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Flambée des prix à la pompe : le gouvernement sous pression3min
Par Maritima 19/03/2026 à 14:24
Le gouvernement est sous pression sur les prix des carburants du fait d'une nouvelle envolée des prix du gaz et du pétrole, après une intensification des attaques au Moyen-Orient contre les installations énergétiques.
Pour autant, il n'envisage pas à ce stade de baisser les taxes sur les carburants, s'attelant à pallier dans un premier temps les difficultés de trésorerie des secteurs touchés, contraint par ses difficultés budgétaires.
Même si le pouvoir d'achat est, selon les sondages, une des préoccupations majeures des Français qui doivent voter dimanche pour le second tour des élections municipales.
"Le scénario d'une baisse des taxes" qui représentent 50 à 55% du prix à la pompe "n'est pas envisagé à l'heure où on se parle", a affirmé sur BFMTV la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon, également chargée du portefeuille de l'énergie.
"En revanche, on entend les difficultés par exemple sur la trésorerie" de différents secteurs comme les transporteurs ou les pêcheurs, reçus tour à tour à Bercy, a-t-elle ajouté.
Une réunion déjà prévue sur l'énergie s'est tenue en fin de matinée à Matignon autour de Sébastien Lecornu et plusieurs ministres, dont Maud Bregeon, Serge Papin (Commerce) et Roland Lescure (Economie).
Dilemme
Selon l'entourage du Premier ministre, il s'agissait d'un "point d'étape" en vue de "poursuivre les efforts pour contenir les hausses" de prix, "lisser les évolutions", et "mobiliser les filières pour identifier les solutions collectives de protection de la trésorerie des entreprises les plus fragiles".
Le chef du gouvernement a "demandé des choses" à ses ministres pour parer à toute éventualité "sur le volet militaire", a ajouté la même source à l'issue de la réunion sans plus de détails.
D'autres rendez-vous sont prévus au ministère de l'Economie dans l'après-midi avec les distributeurs puis des industriels, même si les impacts "directs" sur l'industrie française restent "limités", selon le ministère.
Le gouvernement est très contraint dans sa marge de manoeuvre d'un point de vue budgétaire.
"Nous n'avons plus les moyens du +quoi qu'il en coûte+" comme pendant la pandémie de Covid, alors que le gouvernement a la "nécessité" de réduire son déficit public à 5% du Produit intérieur brut (PIB), a souligné Mme Bregeon, en rappelant avoir fait "le choix" dans le budget 2026 de "ne pas augmenter" les impôts des ménages.
Elle a cependant fait valoir que la France était, grâce à son parc nucléaire, "davantage protégée" que ses voisins, dont certains ont pris des mesures pour limiter la hausse des prix de l'énergie.
L'Italie a adopté mercredi un décret visant à réduire, pour une période de 20 jours, de 25 centimes par litre le prix du carburant, tandis que la Grèce envisage un "plafond sur les marges bénéficiaires" des acteurs de la filière afin d'éviter la spéculation. Berlin étudie une taxe sur les "surprofits " des groupes pétroliers.
Mme Bregeon a aussi jugé que la situation n'avait "rien à voir" avec 2022, quand les prix de l'énergie avaient augmenté après l'invasion de l'Ukraine par la Russie.
"Démagogues"
Le gouvernement a déjà écarté les propositions jugées "démagogues" du Rassemblement national et de La France insoumise, que ce soit la baisse de la TVA qui coûterait 12 milliards d'euros ou le blocage des prix qui porte un "risque de pénurie".
Le Parti socialiste et les Ecologistes demandent pour leur part des aides pour les plus fragiles.
Si la crise "devait durer", le gouvernement est "prêt à faire évoluer les dispositions déjà prises", avait assuré le Premier ministre la semaine dernière à l'issue d'une réunion avec les partis politiques sur le conflit.
Le rendez-vous jeudi à Matignon avait été annoncé avant de nouvelles attaques contre les installations énergétiques au Moyen-Orient.
La compagnie publique du Qatar a fait notamment état jeudi de "dommages considérables" sur le complexe gazier de Ras Laffan, après de nouvelles attaques de missiles à l'aube sur ce site-clé.
Le président Emmanuel Macron a appelé à un moratoire sur les frappes contre les infrastructures civiles dans la zone, notamment énergétiques, et dénoncé une "escalade inconsidérée" au Moyen-Orient, en appelant à "stopper" les combats pendant l'Aïd el-Fitr, la fête qui marque la fin du ramadan.
"Si les capacités de production elles-mêmes sont détruites, il y aura un impact beaucoup plus durable de cette guerre", a-t-il mis en garde.
@AFP (par A. Renaut)
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