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Marseille : à l'école de l'excellence, les Compagnons du Tour de France ouvrent leurs portes

3min

Par Maritima 27/03/2026 à 17:48

Ce vendredi, le "Fil Rouge" de Maritima s’est arrêté au cœur du 14e arrondissement de Marseille, au 7 boulevard Pons. Notre reporter Michel Montagne a poussé les portes de la Fédération des Compagnons du Tour de France. Entre bruits de scies, odeurs de bois précieux et quête de sens, immersion dans un lieu où l’on façonne bien plus que de la matière : des destins.

"Ici, ça bosse dur, ce n'est pas comme dans les studios de Maritima !" plaisante Michel Montagne au micro, alors que les premiers coups de marteau résonnent dans l'atelier charpente. Toute la matinée, la radio a vibré au rythme des ateliers de menuiserie, de couverture et d'ébénisterie. Un voyage immobile au cœur d'une institution séculaire qui, pourtant, n'a jamais été aussi moderne.

 

Le "chef-d'œuvre" : le Graal des Compagnons

Quand Michel Montagne, encore lui, s'inquiète avec malice de savoir si les Compagnons ne sont pas une "secte", amusée, Manon Magnin, responsable du développement le rassure : les Compagnons sont avant tout une école de la vie et de la transmission. Le concept ? Un parcours de 6 à 7 ans à travers différentes villes de France pour décrocher le précieux statut.

"L’objectif est de se professionnaliser et d'apprendre différentes techniques dans les régions", poursuit-elle. Le point d'orgue de ce parcours est la réalisation d'une maquette finale, le fameux chef-d'œuvre"Il n'y a pas un nombre d'années défini, c'est en fonction de ce qu'on souhaite, mais il faut compter en moyenne 5 ans pour présenter son chef-d'œuvre".

 

 

Menuiserie : quand les ex-journalistes et les artistes "touchent la matière"

Dans l'atelier menuiserie, l'ambiance est bruyante, port du casque obligatoire. Ici, on croise des profils surprenants en pleine reconversion. Léo, 29 ans, ancienne coordinatrice de projets dans les milieux associatifs et diplômée des Beaux-Arts, a franchi le pas : "J’avais envie de toucher à la matière, de quitter l'administratif."

Même constat pour Margot, 33 ans, ancienne journaliste et organisatrice de festivals : "J'avais envie de travailler avec mes mains, moins de bureau, moins d'ordinateur". Pour elle, le bois est une révélation, malgré quelques préjugés qui subsistent sur les chantiers : "Il faut parfois se tenir devant les mecs qui nous embêtent", confie-t-elle avec détermination, soulignant en revanche une mixité épanouie au sein des Compagnons.

Pierre, formateur passionné, confirme cette féminisation croissante depuis une quinzaine d'années : "C’est un métier de passion et il faut être courageux car la matière est frustrante. L’arbre est coupé, mais il reste vivant, il bouge !"

 

 

Ébénisterie et marqueterie : l’art de sublimer le temps

Plus loin, le silence se fait plus dense dans l'atelier d'ébénisterie. On y apprend à "habiller un meuble de placages magnifiques", décrit Anne, elle-même en reconversion et qui, après avoir travaillé dans la restauration culinaire, passe à la restauration de meubles".

L'innovation est aussi au rendez-vous avec la marqueterie de paille, une technique très en vogue. Lucas, formateur, initie les élèves à cette discipline méticuleuse : "On fait des motifs géométriques avec de la paille de toutes les couleurs". Pour Théophile, apprenti, c'est une fierté : "On fait quelque chose que la machine ne peut pas faire". Dans une société de plus en plus dématérialisée, ce retour au geste manuel est vécu comme un acte de résistance et d'épanouissement.

 

Journées Portes Ouvertes : trouvez votre vocation demain !

Si vous aussi, vous cherchez du sens ou que vous souhaitez découvrir ces métiers d'exception, les Compagnons vous accueillent encore ce samedi. Maçonnerie, menuiserie, ébénisterie, charpente, couverture-zinguerie, ... des secteurs où la demande des entreprises est immense et auprès desquelles le passage chez les Compagnons du Tour de France a valeur de sésame.

 

 

Infos pratiques :

"On n'est jamais trop vieux pour apprendre", conclut Manon Magnin.
À Marseille, la relève est prête, et elle a le goût du travail bien fait.

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