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Environnement
À Marseille, Septentrion Environnement lance Canopée pour protéger la Méditerranée 3min
Par Davy Moisson04/02/2026 à 13:17
Et si l’avenir de la Méditerranée se jouait… entre 30 et 150 mètres de profondeur ? À Marseille, l’association Septentrion Environnement vient de franchir une étape historique avec le lancement de Canopée, son projet de recherche le plus ambitieux à ce jour, soutenu par un financement exceptionnel de 900 000 euros de la Fondation du Crédit Mutuel.
Créée il y a près de vingt ans, Septentrion Environnement se définit comme un institut de recherche et de formation en écologie marine, profondément ancré sur le territoire méditerranéen. « Nous sommes à la fois une structure de recherche appliquée et un centre de formation aux métiers de la mer », explique Tristan Estaque, chargé de missions scientifiques. « Tout ce que nous apprenons sur le terrain, nous le transmettons aux futurs professionnels de demain. »
Une zone méconnue, mais essentielle
Au cœur du projet Canopée : la zone mésophotique, un espace marin situé entre 30 et 150 mètres de profondeur. Un monde encore largement inconnu du grand public… et même de la science.
« C’est une zone que l’on définit comme un refuge potentiel pour les espèces qui souffrent du changement climatique et des pressions humaines en surface », résume Tristan Estaque.
L’objectif est clair : cartographier cette zone en Méditerranée française, évaluer son état de santé et mieux comprendre les communautés qui y vivent, notamment les poissons et les “forêts animales marines”, formées par des espèces comme les gorgones. « Elles jouent le même rôle qu’une forêt sur terre : elles abritent, nourrissent et protègent une multitude d’espèces », souligne le scientifique.
Interview de Tristan Estaque au micro de Davy Moisson :
Un enjeu écologique… et humain
Pourquoi s’intéresser à ces profondeurs ? Parce que ce refuge concerne aussi directement l’être humain.
« C’est une zone de transition entre les petits fonds côtiers, très utilisés par l’homme, et les grands fonds. On y trouve des espèces que nous consommons, comme certains poissons ou les langoustes », rappelle Tristan Estaque.
Mieux protéger la zone mésophotique, c’est donc donner une chance aux espèces de s’adapter, et peut-être, demain, de réensemencer les zones de surface.
Drones sous-marins et science de l’image
Pour explorer ces profondeurs, Septentrion Environnement s’appuie sur des technologies innovantes : drones sous-marins (ROV), captations vidéo, intelligence artificielle.
« Les robots nous permettent d’aller là où la plongée humaine est très contraignante, tout en multipliant les zones explorées », explique Tristan Estaque. L’image devient alors une source précieuse de données, analysées ensuite par les chercheurs.
Une science ouverte à tous
Canopée ne se limite pas à la recherche. La médiation scientifique est un pilier central du projet. Expositions photo, conférences, événements dans les villes-étapes, mais aussi plongées retransmises en direct pour le public et les scolaires.
« L’idée, c’est de montrer en temps réel ce qui se passe sous l’eau, de dialoguer, de partager l’émerveillement », confie le scientifique.
Et nous, que peut-on faire ?« Tout le monde peut agir », rappelle Tristan Estaque. Les plongeurs peuvent s’engager dans les sciences participatives, tandis que chacun peut, à son échelle, réduire son impact et surtout s’informer. « Comprendre, c’est déjà agir. C’est comme ça que les choses
L'info en plus :
Retrouvez tout l'actualité de l'association Septentrion Environnement sur le site officiel.
Crédit photos : SEPTENTRION ENVIRONNEMENT
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