Bouches-du-Rhône
-
Éducation
Faut-il supprimer l'accès automatique à l'université après le bac ? Syndicats et parents d'élèves dénoncent « un tri social »3min
Par Norhène Ouerfelli10/09/2026 à 18:00
Après la publication d'un rapport sénatorial préconisant de supprimer l'accès automatique des bacheliers à l'université, le ministre de l'Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, a estimé que la place du baccalauréat devra être discutée lors de la prochaine présidentielle. Dans les Bouches-du-Rhône, représentants syndicaux et fédérations de parents d'élèves dénoncent une politique élitiste au détriment des élèves les plus fragiles.
La remise en cause du baccalauréat comme passeport vers l'enseignement supérieur suscite de vives réactions. Interrogé sur la chaîne Public Sénat après la remise du rapport de la commission d'enquête sénatoriale sur l'excellence académique, le ministre de l'Enseignement supérieur Philippe Baptiste a partagé le constat d'un taux d'échec jugé trop important en licence. Soutenant des pistes comme la mise en place d'années de rattrapage post-bac ou de propédeutique pour certaines filières, il a affirmé que « la question de la place du baccalauréat est une question qui doit être discutée au moment de la présidentielle, parce que c'est un grand sujet de société ».
« On enlève le rêve accessible aux enfants en difficulté »
Pour les représentants de parents d'élèves, cette perspective ajoute de la pression à un parcours secondaire déjà jugé éprouvant. Christophe Merlino, président de la FCPE 13, exprime son inquiétude face à ce qu'il qualifie de surenchère sélective : « On attend de savoir quels critères seront suffisants pour accéder aux études supérieures avec, bien sûr, la crainte qu'on sélectionne encore plus nos élèves et qu'on enlève un petit peu le rêve accessible aux enfants en difficulté. »
Selon lui, cette orientation s'inscrit dans un mouvement d'écrémage continu : « Tout ça, ça émane d'une politique qui sélectionne de plus en plus, une politique élitiste que nous dénonçons au quotidien. » Il souligne le climat d'anxiété dans lequel évoluent les lycéens : « Parcoursup vient parfois accroître ce sentiment de stress lié à un avenir incertain. Pour siéger dans les commissions d'appel d'orientation, il ne faut pas qu'on brise le rêve de nos enfants, de nos élèves. Si on continue à sélectionner en menant une politique élitiste, on va casser les ambitions de nos enfants. »
Un « tri social » financé par l'austérité budgétaire ?
Du côté des enseignants, le syndicat SNES-FSU dénonce une logique de restriction budgétaire maquillée en réforme pédagogique. Marion Chopinet, professeure et représentante syndicale du SNES-FSU, estime que cette mesure aggraverait les inégalités d'accès aux études : « Ça va compliquer encore plus les choses et ça va à rebour de tout ce qu'on peut porter nous au SNES-FSU sur les enjeux de démocratisation scolaire et d'accès des élèves au plus haut niveau possible en éducation. »
Elle remet en cause la gestion des capacités d'accueil universitaires : « Parcoursup était déjà un barrage extrêmement important. On était déjà placé dans l'idée de sélectionner les élèves parce qu'il y avait trop d'échec à l'université, et pour masquer en fait un problème de place et un refus de l'État d'investir dans l'enseignement supérieur. »
Pour la représentante syndicale, la remise en cause de l'accès direct frapperait d'abord les publics les plus vulnérables : « On fait des choix pour le supérieur et on est dans cette logique à nouveau du tri social et du tri des élèves. Ce sont les élèves qui ont les parcours les moins connotés comme des parcours d'excellence qui vont le payer, et qui se trouvent le plus souvent être aussi des élèves issus des milieux populaires et les moins favorisés. »
À l’aube de la présidentielle, le débat est lancé !
A lire aussi
France
-
Éducation
Education : les résultats des élèves français au test Pisa n'ont jamais été aussi bas (OCDE)
Marseille
-
Éducation
Hausse des frais des étudiants étrangers : Aix-Marseille Université exonère au cas par cas 1.500 étudiants
Bouches-du-Rhône
-
Éducation
Rentrée scolaire 2026 : le repas maintenu à 3 euros dans les collèges des Bouches-du-Rhône
Istres
-
Éducation
« Moi, je voudrais être éduqué » : au lycée Rimbaud d’Istres, la colère monte face au manque de professeurs

