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« On se croirait à Bangkok » : entre canicule et budgets serrés, quel bilan estival à Marseille ?3min
Par Michel Montagne08/09/2026 à 14:04
Ce lundi 7 septembre, le « Fil Rouge » de Maritima Radio a pris la température de la cité phocéenne. Du Vieux-Port à la plage des Catalans, notre reporter Michel Montagne est allé à la rencontre de Marseillais. Entre des records de chaleur dignes de la Thaïlande ou de Séville et un pouvoir d'achat en berne, confidences sur un été pas comme les autres.
Les grands panneaux de « l’été marseillais » qui annoncent le 6 septembre comme date limite s’apprêtent à disparaître du paysage, mais la chaleur, elle, joue les prolongations. Sur le Vieux-Port, l’ambiance est lourde, presque tropicale. « On a eu un mois d’août avec énormément de monde, mais la consommation était mitigée », analyse Réno, qui tient l’unique kiosque de presse encore ouvert sur le Vieux-port, juste à côté des navettes en attente de partir pour le Frioul.
« Les gens se sont serré la ceinture »
Pour ce commerçant aux premières loges de l’afflux touristique, le constat est clair : les visiteurs de juillet ont relativement bien dépensé, en revanche, ceux d'août, plus nombreux, ont surtout profité de la ville, surveillant leurs dépenses. « Ça peut se comprendre, avec la conjoncture économique et le climat politique... les gens se sont un peu serré la ceinture. Ils viennent pour les loisirs gratuits : la plage, les balades, les concerts de l’été marseillais, mais ils achètent moins », confie-t-il au micro de Maritima.
Cette année, Marseille a pris des airs d'Asie du Sud-Est. « On se croyait à Bangkok, en Thaïlande, avec ce climat humide qui n'a rien à voir avec le climat méditerranéen habituel », s'amuse Réno qui relaie ainsi le témoignage de touristes étrangers. Un ressenti confirmé par un fidèle client de 91 ans vêtu d'une élégante tenue estivale blanche et bleue : « J'ai connu ça dans les années 40, mais là, ça a beaucoup trop duré. C'est exceptionnel. »
Le « Gang des Catalans » : la mer comme médicament
Changement d’ambiance à quelques arrêts de bus de là, du côté des Catalans. Michel Montagne y a retrouvé son « Gang des Catalans », comme il. a surnommé cette joyeuse bande de seniors qui ne rateraient pour rien au monde leur rendez-vous quotidien avec l’eau salée.
Pour eux, la plage est bien plus qu’un lieu de détente. « Notre médicament, c’est la Méditerranée », avaient-ils lancé à notre reporter avec une énergie débordante lors d'une précédente rencontre. Cet été, à l'image du malicieux Gérard et de la douce Laurence, compagnons de plage, la surfréquentation de la plage était l'occasion, comme des entomologistes le font avec les insectes, d'observer les mœurs et usages des touristes, Mais jamais l'après-midi, trop éprouvant.
Atimad est l'une des poissonnières historiques du Vieux-Port, elle travaile en famille et notamment avec son fils pêcheur. En raison de la canicule, ils ont préféré faire l'impasse sur les deux mois d'été. Avec les chaleurs intenses et pour trouver eux aussi de la fraîcheur, les poissons se réfugient dans les profondeurs, hors de portée des filets. Atimad a donc redémarré sa saison ce week-end, mais si les loups et daurades, magnifiques, sont au rendez-vous dans son étal, il n'en va pas de même des clients qui, pour l'instant, se font désirer.
Rencontrée par hasard rue des Catalans, qui surplombe la plage du même nom, Bénédicte Sire avait un filon pour trouver régulièrement un moyen de se rafraîchir : acquérir un abonnement cinéma illimité et passer chaque jour deux heures confortablement installée devant un film dans une ambiance délicieusement climatisée.
De quoi recharger les batteries pour exercer son activité, Bénédicte se définit comme "baladrice", elle organise des balades urbaines avec des récits de vie concernant notamment des Marseillais.e.s inconnu.e.s mais dont les histoires méritent d'être contées. (tous les renseignements sur son site balades urbaines)
Lire aussi. Fréquentation, hôtels, provenance des voyageurs : les chiffres de l'été à Marseille
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