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Plan écoles à Marseille : la justice saisie sur la gestion des chantiers2min
Par Maritima 03/02/2026 à 13:43
L'ex-préfet des Bouches-du-Rhône a saisi la justice sur des soupçons de mauvaise gestion des chantiers du vaste plan écoles à Marseille, a révélé le média en ligne Blast, le maire réclamant mardi que "toute la lumière soit faite" sur ces accusations.
Selon Blast, l'ancien préfet des Bouches-du-Rhône Georges-François Leclerc a saisi le procureur de la République de Marseille au titre de l'article 40 pour des faits "constitutifs d'infractions à la loi pénale et notamment de délits de favoritisme".
Contacté par l'AFP, le parquet de Marseille a confirmé mardi l'ouverture d'une enquête préliminaire à la suite de ce signalement.
L'école Saint-André de la Castellane, située dans les quartiers Nord, serait notamment dans le viseur. Sa reconstruction a pris du retard en raison d'un litige avec l'entreprise ayant le marché public ce qui a obligé les autorités à trouver une alternative notamment par le rachat de préfabriqués afin que les élèves puissent effectuer leur rentrée, croit savoir Blast.
D'après le média, la société publique des écoles marseillaises (SPEM), co-dirigée par l’État et Ville, en charge de la mise en place du chantier titanesque de reconstruction, de rénovation et de modernisation des écoles publiques de Marseille, d'1,5 milliard d'euros, est accusée de ne pas avoir respecté le cadre législatif pour racheter les nouveaux bâtiments modulaires.
La rénovation des écoles marseillaises, qui étaient dans un état d'insalubrité régulièrement pointé du doigt, s'inscrit dans le cadre du plan Marseille en Grand, lancé en 2021 par Emmanuel Macron pour aider la deuxième ville de France à rattraper ses retards historiques.
Interrogé par l’AFP, l'entourage de Macron estime que l’ex-préfet, actuel directeur de cabinet du président de la République, "a fait ce qu’il devait faire dans les fonctions qui étaient les siennes pour préserver l'intégrité d’un projet présidentiel".
La Ville de Marseille indique dans un communiqué avoir "pris connaissance par voie de presse" de ce signalement et "le maire de Marseille s'étonne que son co-actionnaire, le préfet de l’époque, n'ait pas informé l'ensemble du Conseil d'Administration et des actionnaires du signalement dont il était destinataire".
Benoît Payan, maire divers gauche candidat à sa succession aux municipales de mars, a donc lui-même signalé l'article de Blast au procureur de la République "pour que toute la lumière soit faite sur les faits rapportés".
Ces révélations, en pleine campagne, n'ont pas manqué de faire réagir.
Pour le candidat LFI Sébastien Delogu "les faits dénoncés sont graves": il intime Benoit Payan de "s'expliquer". Pour le RN Franck Allisio, ces accusations rappellent "les heures sombres du Guérinisme", en référence à l'ex-président socialiste des Bouches-du-Rhône, Jean-Noël Guérini, définitivement condamné en 2024 pour une affaire de marchés publics truqués. Le camp de Martine Vassal (divers droite) se demande lui si M. Payan ne doit pas se "retirer".
Sur l'enveloppe totale de 1,5 milliard d'euros du plan, 400 millions ont été injectés par l'État pour la réhabilitation ou reconstruction de 188 établissements sur les 470 d'ici 10 ans.
Depuis, ce sont "27 écoles" qui sont sorties de terre, "une prouesse" en dépit des couacs juridiques, s’était félicité en septembre le maire, qui a fait de ce sujet une priorité de son mandat.
© Agence France-Presse
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