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Contestation lycéenne à Martigues : une nouvelle journée de colère

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Par Michel Montagne30/09/2026 à 16:19

Pour la deuxième journée consécutive, le mouvement national de protestation s'est traduit devant les lycées martégaux Langevin et Lurçat par des blocages et des rassemblements. Entre colère face à la détérioration des conditions d'étude et dénonciation des tensions policières, les élèves reçoivent l'appui de l'union locale CGT.

Sur le parking face à l'entrée du lycée Paul-Langevin à Martigues, la mobilisation des élèves ne faiblit pas. Prolongeant la contestation nationale, les lycéens expriment un ras-le-bol ancré dans leur quotidien scolaire. Abdelkader, élève de terminale, dresse le constat d'un quotidien rythmé par des dysfonctionnements chroniques :

« On se mobilise pour les emplois du temps surchargés, le manque de temps à la cantine, le manque de profs, des problèmes avec les options… » Il détaille par exemple la situation à la cantine : « Moi personnellement, j'ai que 50 minutes dont 30 minutes de queue, c'est trop. Parfois j'arrive en retard en cours juste parce que je vais aller manger […]. Il y a trop d'élèves qui n'ont pas le temps. »

 

 

Le manque d'enseignants constitue une autre source majeure d'inquiétude pour les élèves en année de diplôme. « Moi j'ai pas de prof d'espagnol depuis le début de l'année […], pour mon contrôle continu je trouve ça grave », poursuit le lycéen. À ces questions d'organisation pédagogique s'ajoutent des revendications matérielles, notamment l'absence de climatisation durant les périodes chaudes, alors que les choix budgétaires de l'Éducation nationale sont pointés du doigt.

Malgré la fermeté de leur engagement : « On compte pas bouger, on va récidiver encore s'il le faut jusqu'à ce que l'Éducation nationale réagisse », les élèves tiennent à clarifier leurs intentions. Abdelkader se désolidarise fermement des incidents violents : « Les gens qui viennent et qui cassent tout, c'est pas notre combat […]. Nous, on est là pour revendiquer nos droits. » Il déplore également la présence et la gestion des forces de l'ordre : « J'ai un peu l'impression que les policiers, tout ce qui est CRS, c'est nos ennemis. On reçoit des gaz lacrymogènes, ils viennent armés comme si on était dangereux. »




 

Face à ces tensions, la présence de militants syndicaux s'est organisée pour encadrer et soutenir le mouvement. Présent aux côtés des jeunes, Daniel Bretonès, secrétaire général de l'union locale CGT de Martigues, explique cette démarche :

« On se relaye depuis hier après-midi […] devant Langevin pour éviter justement qu'il y ait des débordements du côté des policiers. Pour nous, quand on va provoquer, quand on va taper des enfants, c'est pas le maintien de l'ordre, c'est de la provocation. »

Pour le responsable syndical, le malaise exprimé devant les établissements est le symptôme d'un problème global touchant les services publics : « Ils ont raison dans leurs revendications, on les soutient totalement. Ils sont simplement le reflet de notre société, le reflet de tout ce que subit notre société, tous les travailleurs dans la fonction publique ou le privé. »
Évoquant les dégradations marginales commises en marge des rassemblements, Daniel Bretones conclut : « Leur violence est une réponse à la violence de l'État. Il faut vraiment le prendre comme ça, et si l'État n'était pas violent, ces jeunes ne seraient pas violents."




 

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