Bouches-du-Rhône
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Sangliers et loups dans les Bouches-du-Rhône : le rôle des 22 nouveaux lieutenants de louveterie 3min
Par Maritima 06/02/2026 à 09:32
Face à l'invasion croissante des sangliers dans les zones urbaines et l'apparition du loup en plaine, le Préfet des Bouches-du-Rhône a décidé de porter à 22 le nombre de lieutenants de louveterie dans le département. Invité de la matinale sur Maritima Radio, Patrice Galvand, vice-président de l'association, souligne une cohabitation devenue difficile.
Ils sont le bras armé de l’État, agissant là où la chasse traditionnelle s'arrête. Dans les Bouches-du-Rhône, ils sont désormais 22 bénévoles assermentés — dont 5 nouvelles recrues — à porter l'uniforme vert des lieutenants de louveterie. Leur mission ? Réguler une faune sauvage qui ne connaît plus de frontières, des forêts de la Sainte-Victoire jusqu'aux quartiers résidentiels de Marseille.
« Le sanglier est en bonne santé, ses populations explosent »
Si la chasse reste le premier levier de régulation, elle ne suffit plus. Au micro de Cassandre Amouroux, Patrice Galvand explique ce phénomène : « On a une explosion des populations de grands mammifères (chevreuils, cerfs, sangliers). Pourquoi ? Parce que les milieux ont évolué. La forêt a regagné du terrain, certains territoires ne sont plus assez chassés et le sanglier trouve de la nourriture partout. »
Conséquence directe : les nuisances se multiplient. « Cela va des collisions routières aux dégâts agricoles, en passant par la présence d'animaux dangereux aux abords des habitations, notamment dans les zones péri-urbaines de Marseille ou d'Aix-en-Provence, » précise le lieutenant.
Louveterie vs Chasse : quelle différence ?
Contrairement aux chasseurs, les lieutenants de louveterie exercent une mission de service public sous l'autorité directe du Préfet. Ils interviennent souvent de nuit ou dans des secteurs où l'usage des armes est strictement encadré.
« Nous sommes des hommes de terrain, des bénévoles disponibles 24h/24 pour répondre aux sollicitations de la Direction Départementale des Territoires et de la Mer (DDTM), » rappelle Patrice Galvand. Leur rôle ne s'arrête pas au prélèvement : ils assurent une véritable police sanitaire, surveillant des maladies comme la tuberculose ou la grippe aviaire.
Le loup dans les Bouches-du-Rhône : « On commence à être touchés »
C’est le nouveau dossier brûlant sur le bureau des louvetiers. Si la présence du prédateur est historique dans les Alpes, elle devient une réalité concrète en Provence. « On a un lien étroit avec la Préfecture sur ce sujet. On reçoit des informations sur les attaques qui ont lieu sur nos territoires, » confie Patrice Galvand.
Bien que les mesures de tir restent encore "anecdotiques" par rapport aux départements voisins, l'avenir inquiète. « C’est un enjeu majeur pour les éleveurs. L'avenir nous dira si nous aurons de plus en plus d'attaques en plaine. Nous sommes là pour aider au mieux les agriculteurs. »
Un nouveau découpage pour plus d'efficacité
Pour couvrir les zones les plus critiques, comme les Calanques ou les vastes communes de l'ouest (Arles, Saint-Martin-de-Crau), le département a été redécoupé. L'objectif est simple : réduire les délais d'intervention et protéger les cultures comme les quartiers habités.
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