Bouches-du-Rhône
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Environnement,
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Intempéries dans les Bouches-du-Rhône : ”Il faut s’habituer à ces situations et s’y préparer”2min
Par Joey Temple22/10/2026 à 08:25
Après les fortes pluies qui ont frappé les Bouches-du-Rhône, notamment le secteur ouest de l’étang de Berre, Éric Pourtain, directeur du Centre d’information et de prévention des risques majeurs, revient sur la préparation des autorités, les comportements des habitants et la question de la vigilance météorologique.
Les fortes pluies qui se sont abattues sur les Bouches-du-Rhône ont provoqué d’importants dégâts. L’épisode a également fait une victime : une personne a été retrouvée décédée à Saint-Mitre-les-Remparts.
Au lendemain de ces intempéries, une question se pose : le territoire était-il suffisamment préparé à un tel événement ? Pour Éric Pourtain, directeur du Centre d’information et de prévention des risques majeurs, la réponse dépend du niveau auquel on se place. Si les autorités ont activé leurs dispositifs de gestion de crise, la sensibilisation des habitants reste un enjeu majeur.
Des autorités préparées, des dispositifs de crise activés
Pour Éric Pourtain, les autorités ont globalement été au rendez-vous. Dès le début de la matinée, plusieurs communes concernées par les intempéries ont activé leur plan communal de sauvegarde. De son côté, le préfet des Bouches-du-Rhône avait déclenché le centre opérationnel départemental en préfecture.
L'objectif : assurer en priorité la sécurité des personnes, limiter les déplacements inutiles et suspendre les activités susceptibles d'aggraver la situation.
"La préparation était là", estime le spécialiste, qui souligne également l'attention portée par les services de l'État à la prévention des inondations. Fin septembre, le préfet avait notamment organisé une conférence de presse consacrée aux épisodes d'inondations intenses en Méditerranée, afin de rappeler la nécessité de se préparer et de s'entraîner à gérer ce type de crise.
"Les gens ont plutôt tendance à dire : La dernière fois, il n'a pas plu”
Si les dispositifs institutionnels existent, la préparation des habitants demeure plus inégale. Selon Éric Pourtain, les populations des Bouches-du-Rhône ont parfois du mal à mesurer le risque, contrairement à celles d'autres territoires méditerranéens, comme le Var ou les Alpes-Maritimes, confrontées plus régulièrement à des épisodes similaires ces dernières années.
Le problème tient notamment à la perception des vigilances météorologiques. Lorsqu'une vigilance orange est annoncée, certains habitants ont tendance à relativiser l'alerte, notamment parce que les précédents épisodes n'ont pas toujours entraîné de fortes précipitations sur leur secteur.
Or, les pluies peuvent être très différentes d'un bout à l'autre du département. "Quand il pleut sur l'ouest du département, il ne pleut pas forcément sur l'est et vice-versa", rappelle Éric Pourtain.
Lors du dernier épisode, les précipitations ont été particulièrement importantes dans l'ouest des Bouches-du-Rhône, autour de Martigues, Istres, et Arles. Une réalité qui doit inciter les habitants à prendre les alertes au sérieux, même lorsqu'ils ont le sentiment que leur secteur est habituellement épargné.
Pourquoi les Bouches-du-Rhône n'étaient-elles pas en vigilance rouge ?
L'importance des dégâts soulève également une interrogation : pourquoi le département était-il placé en vigilance orange et non rouge ? Sur ce point, Éric Pourtain se garde de juger la décision. Les niveaux de vigilance sont définis à partir de critères établis avec Météo-France, en fonction notamment du danger attendu.
La vigilance rouge correspond à un niveau de danger extrême et peut entraîner des mesures de restriction très importantes sur les activités du département. Mais les prévisions météorologiques comportent une part d'incertitude, particulièrement lorsqu'il s'agit d'anticiper des cumuls de pluie très importants sur une zone précise.
"Ce n'est que de la prévision, ce n'est pas de la prédiction", rappelle-t-il, en soulignant la difficulté d'évaluer précisément, 24 heures à l'avance, les quantités de précipitations qui vont tomber.
Le directeur du Centre d'information et de prévention des risques majeurs évoque également une évolution attendue des dispositifs de Météo-France : la possibilité de proposer des niveaux de vigilance à une échelle plus fine, dite infradépartementale. Une partie du département pourrait ainsi être placée en vigilance rouge sans que l'ensemble du territoire soit concerné.
Une évolution qui permettrait, selon lui, de mieux adapter les mesures de protection à la réalité du risque et de rendre les alertes plus compréhensibles pour la population.
Le changement climatique, un facteur de risque à prendre en compte
Au-delà de cet épisode, Éric Pourtain appelle à se préparer à des événements météorologiques potentiellement plus intenses. Le changement climatique renforce les phénomènes extrêmes, avec des sécheresses plus marquées et des épisodes de précipitations susceptibles de provoquer des inondations plus importantes.
"Il faut qu'on s'habitue à ça et qu'on s'y prépare", insiste-t-il, alors que les épisodes méditerranéens représentent un risque récurrent pour les territoires du sud de la France.
Pour le spécialiste, l'enjeu est désormais double : continuer à améliorer les dispositifs d'alerte et de gestion de crise, mais aussi faire évoluer les comportements individuels. Prendre au sérieux les vigilances météorologiques, limiter les déplacements pendant les épisodes dangereux et connaître les consignes de sécurité sont autant de réflexes essentiels.
Photo : Pompiers 13
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