Saint-Chamas
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Environnement,
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Centrale de Saint-Chamas : le plan d’envergure d'EDF pour relier le Rhône 4min
Par Maritima 20/06/2026 à 12:10
Face aux défis écologiques et énergétiques, la centrale EDF de Saint-Chamas mise sur la transparence et dévoile sa stratégie à long terme. Entre quotas imposés et le projet d'envergure "Provence Bleue", l'ambition montrée est de préserver la production d'énergie tout en répondant aux enjeux environnementaux.
À l'occasion des 60 ans de l'usine hydroélectrique de Saint-Chamas, EDF Hydro Méditerranée a choisi d'ouvrir ses portes à la presse et, bientôt, au grand public. Dans une actualité locale riche, marquée par les attentes environnementales autour de l'étang, la volonté affichée est la transparence.
Pascale Sautel, Directrice Concessions EDF Hydro Méditerranée, pose d'emblée le cadre de cette démarche : « On a une vraie volonté d'ouverture, de dialogue, de transparence et il y a beaucoup de choses qui se disent sur l’étang de Berre, sur la gestion d'EDF et on avait envie d'apporter des éléments de pédagogie, des éléments factuels dans une actualité qui est riche. »
La chaîne Durance-Verdon joue un rôle clé en Région Sud, une zone qui consomme deux fois plus d'électricité qu'elle n'en produit. Ce système gère en moyenne 5 milliards de m³ d'eau par an (soit plus que la consommation annuelle en eau potable de la France) et alimente 3 habitants de la région sur 5. La seule concession de Salon-Saint-Chamas produit chaque année 250 millions de kWh, couvrant la consommation de l'ensemble des communes du pourtour de l'étang.
Responsabilité juridique et trajectoire
Le contexte juridique s'est clarifié cette année avec la décision rendue le 12 mars par le tribunal administratif de Marseille. Saisi par l'association L'Étang Nouveau, le tribunal a reconnu la responsabilité de l'État et d'EDF en raison de l'impact historique des rejets d'eau douce sur l'écosystème (désoxygénation, prolifération de matières organiques et crise de la « malaïgue » de 2018).
Cependant, les juges ont rejeté les demandes de l'association qui exigeait l'arrêt total des rejets ou des restructurations lourdes immédiates, les jugeant non raisonnables au vu de l'importance stratégique des installations. Les centrales de Salon et Saint-Chamas représentent en effet 35 % de l'électricité de la région PACA et 10 % de l'hydroélectricité nationale.
«On a un tribunal administratif qui a reconnu l'importance de ces centrales et qui a exclu le fait de les arrêter ou de réduire leur production », souligne Pascale Sautel. « Et ça pour nous c'est un signe fort, c'est un signal positif qui dit qu'on peut concilier production d'énergie décarbonée et protection de l'étang de Berre. »
L'expérimentation estivale : une obligation d'évaluation
Pour réparer le milieu, un protocole d'expérimentation sur 4 ans a été mis en place entre EDF et le GIPREB. Ce dispositif prévoit de couper totalement la production et les rejets d'eau douce durant les mois les plus chauds (juin, juillet, août), là où le milieu est le plus vulnérable.
Cette souplesse est ensuite rattrapée durant la période hivernale pour répondre aux pics de consommation. Si le tribunal a estimé que ces quotas (maximum de 1,2 milliard de m³ d'eau et 60 000 tonnes de sédiments par an) sont de nature à mettre fin au préjudice écologique, il a enjoint à EDF et à l'État d'en évaluer précisément les effets au terme de l'expérimentation afin de pérenniser, prolonger ou adapter ces restrictions.
Provence Bleue : l'ambition à long terme qui passera sous l’étang de Berre
Pour aller au-delà de cette gestion saisonnière, EDF propose le projet « Provence Bleue » qui devra être approuvé par l'État, la Région et la Métropole. L'objectif est d'installer une solution définitive en prolongeant les infrastructures de la Durance et du Verdon jusqu'au Rhône (au niveau de Port-Saint-Louis).
Images et interviews: Cassandre Amouroux
Cette infrastructure majeure permettrait de diviser par deux les restitutions d'eau douce dans l'étang tout en récupérant l'énergie hydroélectrique aujourd'hui perdue par les restrictions. Le tracé nécessitera de creuser sous l’étang de Berre pour faire passer des tuyaux de 9 mètres de diamètre. Ce projet d'aménagement prévoit également un bassin de décantation et de démodulation à Saint-Chamas, représentant moins de 1 % de la surface de l'étang.
Pascale Sautel rappelle la dimension collective et l'échelle temporelle de ce chantier : « C'est un projet de longue haleine, mais c'est un projet qui constitue une solution durable pour concilier production d'énergie renouvelable, alimentation en eau et environnement (...) On imagine qu'il faut 5 ans d'études et de concertation et 5 ans de travaux pour le réaliser. Donc on parle à minima d'un projet à 10 ans ». Un projet estimé à 1,7 milliard d’euros qui devra passer par de nombreuses étapes, notamment celle du financement, pour voir le jour.
Afin de pérenniser ce dialogue plus transparent avec le territoire, la centrale s'est équipée d'un circuit de visite permanent. Le site ouvrira ses portes aux citoyens et aux scolaires dès l'automne prochain avec un premier temps fort lors des journées du patrimoine.
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