LogoMaritima
LogoMaritima

Bouches-du-Rhône

-

Environnement

Qualité de l’air en PACA : « L’action est efficace, mais le réchauffement climatique annule nos efforts », l'alerte d'Atmosud sur Maritima

2min

image

Par Didier Gesualdi16/09/2026 à 11:01

Malgré une baisse record des émissions polluantes, les épisodes de pollution à l’ozone persistent dans les Bouches-du-Rhône. En cause : des vagues de chaleur plus intenses qui transforment l’atmosphère en véritable « réacteur ». Invité de Maritima ce matin, Damien Piga, directeur des relations extérieures chez Atmosud, dresse le bilan d’un été 2026 contrasté et livre ses conseils pour préserver sa santé.

Canicule, incendies, poussières sahariennes… l’été 2026 n’a pas épargné nos poumons. Pourtant, les chiffres d’Atmosud révèlent un paradoxe étonnant. Invité sur Maritima radio, Damien Piga explique que si la pollution est toujours bien présente, les sources humaines de pollution sont en net recul.

 

16 épisodes de pollution depuis juin dans les Bouches-du-Rhône

Le bilan comptable de cet été semble, à première vue, plus clément que les années précédentes. « Sur les Bouches-du-Rhône, on a comptabilisé 16 épisodes de pollution depuis le mois de juin. Ça n’en fait pas un été exceptionnel si on regarde l’année 2025 où nous étions à 25 jours, ou 2022 avec 26 jours », tempère l’expert.

Toutefois, le ressenti reste celui d’un air dégradé. L’ozone, principal polluant estival, commence désormais à sévir dès le mois de mai et peut se prolonger jusqu'en octobre.

 

Le paradoxe de l'ozone : moins d'émissions, autant de pollution

C’est le point le plus frappant de cette interview : nos efforts pour réduire la pollution routière et maritime fonctionnent, mais le climat joue les trouble-fête.

« Les émissions de polluants sont en forte baisse chez nous. Pour les oxydes d’azote, principalement liés aux transports routiers et maritimes, elles ont baissé de 37 % », révèle Damien Piga. Mais alors, pourquoi l’air ne s’améliore-t-il pas plus vite ? « L'ozone a besoin de polluants pour se former, mais aussi de soleil et de chaleur. Le réchauffement climatique, de plus en plus présent avec des épisodes de chaleur intenses, vient annuler une partie de nos efforts. »

 

Poussières du Sahara et méga-feux canadiens

L’été 2026 a aussi été marqué par des phénomènes venus d’ailleurs. L’air que nous respirons ne connaît pas de frontières. « On a eu des panaches d'incendies canadiens qui ont traversé l’océan et touché notre territoire. On a aussi de plus en plus d’épisodes de poussières sahariennes », souligne le responsable d'Atmosud. Ces particules plus grosses impactent également la santé et leur fréquence est en hausse directe avec l’énergie supplémentaire présente dans l'atmosphère.

 

Les bons réflexes : « Il faut continuer à aérer son logement »

Face à ces pics de pollution, Damien Piga rappelle des règles simples mais essentielles :

  • Le sport : « Éviter les activités sportives intenses lors des pics, et privilégier les sorties tôt le matin ou tard le soir, quand il fait plus frais. »

  • L’habitat : c'est un point crucial souvent méconnu. « Il faut bien penser à continuer à aérer son logement, même en période de pollution, car l'air intérieur est aussi pollué. Un minimum de 10 minutes deux fois par jour est nécessaire. » La seule exception : la proximité immédiate d'un incendie.

 

Un espoir pour les 10 prochaines années

Malgré ce tableau complexe, Damien Piga reste optimiste pour l’avenir de la Provence. « En 10 ans, on a eu une amélioration. On respire quand même beaucoup mieux en France et dans les Bouches-du-Rhône qu’il y a 10 ans. Si on poursuit les efforts de réduction des émissions, on devrait avoir une tendance à l'amélioration. » Mais le message est clair : si l'on s'arrête maintenant, le réchauffement climatique prendra le dessus et la situation se dégradera.

 

Les chiffres clés à retenir :

  • 16 jours d'épisodes de pollution cet été dans le 13.

  • -37 % d'émissions d'oxydes d'azote sur le territoire.

  • 10 minutes : la durée recommandée d'aération du logement, deux fois par jour.

 

Lire aussi. Ozone, incendies et sable du Sahara : le cocktail toxique qui menace l'air provençal

A lire aussi


Chèvres errantes de l'A55 : 98 bêtes capturées et déplacées vers Saint-Étienne-du-Grès

Châteauneuf-les-Martigues

-

Environnement

Chèvres errantes de l'A55 : 98 bêtes capturées et déplacées vers Saint-Étienne-du-Grès

Étang de Berre : des centaines de poissons morts à Saint-Chamas, les explications du GIPREB

Saint-Chamas

-

Environnement

Étang de Berre : des centaines de poissons morts à Saint-Chamas, les explications du GIPREB

Épisodes méditerranéens : « Chaque épisode est plus inquiétant », l'alerte d’Eric Pourtain (CYPRES) sur Maritima

Martigues

-

Environnement

Épisodes méditerranéens : « Chaque épisode est plus inquiétant », l'alerte d’Eric Pourtain (CYPRES) sur Maritima

Requins, biologistes et institut marin : plongée au Seaquarium du Grau-du-Roi

Région sud

-

Environnement

Requins, biologistes et institut marin : plongée au Seaquarium du Grau-du-Roi

93.6 & 87.9 FM

Abonnez-vous à la newsletter
pour suivre notre activité et obtenir des offres