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« C'était une évidence » : Notre-Dame de la Garde inscrite aux Monuments Historiques ! Le Père Didier Rocca réagit sur Maritima

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Par Didier Gesualdi09/10/2026 à 09:40

C'est désormais officiel : Notre-Dame de la Garde est inscrite au titre des Monuments Historiques. Une reconnaissance nationale attendue pour la « Bonne Mère », emblème absolu de Marseille et propriété du Diocèse. Invité ce matin sur Maritima Radio, le recteur du sanctuaire, le Père Didier Rocca, salue cette décision et dévoile les enjeux de préservation de ce joyau vivant.

 

« Cela officialise une réalité » : la Bonne Mère protégée par l'État

L'arrêté préfectoral signé ce mardi 29 septembre 2026 par le Préfet de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur vient combler ce que beaucoup prenaient pour une évidence : la basilique Notre-Dame de la Garde est formellement inscrite au titre des Monuments Historiques. Si les Marseillais pensaient ce classement acquis depuis des décennies tant l'édifice veille sur leur ville, cet acte scelle avec solennité la valeur architecturale, historique et culturelle du sanctuaire.

Entré en fonction le 1er septembre comme recteur du sanctuaire, le Père Didier Rocca a partagé sa satisfaction et son regard apaisé sur Maritima Radio : « Ayant pris mes fonctions tout récemment, c'était un sujet qui me paraissait d'une très, très grande évidence : Notre-Dame de la Garde est bien évidemment un monument historique d'une immense valeur. Cela authentifie, cela officialise une réalité. C'est le plus grand monument historique de Marseille, le plus visité de notre ville, là où se presse le plus grand nombre de touristes. C'était une évidence et aujourd'hui, les pouvoirs publics s'engagent de manière encore plus forte dans sa protection. »

 

Du fort de François Ier au chef-d'œuvre roman : les secrets d'un monument unique

Propriété du Diocèse de Marseille, la basilique perchée sur son piton calcaire recèle une richesse structurelle insoupçonnée. Bien au-delà de son dôme doré scintillant et de ses célèbres ex-voto, la « Bonne Mère » s'ancre sur une base fortifiée séculaire. « Ce qui est absolument incroyable, c'est qu'originellement, c'est un fort militaire construit à l'époque de François Ier. La basilique a été érigée de manière extraordinaire sur ce fort. Quand on regarde dans les détails, on s'aperçoit que des éléments du Moyen Âge se mélangent avec des éléments qui sont beaucoup plus contemporains. Tout cela fait une valeur architecturale très grande, sans même parler de la valeur spirituelle et de la place qu'en ont tous les Marseillais. »

Cette inscription au titre des Monuments Historiques va permettre au sanctuaire de franchir un cap dans l'entretien de ses pierres :
« Pour le Diocèse, c'est la volonté des pouvoirs publics de participer à la protection de ce monument », se réjouit le Père Didier Rocca. « Nous espérons en particulier obtenir à la fois des aides techniques grâce aux Architectes des Bâtiments de France et des aides financières pour toujours mieux présenter un monument splendide et parfaitement aux normes en matière de sécurité. »

 

Sanctuaire vivant : concilier afflux touristique et silence de la prière

Chaque année, des millions de personnes gravissent la colline : fidèles fervents, touristes du monde entier ou croisiéristes en escale rapide dans la cité phocéenne. Pour l'équipe pastorale, concilier cette affluence record et la vocation sacrée du lieu est le défi majeur de demain. « La vocation de ce lieu, c'est d'accueillir tout le monde : le touriste qui n'a que 40 minutes lors d'une escale comme la personne qui vient dans une démarche de pèlerinage. Tout cela a des contraintes et doit être réfléchi. Avec les pouvoirs publics, nous voulons vraiment que le sanctuaire redevienne davantage un lieu paisible, un havre de calme propice à la contemplation ou à la prière. Ce sont de belles phrases, mais c'est un enjeu très important pour les années à venir. »

Fort de son expérience passée à la cathédrale de La Major (propriété de l'État), le Père Didier Rocca aborde cette collaboration avec une totale confiance : « Nous sommes dans le dialogue, comme lors de la grande Journée de la Paix chaque 1er janvier où les dignitaires de toutes les religions se rassemblent à Notre-Dame de la Garde. Nous travaillons dans le même esprit avec les services de l'État pour faire le mieux possible, avec des financements qui restent contraints. »

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