Marseille
-
Société,
Fil rouge Maritima
« Kallisté, la plus belle » : au cœur du centre social qui brise les clichés dans les quartiers Nord de Marseille3min
Par Maritima 24/02/2026 à 18:15
Niché dans le 14e arrondissement, le centre social Kallisté – Granière est bien plus qu’un lieu d’accueil : c’est un moteur d’ambition pour la jeunesse marseillaise. Pour son « Fil Rouge », Maritima a poussé les portes de cette structure affiliée à la Fédération Léo Lagrange. Entre ateliers cuisine, projets multimédias et départ pour le Japon, récit d’une immersion là où la solidarité s’écrit au quotidien.
En arrivant chemin des Bourrely, face à l'arrêt du bus 97, une évidence s'impose : ici, la vie foisonne. Le nom du quartier, « Kallisté » - et que les habitants s'approprient en le prononçant "Kalliste" - signifie « la plus belle » en grec. Un nom qui résonne comme un défi face aux préjugés qui collent parfois aux quartiers Nord. Notre reporter Michel Montagne y a rencontré une équipe et des jeunes bien décidés à montrer le vrai visage de leur cité.
« On casse les clichés » : une structure au service des habitants
Anciennement « Maison pour tous » créée en 1975, la structure est devenue un centre social plus autonome en juin 2025. « L'idée, c'est d'amener les jeunes à s'ouvrir vers le monde qui leur appartient », explique Manu Daher, coordinateur jeunesse, au micro de Maritima. « De l’extérieur, il y a souvent une image négative, mais à l’intérieur, ce sont des bijoux que nous avons ici. »
Aujourd'hui, le centre s'appuie sur une équipe solide de huit permanents, épaulée par des animateurs vacataires issus du quartier, comme Iqbal, Archimède ou Orchidée. Un ancrage local qui permet de passer de 7 à plus de 36 jeunes fidélisés chaque jour.
Du tiramisu à la conquête de Twitch
Dans le gymnase, l'ambiance est studieuse... et gourmande. On y croise Élias, surnommé « le roi du tiramisu ». Inspiré par sa sœur, il a commencé par vendre ses créations dans le 15e avant de partager son talent au centre. Quand on lui demande s'il a surpassé son aînée, la réponse fuse : « Non, c’est la boss, elle est trop forte », confie-t-il avec humilité, tout en préparant ses prochaines fournées.
À quelques mètres de là, l’atelier multimédia tourne à plein régime. Marouane, rédacteur en chef de ParkaNews (le journal du centre), et son équipe travaillent sur le montage vidéo. Leur objectif est ambitieux : lancer une chaîne Twitch dédiée à la culture manga. « On construit nous-mêmes notre décor, on n’a pas besoin d’entreprises extérieures », lancent-ils avec fierté. Ce projet sert de tremplin à un rêve encore plus grand : un voyage d’étude au Japon prévu pour juillet 2027.
Prévention et bienveillance : un filet de sécurité
Le centre social Kallisté, c’est aussi un accompagnement de tous les instants. Juliette, référente prévention, œuvre sur des thématiques cruciales : lutte contre le décrochage scolaire, ateliers de soins cosmétiques naturels pour les filles ou sensibilisation contre les discriminations. « Le but est de créer des espaces d’écoute sécurisants », précise-t-elle. « On essaie de faire en sorte que l’emploi ou l’orientation ne soient plus synonymes de conflit pour ces jeunes. »
Un travail de fond qui porte ses fruits. Christian, le directeur, reçoit des retours émouvants des familles : « Les parents nous appellent, ils voient leurs enfants changer. Le secrétariat nous dit même que certains jeunes disent bonjour et merci tout le temps, parfois presque trop ! », s'amuse-t-il.
Un pôle de ressources pour tout le quartier
Au-delà de la jeunesse, le centre est une main tendue pour tous les habitants. À son initiative et grâce à des partenaires comme la Mission Locale, le MOVE (mobillité orientation vers l'emploi) ou la MDS (maison départementale de la solidarité), les résidents du quartier trouvent des réponses à leurs besoins administratifs ou sociaux. « On fait un travail de vulgarisation pour faciliter l’accès aux droits », souligne l'équipe.
Qu’il s’agisse d'un stage de voile à l'Estaque ou d'une session de codage, le centre social Kallisté prouve chaque jour que la « plus belle » des richesses de Marseille, c'est sa jeunesse.
A lire aussi
Istres
-
Société
Istres : "On en a ras-le-bol d'être la capitale des déchets des autres" (Robin Prétot)
France
-
Société
Le remboursement des protections périodiques réutilisables effectif à la rentrée pour les jeunes femmes
Martigues
-
Société
Martigues : le Camping de l’Arquet lance le top départ de sa saison touristique
France
-
Société
Protoxyde d’azote : pourquoi la « campagne choc » du gouvernement inquiète des professionnels de l'addictologie

