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Qu'est-ce qu'une bonne mère? Au Mucem une exposition questionne la maternité3min
Par Maritima 18/05/2026 à 16:20
Ce lundi 18 mai, l'émission Le Fil Rouge de Maritima s'est installée en direct du Mucem. L'occasion de plonger au cœur de l'exposition événement "Bonnes Mères", un projet d'envergure qui interroge la maternité méditerranéenne à travers les siècles tout en bousculant nos préjugés contemporains.
Déconstruire le mythe de la mère idéale et parfaite
L'exposition propose un parcours riche à travers plus de 350 objets, documents historiques et œuvres d'art pour explorer les multiples facettes de la maternité, de ses joies profondes à ses zones d'ombre les plus secrètes. En s'appuyant sur un clin d'œil affectueux à la figure protectrice de Notre-Dame de la Garde qui veille quotidiennement sur les Marseillais, l'événement cherche avant tout à bousculer les clichés, libérer la parole et sortir définitivement des sentiers battus.
Anne-Cécile Mailfert, co-commissaire de l'exposition et présidente de la Fondation des femmes, souligne cette volonté farouche de briser les stéréotypes pesants qui entourent la figure maternelle depuis des générations :
« La "bonne mère" n'existe pas. Le nom est un clin d'oeil à la Bonne Mère qui veille sur la cité phocéenne. Mais on y a ajouté des "s". C'est une manière d'interroger sur ce qu'est une bonne mère. Nous on répond que ça n'existe pas ».
Au fil des salles, les visiteurs découvrent comment les femmes se réapproprient leur corps et leur destin. L'exposition ne cache rien des pressions sociales, de la charge mentale, mais aussi de l'immense puissance collective qui émerge lorsque les mères s'unissent pour faire valoir leurs droits fondamentaux.
Un voyage artistique entre imaginaires, réalités et engagements
Le parcours d'exposition se déploie de manière fluide en trois grandes sections distinctes : les imaginaires, les réalités et enfin les transmissions. Les visiteurs peuvent y contempler des chefs-d’œuvre d’artistes de renom international comme Niki de Saint Phalle, Botticelli ou encore Louise Bourgeois, qui dialoguent avec des objets du quotidien issus des collections anthropologiques du Mucem.
Au-delà des seules représentations historiques ou religieuses, l'exposition fait la part belle aux luttes féministes pour l'émancipation, au droit à l'avortement et à la contraception. Elle met en lumière la parole de celles que l'on n'entendait pas, transformant l'expérience intime de la maternité en un sujet éminemment politique et social.
Caroline Chenu, également co-commissaire et chargée de recherches au Mucem, rappelle l'origine historique et philosophique de cette injonction sociale qui pèse encore sur les femmes :
« C'est un concept forgé au XVIIIe siècle par Jean-Jacques Rousseau, qui existe aussi dans la Bible avec le jugement du roi Salomon. La bonne mère est un concept qui nous vient de la bonne société et des bons pères de famille ».
Une seconde Bonne Mère monumentale sur la tour du Roi René
Pour prolonger l'expérience artistique hors des murs du musée et marquer le paysage marseillais, une installation spectaculaire et inédite a été pensée en collaboration étroite avec la prestigieuse Maison Christofle. Une réédition monumentale et étincelante de la statue de Notre-Dame de la Garde, haute de 5,5 mètres, a été hissée et installée au sommet de la tour du Roi René, à l'entrée du Vieux-Port.
Dressée fièrement face au grand large et visible de toute la côte, cette œuvre offre une résonance unique, poétique et visuelle à cette exposition plurielle, touchante et indispensable. Cet événement majeur est à découvrir absolument à Marseille jusqu'au 31 août 2026.
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