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Aides carburant : «À un moment donné, tout va s’effondrer si on ne fait rien », l’OTRE dénonce un système « discriminant » pour les transporteurs3min
Par Maritima 22/04/2026 à 10:09
Face à l’envolée des prix du gasoil, le gouvernement a décrété de nouvelles mesures de soutien pour le secteur du transport. Mais pour l’OTRE, l’organisation des transporteurs routiers européens, le dispositif actuel comporte des failles majeures. Invité ce matin sur Maritima Radio, Jean-Marc Montagnac, secrétaire régional de l’OTRE, réclame une révision urgente des conditions d’attribution des aides, qu'il juge injustes pour les entreprises en bonne santé.
Les aides gouvernementales prévoient deux paliers. Si le premier est salué, le second provoque une levée de boucliers chez les professionnels. Pour Jean-Marc Montagnac, le secrétaire régional de l'OTRE, le compte n'y est pas pour les PME du territoire.
Un dispositif à deux vitesses jugé « aberrant »
Le premier palier concerne les aides allant jusqu’à 5 000 €. "C’est une bonne chose pour les TPE-PME qui ont une dizaine de véhicules, c’est tout à fait accessible" reconnaît Jean-Marc Montagnac au micro de Didier Gesualdi.
C'est sur le second palier, allant jusqu'à 60 000 €, que le bât blesse. "Ce seuil est très discriminant envers les entreprises qui sont en bonne santé. Le système de calcul mesure la capacité de l'entreprise à produire de la richesse et de l'emploi en fin d'année 2026. Si elle en est capable, elle devra restituer l’aide. C’est complètement aberrant", dénonce-t-il, précisant qu'un communiqué de presse a été envoyé dès hier pour demander une révision de ces critères.
Le carburant : 30 % des charges d’une entreprise de transport
Pour illustrer l'urgence, le responsable régional livre des chiffres chocs sur le surcoût lié au pétrole. Pour un seul véhicule, le surplus de dépenses en gasoil oscille entre 2 700 € et 3 200 € sur le seul mois de mars. « Pour vous donner un exemple, l'entreprise de notre président régional, les Transports du Cornot, cela lui a coûté 650 000 € de surplus gasoil uniquement sur le mois de mars. »
Le carburant est devenu le deuxième poste de dépense après les salaires. Il pèse désormais environ 30 % des charges totales. "C’est très lourd, évidemment", insiste-t-il.
Un risque d'effondrement pour toute l'économie
Jean-Marc Montagnac rappelle que cette crise ne touche pas seulement les transporteurs de marchandises, mais aussi les transports de voyageurs, le transport sanitaire et les déménageurs. Tous sont des acteurs "indispensables à l'activité économique du pays".
Inquiet pour l'avenir, il interpelle l'État : « À un moment donné, tout va s’effondrer si on ne fait rien. Autour de la table, en préfecture de région, chacun fait des efforts pour limiter l’impact sur le citoyen. Mais que fait l’État ? Une entreprise de transport est une entreprise avant tout, et le travail à perte n'existe pas. »
Sans une aide réelle et non remboursable pour les entreprises saines, c'est tout le "panier de la ménagère" qui risque de subir de plein fouet les répercussions de cette crise énergétique.
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