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Flambée des prix du carburant : vers un blocage des routes en PACA dès le 1er avril ? Les transporteurs passent à l’offensive3min
Par Maritima 27/03/2026 à 11:18
La colère gronde de plus en plus. Face à une "crise sans précédent" provoquée par la flambée des prix du carburant, les organisations syndicales de transporteurs (OTRE PACA et FNTR Sud) annoncent passer à l'offensive. Estimant les mesures gouvernementales actuelles déconnectées de la réalité, la profession prévient : sans aide immédiate, des actions graduelles de mobilisation débuteront dès le 1er avril 2026.
L’économie régionale menacée
Pour les transporteurs du Sud, le secteur n'est pas une variable d'ajustement mais l'ossature même de l'économie. "Sans lui, les chaînes d’approvisionnement s’arrêtent, les entreprises ralentissent, le pays se grippe", alertent conjointement la FNTR Sud Provence-Alpes-Corse et l’OTRE PACA.
Aujourd'hui, la situation est jugée critique. Au-delà du gazole, c'est l'ensemble des charges qui explose : AdBlue, pneus, entretien et exploitation. Pour les chefs d'entreprises locaux, les reports de charges fiscales proposés par l'État ne sont qu'une "condamnation" à l'endettement.
Les 4 exigences vitales des professionnels
Face à ce qu'ils considèrent comme une inertie dangereuse de la France par rapport à ses voisins européens, les syndicats réclament des décisions concrètes et immédiates :
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Une aide forfaitaire directe par véhicule : un dispositif simple et rapide pour soulager la trésorerie.
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La suspension des échéances bancaires : une instruction aux banques pour geler les prêts et crédits-bails.
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Une remise ciblée à la pompe : une réduction immédiate sur le prix du carburant pour les professionnels.
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L'augmentation du remboursement de la TICPE : une révision à la hausse durant toute la durée de la crise.
Vers des actions dès le 1er avril ?
Le ton a changé. Ce ne sont plus des demandes, mais des exigences. L’OTRE et la FNTR étudient actuellement "différentes modalités d’actions graduelles" qui pourraient impacter la circulation sur les axes majeurs de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur à compter du mardi 1er avril.
Si les organisations affirment rester déterminées au dialogue, elles refusent que celui-ci serve de prétexte à l'inaction.
Témoignage : "Le transport est abandonné"
À Vitrolles, l'entreprise CTM, qui compte 150 collaborateurs et près de 300 véhicules, illustre parfaitement ce désarroi. Interrogé sur Maritima radio, son dirigeant Stéphane Bosi détaille une réalité mathématique étouffante : le litre de gazole est passé de 1,36 € à 1,90 €. « Pour un poids lourd qui consomme entre 28 et 32 litres aux 100 km, cela représente un surcoût de 15 € tous les 100 kilomètres. C'est énorme », explique-t-il.
Pour tenter de survivre, l'entreprise demande à ses chauffeurs de "lever le pied", ce qui entraîne des retards de livraison de 15 à 20 minutes et des tensions avec les clients. Le dirigeant dénonce également des aides gouvernementales inadaptées : « On nous propose des prêts qu'il faudra rembourser ou des étalements de charges. Ce n'est pas une aide. En 2022, la crise était moins violente et l'État avait mis en place un remboursement au véhicule et une remise à la pompe. C'est ce qu'il nous faut aujourd'hui. »
Selon lui, le secteur est à bout : déjà plus de 600 entreprises de transport ont déposé le bilan au premier semestre 2026.
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