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Prévention du suicide en PACA : "Parler, c’est sauver des vies", alerte le Dr Jean-Marc Henry sur Maritima2min
Par Cassandre Amouroux10/09/2026 à 16:30
À l’occasion de "Septembre Jaune" et de la journée mondiale de la prévention du suicide, le Dr Jean-Marc Henry, psychiatre et coordinateur de centre régional PACA de la prévention du suicide, était l’invité de Maritima. Il évoque les tabous persistants et l'efficacité des nouveaux dispositifs.
Le constat est sans appel : le suicide reste la première cause de mortalité évitable chez les 25-34 ans et la deuxième chez les 15-25 ans. Pourtant, derrière ces chiffres, un message d’espoir émerge. Le Dr Jean-Marc Henry insiste : la crise suicidaire est un état temporaire dont on peut sortir et briser le silence est une étape essentielle.
Un tabou qui tue encore
Malgré une libération de la parole sur la santé mentale, le suicide reste un sujet sensible. "C'est encore quelque chose de tabou, et peut-être davantage chez les hommes que chez les femmes", souligne le Dr Henry. Selon le spécialiste, la clé de la survie réside dans la demande d'aide.
"La meilleure façon d'en sortir, c'est de demander de l'aide. Déstigmatiser cette question, c’est sauver des vies", rappelle-t-il. En région PACA, les efforts se multiplient pour que la souffrance psychique ne soit plus vécue dans l'isolement. Les services de santé proposent plusieurs événements ce mois-ci pour parler de ce sujet sensible. Une mobilisation nationale, relayée par l'APHM, propose le challenge 3114 km qui incite chacun à bouger par cumuler les kilomètres jusqu'à obtenir ce chiffre qui correspond au numéro d'appel d'urgence (cf plus bas).
Les jeunes face à de nouveaux risques : réseaux sociaux et anxiété
Si le taux de suicide global est en baisse constante en France depuis les années 80, la vigilance reste de mise pour les nouvelles générations. La jeunesse n'est pas la tranche de la population la plus touchée, mais ils le sont davantage depuis plusieurs années: "ça doit nous préoccuper, ça doit nous rendre particulièrement attentif". Le contexte actuel, marqué par une forte anxiété peut-il créer de nouvelles vulnérabilités ? Pas nécessairement selon le psychiatre mais il souligne une réalité clinique, aujoud'hui plus de jeunes sont pris en charge alors qu'ils souffrent d'éco anxiété ou suite à du harcélement sur les réseaux sociaux. Il évoque également l’impact des violences subies durant l’enfance, qui pèsent lourdement sur l’équilibre des futurs adultes.
Le 3114 : un numéro gratuit qui fait ses preuves
Pour contrer ce phénomène, des outils concrets existent. Le plus efficace reste le 3114, le numéro national de prévention du suicide. Accessible 24h/24 et 7j/7, ce service permet d'échanger avec des professionnels de santé.
"On sait qu’après une tentative de suicide, les personnes sont particulièrement vulnérables", explique le médecin. Grâce à des programmes comme 'VigilanS', qui assure un suivi téléphonique, le risque de récidive diminue de 38% en un an. "Nous avons des outils qui fonctionnent, il est crucial de le faire savoir".
Lire aussi. 3114, numéro de prévention du suicide : au bout du fil, des soignants veillent
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