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Châteauneuf-les-Martigues

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Environnement

Chèvres errantes de l'A55 : 98 bêtes capturées et déplacées vers Saint-Étienne-du-Grès

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Par Norhène Ouerfelli14/09/2026 à 18:05

Après plus de dix ans de divagation, d'accidents de la route et de dégâts sur les cultures locales, une centaine de chèvres errantes de la Côte Bleue s'apprêtent à démarrer une nouvelle vie.

Capturées puis placées en quarantaine à Châteauneuf-les-Martigues, 98 d'entre elles ont subi un contrôle sanitaire strict et ont été baguées ce lundi matin avant de rejoindre le domaine de Brice, un éleveur basé à Saint-Étienne-du-Grès.

 

Un contrôle sanitaire rigoureux avant le départ

Avant d'autoriser le transfert, le Groupement de Défense Sanitaire des Bouches-du-Rhône (GDS13) a procédé aux examens obligatoires. Sabine Atger, directrice du CDS13, détaille les analyses effectuées : « On cherche des analyses réglementaires qui sont la brucellose, et après on recherche d'autres analyses qui peuvent être nécessaires pour l'éleveur en fonction de sa demande, par exemple la fièvre Q et la chlamydiose abortive, qui peuvent causer des problèmes dans son élevage après. C'est pour ça qu'il y a la quarantaine déjà avant, il va y avoir aussi une quarantaine chez lui. On va attendre les résultats et on va voir ce qui se passe. Et si éventuellement il y a des vaccins ou autres choses à faire sur les animaux, ce sera fait. Il y a également ce qu'on appelle des coprologies qui sont faites pour voir s'il y a des parasites sur les animaux et pouvoir traiter en fonction. »

 

L'écopastoralisme pour entretenir les bords de la Durance

Pour Brice, éleveur installé à Saint-Étienne-du-Grès, l'arrivée de ce troupeau représente un renfort bienvenu pour son activité d'entretien naturel des espaces :« J'avais déjà une centaine de chèvres du Rove et ça complétera le troupeau. Moi j'ai les chèvres du Rove, c'est pour compléter. Comme on fait manger au bord de la Durance, on fait manger les Cannes, des frênes, et la chèvre se défendra facilement là-dedans. »

Face aux 500 hectares de parcours qu'il doit entretenir, l'apport de ces nouvelles bêtes répond à un besoin concret : « On a déjà un gros parcours de 500 hectares et justement il nous manquait des bêtes pour nettoyer le bord de la Durance. On a un contrat de nettoyage et ça va favoriser le travail. »

 

Un travail intercommunal face aux enjeux de sécurité

À Châteauneuf-les-Martigues, l'opération marque une étape importante. Roland Mouren, maire de la commune, souligne le caractère vertueux de ce transfert : « Elles ont fini la quarantaine, on fait le contrôle sanitaire, on les identifie par les bagues et maintenant elles partent chez un éleveur qui pratique l'écopastoralisme, donc c'est que de la vertu. »

Si l'attachement des habitants envers ces animaux reste présent, la situation nécessitait une intervention pour éviter la prolifération du troupeau : « Il y a de l'affection, c'est beau ces chèvres qui se promènent avec les petits chevreaux... Mais il y a des problèmes de sécurité sanitaire, sécurité routière et dégradation des vignes, on ne peut pas les laisser se multiplier. On a fait déjà il y a quelques années une première opération, ce sont 1 300 chèvres qui ont été levées du secteur. Si on n'avait rien fait, il y en aurait 5 000 ou 6 000 aujourd'hui. Là il y en a une centaine qui partent, sur la colline de Châteauneuf on me dit 150, et après il y en a sur Ensuès, sur Carry. »

Le maire rappelle également l'importance de la concertation entre les villes voisines : « C'est un travail intercommunal parce que les chèvres ne connaissent pas les frontières entre les communes. On travaille avec la commune d'Ensuès, la commune de Carry qui va participer. Pour être efficace, il faut travailler ensemble. »

 

Réguler le troupeau tout en préservant l'équilibre local

Pour Michel Illac, maire d'Ensuès-la-Redonne, cette action conjointe concrétise des démarches engagées depuis plusieurs années : « Il y a des années qu'on est sur ce dossier et là on est satisfait de voir que cette action va permettre d'avancer encore un petit plus dans la régulation du troupeau. »

L'objectif affiché n'est pas de faire disparaître totalement les chèvres du paysage, mais de ramener les effectifs à un niveau raisonnable : « On ne peut pas enlever toutes les chèvres, on régule. Ça veut dire qu'on va laisser une bonne moitié et le reste on va diminuer tous les risques et les problèmes vécus. On est tous attachés, on a de l'empathie, mais il faut quand même regarder tout ce qu'il y a autour : pour les chèvres d'ailleurs qui se font tuer, pour la problématique sanitaire et puis pour les cultures. »

Une opération réussie sur toute la ligne qui en appelle d'autres : dès l'arrivée des beaux jours, de nouvelles campagnes de capture et de transfert seront déployées pour continuer à réguler sereinement le troupeau de la Côte Bleue.

 

Lire aussi. Châteauneuf-les-Martigues : près de 90 chèvres errantes mises à l’abri avant leur départ vers l’écopastoralisme

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