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« Rester debout » : huit ans dans les pas de trois femmes marquées par le drame de la rue d'Aubagne

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Par Sarah LeGuen01/11/2026 à 15:33

Huit ans après l'effondrement de deux immeubles rue d'Aubagne à Marseille, le documentaire "Rester debout" revient sur les conséquences humaines de la tragédie du 5 novembre 2018. À travers le parcours de trois femmes, la journaliste et réalisatrice Margaïd Quioc raconte les blessures toujours présentes, mais aussi la solidarité qui a émergé après le drame. Un film qui résonne particulièrement alors que le procès en appel s'ouvre ce lundi 2 novembre. Margaïd Quioc nous en parle au micro de Maritima.

Le 5 novembre 2018, Marseille était frappée par l'effondrement de deux immeubles rue d'Aubagne, dans le quartier de Noailles. Huit personnes perdaient la vie dans cette catastrophe, qui allait révéler au grand jour l'ampleur de la crise du mal-logement dans la cité phocéenne.

Huit ans plus tard, alors que le procès en appel s'ouvre ce lundi 2 novembre, le documentaire Rester debout revient sur les conséquences de ce drame à travers le destin de trois femmes. Réalisé par Margaïd Quioc, le film retrace huit années de vie, de combat et de reconstruction.

Journaliste sur le terrain au moment des faits, la réalisatrice a d'abord couvert l'événement avant de ressentir le besoin de raconter ce qui se jouait au-delà de l'actualité immédiate.

 

Raconter les blessures, mais également la solidarité après le drame

« Quand les immeubles se sont effondrés, j'ai été amenée à couvrir l'événement comme journaliste. Avec le temps, je me suis rendu compte que ce drame allait bien au-delà d'un simple fait divers. Il y a eu une onde de choc énorme dans tout Marseille », raconte Margaïd Quioc. Au fil des années, la journaliste a souhaité garder une trace de cette histoire. « Il fallait raconter cette histoire humaine, ce que l'on ressentait à l'époque : la tristesse, la colère de voir le centre-ville laissé à l'abandon, mais aussi cette énorme vague de solidarité et d'espoir », explique-t-elle.

Le choix du titre Rester debout fait lui aussi écho à cette volonté de raconter les combats menés après la catastrophe. La réalisatrice pense notamment à Liliana Lalonde, qui a perdu son fils Julien dans les effondrements. « Quand je pense à ce titre, je pense à cette femme qui, malgré la perte de son fils et malgré l'indifférence du pouvoir politique de l'époque, est restée debout. Elle se bat pour la mémoire de son fils, mais surtout pour que plus aucune famille n'ait à vivre cela », confie Margaïd Quioc.

 

Huit ans après, les conséquences du mal-logement toujours présentes

Au-delà de la tragédie elle-même, le documentaire s'intéresse également aux conséquences des délogements qui ont suivi les effondrements. Des milliers de personnes ont dû quitter leur logement en urgence, parfois sans savoir quand elles pourraient retrouver un toit.

Pour Margaïd Quioc, il est essentiel de ne pas oublier les conséquences de ces situations sur les familles concernées. « Derrière les statistiques, ce sont des vies humaines complètement bouleversées. Le logement est la base sur laquelle on construit son foyer, sa vie familiale et professionnelle. Quand on n'a pas cela, l'impact est énorme », souligne la réalisatrice. Et huit ans après, la situation reste préoccupante à ses yeux : « Aujourd'hui encore, le problème n'est pas résorbé. Sans une véritable volonté politique d'effectuer les rénovations nécessaires et de construire des logements sociaux, cette situation continuera d'empirer. »

Avec Rester debout, Margaïd Quioc souhaite ainsi faire vivre la mémoire des victimes et rappeler que derrière les procédures judiciaires, ce sont aussi des familles et des habitants qui tentent encore de se reconstruire. Une marche pour la justice et le logement digne était d'ailleurs organisée à Marseille ce dimanche, à la veille du procès en appel. 

 

À noter : le documentaire Rester debout sera présenté en avant-première au cinéma Le Gyptis à Marseille, le mercredi 4 novembre à 19h.  Il sera également diffusé sur France 3 PACA le 5 novembre à 22h50, puis disponible pendant 30 jours sur France.tv.

 

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