Cette campagne a pour objectif de faire connaître la soumission chimique, soit le fait d'administrer à une personne une substance psychoactive à son insu ou sous la contrainte, à des fins délictuelles ou criminelles.
"Il s'agit d'un véritable fléau de santé publique", explique à l'AFP Caroline Darian. "Le message qu'on veut faire passer, c'est que si vous avez un doute, il faut investiguer. Ce n'est pas parce qu'on n'a pas de souvenir, qu'il n'y a pas de traces".
Elle sera diffusée jusqu'au 18 octobre à la télévision, dans la presse, sur les réseaux sociaux et sur des panneaux d'affichage dans les grandes villes.
Dans le film, des personnes s'installent dans un studio et sont chacune invitées à "raconter ce qu'il s'est passé" avec leur beau-père, compagnon ou collègue. Aucune ne parvient à répondre, toutes montrent leur désarroi. Un message apparait ensuite à l'écran: "Il y a des crimes que l'on ne peut pas raconter, parce qu'on ne s'en souvient pas".
Dans la dernière scène, Gisèle Pelicot apparait pour délivrer un message de prévention, invitant les victimes potentielles à contacter le Centre de référence sur les agressions facilitées par les substances (Crafs).
"Quand on lance une campagne de cette envergure, avoir la caution de ma mère, c'est un message hyper fort", estime Caroline Darian. "Et c'est aussi un message d'espoir pour les victimes de dire qu'on peut se relever".
En France, la problématique de la soumission chimique était peu connue jusqu'à la plainte, fin 2023, de la députée Sandrine Josso contre le sénateur Joël Guerriau, qu'elle accusait de l'avoir droguée en vue de l'agresser sexuellement. Depuis, il a été jugé coupable et condamné à quatre ans de prison, dont 18 mois ferme.
Un an plus tard, les viols subis par Gisèle Pelicot, assommée aux anxiolytiques par son ex-époux Dominique qui l'avait violée et livrée à des dizaines d'inconnus recrutés sur internet, ont achevé de révéler au grand jour ces pratiques criminelles. Son ex-mari a été condamné à 20 ans de réclusion criminelle en décembre 2024, à l'issu d'un procès au retentissement mondial.
La campagne lancée lundi est "une démarche, pour permettre de comprendre, d'identifier et d'agir", selon Arielle Schwab, vice-présidente d'Havas Paris, agence qui réalise cette campagne avec l'association.
L'initiative a reçu, entre autres, le soutien de la ministre de l'Egalité femmes-hommes Aurore Bergé. "La soumission chimique est une violence insidieuse", a-t-elle souligné dans une déclaration à l'AFP, rappelant que l'agresseur est par ailleurs souvent une personne connue de la victime.
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