Fos-sur-Mer
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Éducation
Fos-sur-Mer : « On nous laisse en école inclusive au détriment de nos enfants », le cri du cœur d’une maman d’élève autiste2min
Par Manuel Danloy06/09/2026 à 08:00
À Fos-sur-Mer, la rentrée scolaire d'Elio, 6 ans, est marquée par l'angoisse. Sa maman, Priscillia, a témoigné au micro de Maritima Radio sur la réduction drastique de l'accompagnement de son fils autiste : ses heures d'AESH sont passées de 12h à seulement 5h par semaine. Un combat quotidien contre un système à bout de souffle.
Le passage de la maternelle au CP est une étape majeure pour n'importe quel enfant. Pour Elio, petit Fosséen de 6 ans atteint d'autisme, c'est un saut dans l'inconnu teinté de stress. Si la rentrée de mardi s'est « plutôt bien passée », l'avenir immédiat de sa scolarité est une source d'angoisse permanente pour sa mère, Priscillia.
« De 12 heures à 5 heures d’accompagnement »
Le cœur du problème réside dans l'accompagnement humain, indispensable à la réussite et au bien-être d'Elio. « Mon fils avait droit à 12h l’année dernière et cette année ça a été réduit à 5h », explique Priscillia. Une décision administrative qui semble déconnectée des besoins réels de l'enfant en milieu scolaire classique.
Pire encore, l'incertitude plane chaque matin : « Aujourd’hui (jeudi, ndlr), on a demandé à la maîtresse si l’AESH sera présente, elle n’a pas pu nous répondre. » Sans cette aide, la scolarisation d'Elio devient une mission impossible pour l'enseignante et un calvaire pour l'enfant.
L’illusion de l’école inclusive ?
Priscillia ne cache pas sa colère face au concept d'« école inclusive » tel qu'il est appliqué aujourd'hui, pointant du doigt un manque de moyens nationaux qui retombe sur les épaules des familles et des enseignants. « On nous laisse nos enfants en école inclusive au détriment des maîtresses, des autres élèves et surtout au détriment de nos enfants à nous. »
La maman souligne également l'impasse des structures spécialisées : pour obtenir une place en SESSAD (Service d’Éducation Spéciale et de Soins à Domicile), le délai d'attente annoncé est de 4 ans et demi. « C'est le budget de l'État... on réduit les heures alors que les professionnels demandent l'augmentation », déplore-t-elle.
La crainte de la régression et de l’auto-mutilation
Derrière les chiffres et les heures de présence, c'est la santé mentale d'un petit garçon qui est en jeu. Priscillia se souvient avec douleur des conséquences des ruptures d'accompagnement passées :
« Il y a deux ans, on lui a changé son aide et il a eu des auto-mutilations. Est-ce que cette année ça va se reproduire ? On ne sait pas, on est dans l’angoisse. »
Pour cette maman de Fos-sur-Mer, la communication avec l'école est constante, mais elle ne peut pas tout régler. « Il a un trouble, on ne peut pas aller au-dessus. On sait que ça va mal se passer, mais on espère quand même. On se laisse porter, on n’a pas le choix. »
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