Istres
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Éducation
« Moi, je voudrais être éduqué » : au lycée Rimbaud d’Istres, la colère monte face au manque de professeurs3min
Par Norhène Ouerfelli08/09/2026 à 06:21
Sept jours seulement après la rentrée, le lycée Arthur Rimbaud à Istres est déjà sous tension. Entre professeurs non remplacés et solutions de secours jugées « catastrophiques », les élèves, qui préparent le Bac, et les enseignants tirent la sonnette d'alarme.
Le constat est amer pour les lycéens d'Istres. Ce 7 septembre, alors que les emplois du temps devraient être stabilisés, devant les grilles du lycée Arthur Rimbaud résonnent de l'inquiétude des élèves. Français, Espagnol, SNT, Technologie ou encore documentaliste : les absences s'accumulent.
« On prend du retard et ça risque d’être la galère »
Pour les élèves de Première, l'enjeu est de taille : les épreuves anticipées du Baccalauréat de français. Pourtant, dès la première semaine, la chaise de leur enseignant est vide. « Ça craint énormément, on n'a aucune nouvelle d'elle. Elle peut ne pas être là pendant très longtemps », s'inquiète un lycéen.
Le manque de professeurs d'espagnol et de français pèse lourdement sur leur moral. « C'est chaud parce qu'on n'a pas cours. Moi, ça me dérange de ne pas avoir français, je voudrais être éduqué ! », lance César, dépité. Un sentiment partagé par ses camarades : « On prend du retard et ça risque d'être assez galère pour la suite. La rentrée, nous on est là, les profs sont censés être là. »
Rachel Varan (SNES-FSU) : « Ce ne sont pas des absences marginales »
Pour Rachel Varan, professeure d'anglais dans l'établissement et représentante syndicale du SNES-FSU, la situation est loin d'être l'exception « marginale » décrite par le ministère. Au total, cinq postes manquent à l'appel.
« On a cinq absences pour un seul établissement. Je trouve que ce n'est pas "marginal" comme le dit le ministre de l'Éducation nationale. Toutes les absences sont graves, mais c'est surtout grave en français », explique-t-elle.
L'absence du professeur documentaliste est également pointée du doigt : « C'est le poumon du lycée quand même, le CDI. Il doit apporter beaucoup d'informations et une pédagogie différente aux élèves. »
Le spectre de la « catastrophe pédagogique » de la visio
L'inquiétude est d'autant plus grande que les solutions proposées par le rectorat l'année dernière ont laissé des traces. Pour pallier une absence en français, des cours en visioconférence avaient été mis en place. Un souvenir cuisant pour Rachel Varan : « L'année dernière, au mois d'octobre, la seule solution que le rectorat a trouvée, c'étaient ces fameux cours en visio. C'était une catastrophe pédagogique. Ça ne fonctionnait pas, le professeur était à moitié visible... Il a fallu qu'on se batte pour avoir un professeur en chair et en os. »
Un système de gestion pointé du doigt
La représentante syndicale dénonce également une gestion humaine et administrative incohérente. Elle cite l'exemple flagrant du cours de Sciences Numériques et Technologie (SNT) :
« Notre collègue contractuelle, qui était là depuis trois ans, n'a su qu'elle ne serait pas reconduite que deux jours avant la rentrée, alors que l'établissement avait déjà prévu son emploi du temps ! Et en face, ils n'ont personne pour remplacer cette contractuelle qu'ils ne veulent plus. On se demande comment ça fonctionne... les manques sont flagrants. »
Désormais, entre inquiétude pour les examens et sentiment d'abandon, le lycée Arthur Rimbaud attend des réponses concrètes. « On est d'emblée inquiets », conclut Rachel Varan. Pour ces lycéens qui ne demandent qu'à apprendre, l'année commence sur une fausse note qui pourrait coûter cher lors des épreuves de juin.
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