Salon-de-Provence
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« Ne t’inquiète pas, on est courageux » : de Salon-de-Provence, l’Iranienne Mehrnoosh Sahranavard témoigne de la soif de liberté de son peuple3min
Par Maritima 03/03/2026 à 14:19
Exilée à Salon-de-Provence depuis 15 ans, la réalisatrice Mehrnoosh Sahranavard vit au rythme des nouvelles qu’elle reçoit de Téhéran. Invitée ce matin de Didier Gesualdi sur Maritima Radio, la présidente du Festival Indépendant du Cinéma des Exilés livre un témoignage poignant sur la situation en Iran et l'espoir d'une transition démocratique.
L’inquiétude est quotidienne, mais la détermination est plus forte. Pour Mehrnoosh Sahranavard, chaque appel de sa famille restée en Iran est une bouffée d'espoir mêlée de crainte. « Ma maman m'a appelée hier. Elle m'a dit : "Ne t'inquiète pas, on va bien, on est confinés dans les maisons." Les bombardements sont ciblés sur des endroits stratégiques, pas pour les civils. Elle m'a répété que le peuple est courageux et ira jusqu'au bout pour avoir la liberté », confie-t-elle avec émotion.
« Ce n’est pas une guerre contre l’Iran, c’est une guerre pour l’Iran »
Depuis les événements dramatiques des 8 et 9 janvier, où elle rapporte que "le gouvernement a massacré ouvertement 45 000 personnes qui réclamaient la liberté les mains vides", le pays est à un tournant. Pour la réalisatrice salonaise, le mouvement actuel dépasse la simple contestation.
« La majorité des Iraniens disent que ce n'est pas la guerre contre l'Iran, c'est la guerre pour l'Iran, pour l'avenir et pour la liberté », martèle-t-elle. Un combat qu'elle soutient depuis la France, pays qu'elle a choisi il y a 15 ans : « C'est le prix de la liberté. Quand on vit dans un pays libre comme la France, on comprend ce que sont la liberté et la démocratie. »
Un quotidien sous dictature : « On n’a pas le droit d’exister »
Mehrnoosh Sahranavard décrit un régime où l'oppression est totale. « Pour les femmes, il n'y a pas de droits, mais pour les hommes et les enfants non plus. On n'a pas le droit d'exprimer, d'exister. C'est pas possible. » Elle dénonce également la propagande d'État, notamment à travers la télévision officielle (IRIB), qui force les citoyens à s'excuser publiquement pour avoir dansé ou chanté dans les rues.
Pourtant, elle croit en un changement imminent, évoquant une possible période de transition menée par le fils du Shah, Reza Pahlavi. « 90% des Iraniens sont d'accord pour ce temps de transition avant d'arriver à une démocratie par les votes », affirme-t-elle.
Le cinéma iranien à l’honneur à Salon-de-Provence en mars
Malgré la douleur de l'exil, Mehrnoosh Sahranavard continue de bâtir des ponts entre les cultures. En mars prochain, elle participera à la 36ème édition des Rencontres Cinématographiques de Salon, en partenariat avec son festival, le FICAM.
« C’est une chance pour moi, grâce à cette ville de Salon-de-Provence, d’avoir pu reconstruire ma vie à partir de zéro », souligne-t-elle. Le public pourra découvrir à cette occasion plusieurs projections de films iraniens, fenêtres ouvertes sur la réalité et la créativité d'un peuple qui refuse de se taire.
Un message qu'elle portera jusqu'au bout : « Vive la liberté, vive la démocratie et vive un Iran libre. »
Retrouvez l'invité de la rédaction sur maritima radio du lundi au vendredi à 8h15 et 12h15 au micro de Didier Gesualdi
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