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Marseille : Loïc Chevrant-Breton publie "Ingénieurs arts et banlieues" sur son action dans les quartiers Nord3min
Par Maritima 14/06/2026 à 08:17
Rien ne prédestinait Loïc Chevrant-Breton à devenir une figure de l’action sociale par l’art. Ingénieur de haut vol passé par de grandes multinationales de l'informatique, il a tout plaqué pour s'installer sur les trottoirs de Marseille avec des pinceaux et des chevalets. Invité au micro de Laurent Coureau sur Maritima Radio, l'auteur revient sur vingt ans d'ateliers de rue dans les quartiers Nord de Marseille, une aventure humaine qu'il raconte dans son livre « Ingénieurs arts et banlieues ».
Du monde de l’informatique aux trottoirs de la Castellane
Loïc Chevrant-Breton a eu une première vie de cadre dirigeant. Mais le besoin de sens l'a emporté. « À un moment donné, j'ai pensé que je pouvais faire mieux. Je me suis intéressé à la question sociale », confie-t-il au micro de Maritima. Après avoir rejoint le mouvement ATD Quart-Monde, il fait un constat simple : l'art est un vecteur de rencontre universel.
En 1990, il entre aux Beaux-Arts de Marseille et fonde l'association Arts et Développement. Son idée ? Installer des ateliers de peinture directement sur l'espace public. « On s’installe sur le trottoir avec tout le matériel. Les enfants ne se font pas prier pour se mettre au travail. C'est ce plaisir naturel qui finit par attirer les adultes, sidérés de voir à quel point cela plaît à leurs enfants. »
L'art comme « leurre » pour recréer du lien
Pour cet ingénieur de formation, mettre en musique l'artistique et le social a été un défi de structuration. Il a fallu convaincre les logeurs, les centres sociaux et les institutions. À Marseille, son action a débuté dans trois quartiers emblématiques : Font-Vert, la Castellane et Saint-Joseph.
« Le principe est de venir toutes les semaines. À la Castellane, je suis venu pendant 10 ans », se souvient Loïc Chevrant-Breton. Au-delà de la peinture, ces ateliers sont des points d'ancrage. « L’art n'est pas qu'un combat d'artistes, c'est un savoir-faire pour organiser une médiation culturelle là où l'enfance est malmenée. »
Un modèle qui essaime dans toute la France
Vingt ans après les premiers coups de pinceaux marseillais, le modèle a fait ses preuves. Aujourd'hui, l'association Arts et Développement est présente dans 68 quartiers en France, des Hauts-de-France à l'Île-de-France, en passant par la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.
Dans son livre aux éditions Vérone, Loïc Chevrant-Breton pose une question fondamentale : « L’art, denrée de première nécessité ? ». Pour lui, la réponse ne fait aucun doute. L'artiste doit être en première ligne, aux côtés des autres acteurs sociaux.
Appel aux bénévoles : « L'association a besoin de vous »
L'aventure continue et l'association, victime de son succès, recherche constamment de nouvelles forces vives. « L’association recherche des bénévoles. Elle est prête à intervenir dans tous les quartiers où on lui fait la demande », lance l'auteur en guise d'invitation aux auditeurs de Maritima.
Ingénieurs, arts et banlieues, de Loïc Chevrant-Breton, est disponible aux Éditions Vérone.
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