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Port de Marseille Fos : plus de containers malgré ou grâce à la crise dans le détroit d'Ormuz

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Par Rémy Reponty12/07/2026 à 16:15

Le conflit États-Unis-Iran et les difficultés de circulation maritime dans le détroit d'Ormuz ont-ils des conséquences sur l'activité du port de Marseille Fos ? Le premier port de France tire peut-être son épingle du jeu de ces tensions internationales aux répercussions mondiales.

C'est un bilan à la fois contrasté, résilient et profondément ancré vers l'avenir que vient de dévoiler le port de Marseille Fos ce vendredi 10 juillet 2026. Face à une conjoncture internationale mouvante, notre géant portuaire provençal démontre sa formidable capacité d'adaptation. Entre une croissance spectaculaire du trafic de conteneurs, une accélération sans précédent de la transition écologique et des investissements records pour transformer le paysage industriel de Fos-sur-Mer, le premier port de France accélère la cadence. Plongeons ensemble au cœur de ces chiffres qui façonnent l'économie de notre département des Bouches-du-Rhône.

 

L'interview d'Hervé Martel, président du directoire du port Marseille Fos, dans cette vidéo.

 

(Interviews, images et montage Rémy Reponty pour Maitima Medias.)

(Crédit photos et vidéos : Port de Marseille Fos)

 

Le boom du conteneur : Fos-sur-Mer capte les flux mondiaux

Le véritable moteur de ce premier semestre 2026, c'est incontestablement le trafic de conteneurs. Avec 823 127 EVP (Équivalent Vingt Pieds) traités à la fin juin, le port enregistre une hausse spectaculaire de +13 % par rapport à l'année dernière. Cette dynamique est portée à bout de bras par les bassins de Fos qui culminent à 713 321 EVP (+16 %), s'imposant plus que jamais comme la porte d’entrée des grands échanges mondiaux, notamment avec l’Asie et la Chine.

Cette croissance s'explique en partie par une réorganisation des routes maritimes mondiales face aux tensions géopolitiques en Mer Rouge. Interrogé à ce sujet lors de la présentation du bilan, Hervé Martel, président du directoire du port de Marseille-Fos, nous livre son analyse : « On parle beaucoup du détroit d'Ormuz, mais pour nous le plus important c'est l'autre détroit, le détroit de Bab-el-Mandeb, porte de la mer Rouge qui donne accès au canal de Suez... Le canal de Suez est finalement fermé pour les grandes lignes qui font le tour de l'Afrique. On rentre dans la Méditerranée par Gibraltar... d'où saturation de grands ports de transbordement comme Algésiras, Tanger, Valence. Et du coup, report d'une partie du trafic notamment sur le port de Fos parce qu'on avait de la capacité et un niveau de service satisfaisant pour les armateurs. »

Grâce à cette agilité, le port parvient à capter de nouveaux flux de transbordement exceptionnels là où d'autres hubs méditerranéens saturent.

Un plan d’investissement record pour préparer l'avenir

Pour soutenir une telle cadence et préparer la logistique de demain, le port de Marseille Fos sort le grand jeu. Le port prévoit d’investir près de 125 millions d’euros sur l’ensemble de l’année 2026, avec déjà 94,8 millions d’euros engagés au cours de ce seul premier semestre (+19 %). Pour mesurer le chemin parcouru, le port n'investissait que 51 millions d'euros sur l'ensemble de l'année 2020.

Ces fonds soutiennent des projets majeurs, à l’instar de la future Zone de Services Portuaires n°2 (ZSP2) confiée à Guintoli pour 25,9 millions d’euros, qui déploiera 45 hectares dédiés à la maintenance et au stockage de conteneurs, doublée d’une cour ferroviaire de 5,5 hectares pour doper le report modal.

Transition énergétique et industrie : la révolution décarbonée est en marche

Au-delà des marchandises, le port se transforme en un véritable laboratoire européen de la décarbonation industrielle. Les projets d'envergure se bousculent sur la zone de Fos :

  • ArcelorMittal Fos-sur-Mer a redémarré début juillet son deuxième haut-fourneau après trois ans d'arrêt, s'accompagnant de 150 recrutements locaux.

  • Le groupe Marcegaglia injecte 600 millions d'euros supplémentaires (portant son investissement à 1,2 milliard d'euros) pour sa future aciérie décarbonée Mistral.

  • Le projet GravitHy poursuit sa lancée avec l’annonce d'un investissement de 100 millions d'euros par Ecolab.

  • Le projet DEOS, dédié à l'éolien flottant, a été retenu par l'Ademe et bénéficiera d'un soutien de l'État pouvant atteindre 82,6 millions d’euros.

Côté maritime, la transition verte avance à grands pas. Depuis l'inauguration en avril dernier des installations permettant le branchement électrique simultané de 3 paquebots à quai, pas moins de 15 navires ont déjà été mis en service (commissioning). Par ailleurs, la croisière se porte à merveille avec 1,2 million de passagers accueillis à fin juin (+5 %), marqués par des escales prestigieuses comme celle de l'Orient Express Corinthian, le plus long navire à voiles au monde.

Une activité globale résiliente malgré les vracs

Si l’on regarde le trafic global de fret, celui-ci s'établit à 36,4 millions de tonnes, affichant un léger retrait de -3 %. Un recul purement conjoncturel lié à la filière des vracs. Les vracs liquides s'élèvent à 22,4 Mt (-5 %), pénalisés par une baisse de -46 % du GNL (2,2 Mt) due aux suites techniques d'un incident survenu fin 2025, bien que le pétrole brut rebondisse nettement (+10 % à 11,2 Mt). Les vracs solides affichent quant à eux 3,1 Mt (-19 %), impactés par l'écoulement préalable des stocks de la sidérurgie, mais la reprise industrielle en cours laisse présager un second semestre sous de bien meilleurs auspices.

Plus proche de nous et de notre territoire, le port continue de s'ouvrir aux habitants avec plus de 30 000 visiteurs accueillis au Port Center et l'annonce tant attendue de la réouverture de la Digue du Large cet été pour des visites guidées en partenariat avec l’Office de Tourisme. De quoi reconnecter fièrement les Marseillais avec leur littoral !

 

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