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Éducation,
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Interdiction du portable au lycée : « On n’a pas de vie scolaire pour faire la patrouille », prévient un proviseur marseillais3min
Par Didier Gesualdi31/08/2026 à 06:30
C’est la mesure phare de cette rentrée 2026 : l'extension de l'interdiction du téléphone portable aux lycées. Si l'objectif éducatif fait consensus, sa mise en œuvre sur le terrain ressemble à un casse-tête pour les chefs d'établissement. Invité sur Maritima Radio, Jean-Marie Queinnec, secrétaire académique du SNPDEN et proviseur à Marseille, tempère l'enthousiasme ministériel et pointe un manque de moyens humains.
Après les écoles et les collèges, c’est au tour des lycéens de devoir (théoriquement) débrancher. Pour Jean-Marie Queinnec, le constat de départ est indiscutable : « C’est une loi éducative qui part d’un constat largement établi : les jeunes ont des difficultés de concentration liées à l’utilisation parfois trop intensive du téléphone portable et des réseaux sociaux. »
Pourtant, entre l'esprit de la loi et la réalité des couloirs, le fossé est immense. Au micro de Didier Gesualdi, le représentant du premier syndicat des chefs d'établissement (SNPDEN) dénonce un calendrier « utopique » et une application qui sera forcément « à la carte » selon les établissements.
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« Pas de patrouille dans les couloirs »
Le principal obstacle à une interdiction totale ? Le manque de bras. Contrairement au collège, le lycée est un lieu de plus grande autonomie où les flux d'élèves sont complexes à surveiller. « On va faire au mieux, mais il s'agit parfois de moyens humains. Pour l’interdiction dans les couloirs, il va falloir voir avec les professeurs. C’est sûr qu’on n’a pas de vie scolaire dans les lycées qui vont faire la patrouille. »
Jean-Marie Queinnec plaide pour une approche par « cercles concentriques ». Si le sanctuaire de la classe reste la priorité, des zones de tolérance pourraient subsister. « Dans chaque établissement, on va voir jusqu’où cette loi nous permet de limiter l’usage du portable dans les autres espaces : bâtiments, CDI, maison des lycéens, cour... »
Le maintien des usages pédagogiques
Que les élèves se rassurent, le numérique ne va pas disparaître totalement des salles de classe. La loi prévoit des exceptions pour l'usage pédagogique, sous le contrôle d'un adulte. « Cela peut être la consultation de Pronote ou du cahier de texte en ligne. Ce n'est pas remis en cause », précise le proviseur marseillais.
L'enjeu majeur reste la protection de la vie privée et la lutte contre le cyber-harcèlement : « La captation d'images fixes et mobiles, ainsi que la captation de sons, reste absolument interdite partout, et pour tout le monde. »
Violences sexistes et sexuelles : un questionnaire pour 10 millions d'élèves
Au-delà du portable, cette rentrée 2026 est marquée par une autre nouveauté : l'instauration d'un questionnaire annuel sur les violences sexistes et sexuelles (VSS), de la grande section à la terminale. Un sujet grave que l'Éducation nationale souhaite traiter frontalement. « C’est un problème qui ne va pas se résoudre du jour au lendemain, mais il faut maintenant l’aborder sérieusement. Les statistiques nous disent que trois enfants par classe sont victimes d’une forme ou d’une autre de VSS. L'école est le lieu où l'on peut le faire. »
Alors que les équipes pédagogiques, les agents et le secrétariat sont déjà au travail pour préparer l'accueil des élèves lundi prochain, Jean-Marie Queinnec rappelle que la rentrée reste « toujours un bon moment », malgré les nouveaux défis qui attendent le monde enseignant.
Lire aussi. Interdiction du portable au lycée : l'avis de la FCPE 13
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