous n'avons aucun moyen de les prendre en charge", martèle-t-elle, précisant que la formation des agents sur ces thématiques est quasi inexistante depuis des décennies.
L'appel à des structures dédiées
Face à cette "cocotte-minute", le syndicat UNSA Justice demande la création de centres spécialisés, sur le modèle des unités récemment annoncées pour les narcotrafiquants. "C'est une première étape vers une victoire, car il ne faut pas mélanger ces détenus avec les autres. Cela permettrait aux agents de se spécialiser et d’apporter une réponse pénale et sécuritaire adaptée", conclut Amandine Cordier.
En attendant, les surveillants continuent de travailler avec la peur au ventre, craignant qu’un nouveau drame ne survienne dans les prisons du département.
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