Bouches-du-Rhône
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Société
Protoxyde d'azote : les conséquence désastreuses d'un fléau presque invisible3min
Par Cyrielle Blazikowski10/03/2026 à 09:20
Sur le marché des drogues, ce produit passe complètement sous les radars malgré sa dangerosité. Témoignage de Julie, 32 ans, qui revient sur deux mois d’addiction et sur les lourdes séquelles qu’elle a subies.
Le protoxyde d’azote, aussi appelé « gaz hilarant », continue de circuler activement malgré son interdiction à la vente depuis 2025. Très populaire chez les jeunes, ce produit reste encore largement accessible et ses dangers sont souvent mal connus.
Pourtant, les effets sur la santé peuvent être dramatiques. Julie, 32 ans, en a fait l’expérience. Elle sort tout juste de deux mois d’addiction qui l’ont plongée dans un véritable enfer. « Je n'avais plus aucune sensation dans les jambes, j'en venais à m'uriner dessus », témoigne cette habitante de Port-de-Bouc.
Pendant cette période, Julie consommait jusqu’à quatre bonbonnes par jour. Face aux premiers symptômes, elle arrête immédiatement. Mais contrairement à ce que l’on pourrait croire, les effets du protoxyde d’azote ne disparaissent pas instantanément. « Ça a commencé avec des fourmis dans les orteils, puis des douleurs musculaires qui ont fini en tétanie. »
L’une des conséquences les plus graves observées chez les consommateurs excessifs de protoxyde d’azote est la paralysie. Le gaz peut provoquer des atteintes neurologiques importantes en perturbant le fonctionnement du système nerveux. La vie de cette auxiliaire de vie a été lourdement impactée. Prise de perte d'équilibre et de tétanie, elle se retrouve incapable de travailler et perd son emploi. « Je tombais tout le temps, j'avais les genoux bleus, confie-t-elle. Quand je me déplaçais, j'avais l'air saoule. J'ai même eu un accident de voiture. »
Le Dr Hans Gadelius, chef du service d’addictologie à l’hôpital de Martigues, précise que si les symptômes peuvent être traités, une condition est indispensable : l’arrêt total de la consommation.
« Un nerf abîmé peut repousser, mais au rythme d'un centimètre par mois, explique l'addictologue. Cela peut prendre entre six mois et un an et demi pour une récupération totale. »
Le protoxyde d'azote a la particularité de consommer la vitamine B12 dans notre organisme. Cette carence peut causer des dégâts directement à la moelle épinière, provoquant des lésions neurologiques et des troubles cognitifs. Dans la classification des drogues, le protoxyde d’azote se situe entre les hallucinogènes et les dépresseurs. Une consommation excessive peut entraîner une perte de connaissance, voire un coma. « C'est malheureusement un produit qui est autant addictif car son effet est très court, reprend le Dr Gadelius. Seulement quelques secondes... c'est ce qui pousse les consommateurs à enchaîner les ballons.»
Aujourd’hui, Julie va beaucoup mieux. Depuis deux mois, elle poursuit un traitement médical et un programme de rééducation pour récupérer progressivement ses capacités. « Je ne cours pas encore très bien mais je suis confiante, se réjouit-elle. C'est déjà un immense soulagement de pouvoir remarcher. »
Son témoignage se veut aussi un message de prévention. Malgré l’interdiction récente de la vente de protoxyde d’azote, elle estime que ce produit reste encore trop facile à se procurer, y compris pour les mineurs.
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