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Journée du refus de la misère : « Les associations pallient les manques de l'État », confirme ATD Quart Monde3min
Par Raphael Khayat16/10/2026 à 18:01
À la veille du 17 octobre, Journée mondiale du refus de la misère, Maritima a reçu Antoine Lopez, volontaire permanent chez ATD Quart Monde. Précarité invisible, recul des services publics et rôle du monde associatif : il nous livre son état des lieux et dévoile les actions menées dans les Bouches-du-Rhône.
Entre le retour des Gilets jaunes, la mobilisation des agents du service public et le maintien du mouvement lycéen, ce samedi 17 octobre s'annonce chargé sur le plan social. Pourtant, un événement n'est pas à éclipser : la Journée mondiale du refus de la misère.
Une date symbolique, ancrée dans une réalité quotidienne. « La misère est toujours présente dans notre pays et dans notre région », rappelle d'emblée Antoine Lopez, volontaire permanent au sein du mouvement ATD Quart Monde.
Si une partie de cette détresse est immédiatement perceptible dans nos rues, une autre demeure silencieuse : « Un isolement, une marginalisation des personnes très pauvres qui sont coupées de toute la société et de beaucoup de leurs droits. »
Au-delà du revenu : « Le droit au logement, à la santé, mais aussi à la culture et au beau »
Interrogé sur la frontière entre pauvreté et misère, Antoine Lopez évoque une privation globale de dignité humaine. « La misère, telle que nous la définissons, c'est quand nous n'avons pas accès à l'un ou plusieurs de ces droits : le logement digne, le travail, la santé, l'éducation, la culture, l'art, le beau... Tout ce qui est inscrit dans notre Déclaration universelle des droits de l'homme. »
Face à la dégradation des conditions de vie, le responsable associatif constate une double dynamique : d'un côté, une « hérédité dans la pauvreté de génération en génération qui se perpétue au sein des familles » ; de l'autre, l'impact direct des choix politiques. « Des décisions prises par nos gouvernements amènent des personnes qui n'étaient pas en situation de pauvreté à le devenir, et d'autres qui étaient déjà un peu précaires basculent encore plus dans des situations extrêmes. »
Parmi les publics les plus durement touchés figurent les jeunes, les personnes âgées, les familles monoparentales, mais aussi de nouveaux profils : « Même des personnes en situation de couple avec des bas salaires se retrouvent dans des complications très dures au quotidien, sans oublier beaucoup de personnes seules et isolées. »
Le tissu associatif face au désengagement étatique
Alors que la question économique sature le débat public et alimente les colères sociales, ATD Quart Monde veut élargir le prisme : la précarité s'est immiscée au cœur même des services publics essentiels. Notamment l'éducation, un domaine qui sera porté samedi par les syndicats et les lycéens. Antoine Lopez confirme : « Tout le monde est touché à tous les niveaux, du lycée à l'université, par cette baisse de qualité due aux manques de moyens donnés à l'Éducation nationale. »
Face à ces carences, le secteur caritatif et solidaire se retrouve en première ligne. Les associations jouent-elles le rôle d'amortisseur d'un État défaillant ? Pour notre interlocuteur, le doute n'est pas permis : « Il n'y a pas que ATD Quart Monde qui pallie les manques de l'État. C'est un grand nombre de structures associatives dans notre pays, dans différents domaines — que ce soit pour les personnes à la rue, l'alimentation, l'habillement, ou, pour nous, l'accès aux droits et la participation citoyenne — qui, mises bout à bout, pallient les manques. »
Revendiquant une démarche « multipolitique », ATD Quart Monde élabore des cahiers de propositions à l'occasion des grandes échéances électorales, notamment présidentielles : « On a une expertise sur la pauvreté grâce aux personnes les plus concernées qui nous partagent leur savoir et leur vécu. Le seul parti vers qui on n'envoie pas les propositions, c'est le Rassemblement national. Sinon, le dossier est envoyé à tout le monde. »
Le programme des rassemblements ce samedi dans les Bouches-du-Rhône
Plusieurs rendez-vous sont organisés ce samedi 17 octobre dans le département pour aller à la rencontre des citoyens et faire entendre la voix des plus démunis :
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Aix-en-Provence : de 10h à 17h sur le cours Mirabeau.
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Arles : de 10h à 12h, place de la République.
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Ensuès-la-Redonne : de 10h à 12h, à la médiathèque Élisabeth Badinter.
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Marseille : rassemblement reporté.
Initialement, une cérémonie de ré-inauguration de la dalle commémorative était prévue au parc du 26e Centenaire, en présence du maire Benoît Payan. En raison des manifestations prévues ce samedi 17 octobre, les organisateurs ont préféré reporter l'événement par sécurité.
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