Marseille
-
Éducation,
Société
Marseille : quand le chef triplement étoilé Alexandre Mazzia fait la classe aux enfants pour la Semaine du Goût3min
Par Norhène Ouerfelli16/10/2026 à 07:05
À l'occasion de la Semaine du Goût 2026, Alexandre Mazzia s'est rendu auprès d'une classe de CE2 de l'École de Provence. Entre dégustation d'une boisson sur-mesure et éveil des sens, le chef prône une éducation alimentaire essentielle dès le plus jeune âge.
Pour célébrer la Semaine du Goût 2026, les élèves d'une classe de CE2 de l'École de Provence ont eu la chance de recevoir une visite d'exception : celle d'Alexandre Mazzia, chef triplement étoilé du célèbre restaurant AM par Alexandre Mazzia.
L'objectif de cette rencontre interactive ? Faire découvrir aux plus jeunes le pouvoir des aliments, l'assemblage de saveurs inédites et les sensibiliser à l'importance d'une alimentation saine et équilibrée.
Une infusion sur-mesure : thé vert, hibiscus, citron, gingembre, menthe et baie rose
Pour marquer les esprits et stimuler les palais des écoliers, Alexandre Mazzia a concocté une recette originale et vitaminée : une boisson rafraîchissante et bienfaisante associant thé vert, hibiscus, citron, gingembre, menthe et baie rose.
Au-delà de la dégustation, le chef marseillais a pris le temps d'expliquer les vertus et propriétés de chaque ingrédient. Un moment d'éveil sensoriel durant lequel les enfants ont appris comment marier les goûts et appréhender la complémentarité des épices et des plantes. À l'issue de l'atelier, chaque élève s'est vu remettre un diplôme signé des mains du chef.
Alexandre Mazzia : « C'est aussi important que les mathématiques ou le français »
Interpellé sur l'intégration de la culture du goût dans le parcours scolaire, le chef cuisinier estime que la nutrition dépasse le simple cadre disciplinaire : « C'est la matière de la vie. La madeleine de Proust, c'est aussi ce qu'on a reçu par nos parents, par nos grands-parents, ce qu'on nous a transmis par nos aïeux. C'est essentiel. Et aujourd'hui, prendre du plaisir mais aussi prendre soin de soi. Je peux vous dire que je pense que c'est aussi important que les mathématiques ou le français ! Ça devrait être au programme .»
Abordant le choix des ingrédients, souvent peu habituels pour un public scolaire, Alexandre Mazzia a défendu une pédagogie de la curiosité plutôt que du compromis : « Le but justement ce n'est pas d'être consensuel, le but c'est justement de faire interroger, d'attirer une curiosité et de se poser des questions. C'est tellement subjectif cette histoire de goût, ce qui peut vous plaire à vous peut me plaire à moi et vice versa, et je pense que c'est important aussi d'avoir cette liberté et de se dire que finalement on peut trouver du plaisir dans quelque chose dont on n'a pas l'habitude. Et surtout d'enlever ce carcan qui parfois veut dire que bien manger c'est forcément healthy, bien boire c'est forcément quelque chose qui nous ramène à quelque chose de négatif. C'est trouver quelque chose de positif dans tout ça, et surtout le plaisir. »
Le restaurateur s'est également exprimé sur le rôle social de sa profession face aux enjeux sanitaires de l'alimentation chez les jeunes : « On sait bien tous que les goûts changent. Ce qu'on n'aime pas quand on était jeune, on arrive à l'apprécier quand on a un peu plus d'expérience. Des restaurants comme les nôtres, on est dans une niche, on représente la gastronomie française dans le monde entier, mais on a un rôle éducatif et un rôle social. C'est la base : se faire plaisir, de bons produits, ça fait partie aussi de la bienveillance et de l'empathie. Quand on ne connaît pas un produit, ça ne veut pas dire qu'on est nul, juste on n'a pas cette culture et ça demande une curiosité et de la bienveillance pour pouvoir la transmettre. Bien manger ça fait partie de la santé, la santé mentale aussi notamment. »
Ce qu'en pensent les élèves de CE2 : « Ça donne beaucoup d'émotions »
Du côté des enfants, l'atelier a été accueilli avec une joie immense et beaucoup de curiosité. Les retours à chaud témoignent de l'impact direct de la démonstration du chef sur leurs jeunes esprits : Félix, tout sourire : « Je retiens que la menthe c'était bon, c'était de la fraîcheur. Aussi que le citron ça apportait des antioxydants. J'ai un diplôme signé par Alexandre Mazzia ! Je trouve ça super parce qu'Alexandre Mazzia c'est un grand chef étoilé et on a beaucoup de chance de l'avoir dans la classe. » Manon, très attentive aux conseils nutritionnels « Ce que je retiens, c'est que s'hydrater et bien manger c'était bien pour la santé. C'était très bon ! » Pour Lou, sous le charme de la préparation : « J'ai adoré ce jus et j'ai aimé quand il nous a parlé des aliments. C'est très intéressant de connaître tous les aliments et leurs bienfaits. » Enfin Raphaël, a été conquis par les vertus énergisantes de la boisson du chef : « Je retiens que ce jus que j'ai bu, il donne beaucoup d'émotions. C'est important parce que par exemple quand tu es fatigué, tu bois ce jus et tu es plus fatigué, donc tu peux courir et faire du sport. C'est très bon et j'en prendrais tous les jours ça si je pouvais ! »
Cette matinée de la Semaine du Goût 2026, à l'École de Provence se clôture sur une note inspirante, prouvant que la gastronomie et l'éveil des sens ont toute leur place dans le parcours éducatif des enfants.
A lire aussi
Martigues
-
Éducation
Martigues : mobilisation pacifique au lycée Langevin, les cours suspendus jusqu'à la rentrée ?
Aubagne
-
Éducation
Fusillade au collège Lakanal d'Aubagne: le suspect de 14 ans reconnaît les faits mais conteste "avoir voulu tuer"
Marseille
-
Éducation
Mobilisation lycéenne à Marseille : plusieurs milliers de manifestants dans les rues pour ce cinquième acte
France
-
Éducation
147 personnels de l'Éducation nationale blessés depuis le début du mouvement des lycéens

