Marignane
-
Sports,
Société,
Fil rouge Maritima
Prévention des noyades à Marignane : « Apprendre à nager, c’est sauver des vies »3min
Par Maritima 30/07/2026 à 08:00
Sous une chaleur écrasante, le « Fil Rouge » de Maritima s’est installé ce matin au bord du bassin à Marignane. Alors que les chiffres des noyades en France inquiètent, la ville et l’association Savi unissent leurs forces pour apprendre aux plus jeunes les réflexes vitaux. Entre appréhension de l’eau et premiers plongeons, récit d’une matinée où l’on continue « d'apprivoiser le milieu ».
À Marignane, on ne badine pas avec la sécurité aquatique. Michel Montagne, notre reporter, s’est rendu à la piscine municipale, souvent appelée improprement, avec l'usage, « des Canetons » (même sur les panneaux d'indication).
Dominique Abadie, adjoint aux sports, remet d’emblée les pendules à l’heure : « L’histoire nous rappelle que c’est la piscine Caneton. C’est un modèle de piscine créé dans les années 70. Depuis, elles ont bien vieilli, et nous attendons un nouveau plan Marshall du gouvernement pour ces structures », confie-t-il au micro de Maritima. Avec les Caneton, les moins jeunes se souviennent aussi des modèles Iris, Tournesol, Plein-Ciel ou encore Plein-Soleil dans le cadre du programme "1000 piscines" initié par l'état en 1969.
100 enfants formés en deux semaines
Malgré l’ancienneté des équipements, l’activité y est débordante. En partenariat avec la ville qui prête les installations, l’association marseillaise Savi (Sensibilisation Aquatique vers l'Insertion) mandatée par l'État pour appliquer localement ce double dispositif national : « J'apprends à nager » pour les 6-12 ans et « l'Aisance Aquatique » pour les 4-6 ans.
Samantha Macé, directrice de l’association et maître-nageuse sauveteur, détaille l'ambition du projet : « Nous avons 25 enfants par créneau, soit une centaine sur les deux dernières semaines. L’idée est de purger ce risque de noyade en leur apprenant à se débrouiller seuls ». Le stage, totalement gratuit sur inscription, propose 10 heures de leçons réparties sur une semaine.
« Même une douche à la maison est parfois compliquée »
Sur le bord du bassin, les progrès sont fulgurants, mais le défi est d'abord psychologique. Anne-Laure Deslandes, sauveteur aquatique, observe quotidiennement ces appréhensions : « Pour certains, même mettre le shampooing sous la douche à la maison est compliqué. Les parents nous en parlent. On leur apprend petit à petit à mettre la tête sous l’eau. Tout passe par le jeu, c’est un apprentissage ludique pour être plus performant. »
Les résultats ne se font pas attendre. Après seulement trois jours de stage, des petits qui refusaient d'approcher le bord évoluent désormais dans l'eau avec plaisir et immergent leur tête, rassurés par le matériel, planches et flotteurs "boudin". « On les rassure, on les accompagne, et au bout de la cinquième heure, ils ont déjà fait la moitié du parcours », se réjouit l’équipe d'encadrement.
Du bassin de la piscine à la plage du Jaï
L’apprentissage ne s’arrête pas aux parois du bassin. L’après-midi, les enfants basculent vers le milieu naturel, sur la plage du Jaï, au bord de l’étang de Berre. Un passage crucial selon Dominique Abadie : « L'accès à l'eau dans ces milieux naturels n'est pas du tout le même qu'en piscine. Il y a le vent, les vagues, et surtout le choc thermique. On peut passer d’une température extérieure de 42°C à une eau à 20 ou 25°C. ». Sans compter une vigilance estivale un peu en berne pour cause de fatigue accumulée dans l'année et amplifiée par la canicule
L’élu rappelle également que le danger est partout, même là où l’on a pied comme au Jaï où l'eau est peu profonde sur plusieurs mètres : « C’est le drame de la bouée : le gamin dérive en flottant, les parents ne le voient plus, et en quelques minutes, c'est le drame. » Depuis la mi-mai, on recense près de 280 noyades mortelles en France, dont des enfants, un chiffre qui pousse la municipalité à pérenniser ces stages au-delà de l'été, dès la rentrée de septembre 2026.
La surveillance : le message aux parents
En conclusion de cette matinée, un message fort est adressé aux familles. Si les cours de natation sont essentiels, ils ne remplacent jamais l'œil des adultes. « La surveillance doit être constante, même quand un enfant sait nager, et même dans les petites piscines gonflables à la maison », martèle l'association Savi. Quelques centimètres d'eau suffisent, en effet, pour qu'une noyade survienne.
Infos pratiques :
Si vous souhaitez plus de renseignements sur les formations aux métiers de l’eau (maître-nageur, BNSSA), vous pouvez contacter l’association Savi via leur site : asso-savi.com. Une nouvelle session de formation débutera le 21 septembre.
A lire aussi
France
-
Sports
« C’est un rêve qui se réalise », les coulisses d’une présentation historique : celle de Zinedine Zidane sélectionneur !
Septèmes-les-Vallons
-
Sports
Zinedine Zidane sélectionneur : « Un grand homme », le témoignage poignant de son premier coach Alain Lepeu
Marseille
-
Sports
OM : Retrouvez en intégralité le point presse de Bruno Genesio de ce mardi 28 juillet.
France
-
Sports
Foot: Zinédine Zidane nommé sélectionneur de l'équipe de France (Fédération)

