Miramas
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Miramas : le domaine Saint-Désiré retrouve sa vocation agricole grâce à un couple de passionnés3min
Par Michel Montagne17/10/2026 à 15:10
Au cœur du quartier du Pougnois, la municipalité de Miramas s'engage activement dans la préservation de ses terres agricoles. Sur le domaine historique de Saint-Désiré, un jeune couple d'agriculteurs, Léa Broucaret et Enis Gharbi, vient de s'installer pour redonner vie à près de six hectares de terres bio. Un projet local, durable et ancré dans le circuit court.

Un domaine historique dédié à la terre
L'histoire du domaine Saint-Désiré remonte à près de deux siècles, comme le rappelle Christian Peyro, ancien adjoint aux bâtiments communaux : « C'est en 1836 qu'un riche propriétaire a acheté 8 hectares pour y faire construire la bastide et un hameau d'agriculture. En 1867, Monsieur Désiré Allemand, professeur de littérature à Marseille, a racheté le domaine, lui donnant son nom, Saint-Désiré, et en ajoutant 15 hectares. […] En 1982, la municipalité de Georges Thorrand a racheté le domaine de 20 hectares. »
Après une pause des activités agricoles en 2020, la municipalité a activement cherché de nouveaux porteurs de projet pour continuer à exploiter ces terres préservées de l'urbanisation.
Une vision municipale tournée vers la souveraineté alimentaire
Pour Bernard Goudilière, conseiller municipal en charge de la nature en ville, de l'agriculture et de la forêt, cette installation s'inscrit dans un plan stratégique plus global : « À partir de 2022, l'idée de la commune était de mettre en coordination ce terrain avec un projet global autour d'une agriculture saine pour les habitants. [...] La Chambre d'agriculture nous a proposé quatre candidats, et les deux jeunes sortaient très largement du lot, notamment par une vision économique saine de leur projet. »
Il soulève également l'engagement de la commune auprès des producteurs localisés sur son territoire : « La commune dit aux agriculteurs : "S'il vous reste de la production, on la prend." Parce que cette production est bio, saine et locale. S'ils trouvent de meilleurs débouchés sur le marché, on ne leur demande pas de travailler exclusivement pour la commune, mais on leur assure que leur travail ne sera pas jeté à la benne. »
Le maire de Miramas, Frédéric Vigouroux, souligne l'importance stratégique de sanctuariser ces espaces verts et agricoles face à l'étalement urbain : « Nous, en 2015, on avait protégé 17 % de terres agricoles et plus de 22 % de terres naturelles. C'est bien de les sanctuariser, mais il fallait aussi qu'il y ait des agriculteurs qui reviennent. Une fois qu'on met des agriculteurs sur des terres agricoles sanctuarisées, plus rien ne s'y construira. […] C'est la renaturalisation des villes et le fait de développer l'agriculture de proximité. »
Léa et Enis : Une reconversion pleine de sens
Reconvertis après des carrières bien éloignées de la terre — Enis était ingénieur dans les télécoms et Léa graphiste puis fleuriste —, Léa Broucaret et Enis Gharbi portent aujourd'hui ce beau projet de maraîchage, d'arboriculture et d'élevage de poules pondeuses. « Ce qu'on recherchait, c'était une ferme où l'on puisse vivre, être proches de nos proches et être intégrés dans un tissu local. Sans être entouré, c'est un métier impossible, c'est vraiment très dur. C'est pour cela qu'on s'est inséré dans des réseaux d'entraide comme l'ADEAR ou la Chambre d'Agriculture. » — Léa Broucaret
Sur les 5,6 hectares du domaine, le couple privilégie une production diversifiée et respectueuse de l'environnement, labellisée en agriculture biologique : « On a deux ateliers principaux : le maraîchage et l'atelier poules pondeuses sont les deux piliers économiques de la ferme. Ensuite, on a des petits plaisirs comme la pépinière, des fleurs, des légumes de conservation (patates douces, pommes de terre, courges) et un peu d'arboriculture avec des oliviers. » — Enis Gharbi
(les œufs des 250 poules installées en plein air seront bientôt proposés à la vente sur le marché hebdomadaire du jeudi, place Jourdan à Miramas. Un deuxième poulailler sera installé fin 2027, permettant l’arrivée d’un nouveau lot de poules en 2028.)
Léa conclut sur l'opportunité offerte par la municipalité : « On a de la chance qu'une municipalité mette en place la possibilité que de jeunes agriculteurs s'installent. C'est de plus en plus rare parce que les budgets sont coupés. On n'existerait pas si la municipalité n'avait pas choisi notre profil aujourd'hui. Seul en tant que particulier, on ne peut pas monter une ferme sans un patrimoine énorme.»
Grâce à ce partenariat réussi entre la mairie et ce jeune couple passionné, le quartier du Pougnois garantit la préservation de son cadre naturel avec l'idée de régaler les cantines, crèches, foyers seniors (dans le cadre du projet d'unité de préparation culinaire, commun avec Saint-Chamas) et plus généralement les habitants de la commune avec des produits sains et de saison.
La Ville a réalisé plusieurs aménagements pour permettre cette installation : réhabilitation du logement des agriculteurs (242 974 euros TTC), mise en place d’un dispositif d’assainissement (44 279 euros TTC), réalisation d’un forage permettant l’irrigation à l’eau brute, débroussaillage, convention avec la chambre d’agriculture, certification BIO, etc.
Coût total : 395 122€ TTC, dont État (168 000 €), Conseil départemental (30 511 €) et Métropole (18 137 €)
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