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« Saint-Cannat c'est les bouchons » : le projet de déviation enfin relancé pour libérer le village

4min

Par Maritima 03/02/2026 à 08:00

En projet depuis plus de cinquante ans, le contournement de la départementale 7 est espéré par les riverains et commerçants, épuisés par les nuisances de 17 000 véhicules quotidiens.

C’est un dossier que les habitants du secteur connaissent par cœur, une promesse d'aménagement du territoire qui traverse les années sans jamais s'être concrétisée jusqu'ici. À Saint-Cannat, commune située sur un axe stratégique des Bouches-du-Rhône, la vie quotidienne est rythmée par le flux incessant des moteurs. Patrick Gramondi, 68 ans, président du Collectif d'Action pour la Déviation de Saint-Cannat, rappelle la genèse de ce projet au long cours : « On en parlait déjà dans les années 60. Il a été officiellement pour la première fois demandé par le maire de l'époque et il a été inscrit au plan d'occupation des sols en 1971 ».

Pourtant, un demi-siècle plus tard, la route départementale continue de déverser son flot de véhicules au cœur du village. Saint-Cannat est, selon M. Gramondi, « un nœud avec un énorme trafic avec cinq routes qui se croisent en centre-ville ». Les chiffres du département sont éloquents : « plus de 17 000 véhicules par jour » traversent la commune. 

 

Un quotidien marqué par l'insécurité et le bruit

Pour les habitants, cette densité de trafic est une épreuve physique et nerveuse. Thierry, retraité, résidant dans une maison de village depuis douze ans, décrit une situation devenue difficilement tenable. Ses fenêtres donnent sur cette route. Pour lui, « c'est d'abord un enjeu de sécurité ». La cohabitation entre piétons et véhicules est source de stress permanent. « J'ai ma voisine juste à côté qui s'est fait renverser avec sa fille sur un passage clouté », confie-t-il, soulignant que « essayer de traverser la nationale à certaines heures quand vous êtes piéton, c'est un casse-tête ».

Les nuisances ne s'arrêtent pas aux dangers de la route. La pollution sonore et les vibrations dégradent le bâti et la tranquillité des foyers. Thierry raconte une anecdote survenue au mois d'août, lorsque la fenêtre de sa chambre, pourtant renforcée, « est tombée toute seule devant mes pieds ». Il attribue cet incident aux vibrations causées par les poids lourds et les convois exceptionnels qui traversent la ville, parfois en pleine nuit et à une vitesse élevée. Il évoque ces moments où, l'autoroute étant fermée, « vous avez des convois de 36 tonnes qui déboulent à 80 km/h à 2h du matin dans le centre du village ».

Patrick Gramondi confirme ce diagnostic, notant que malgré l'interdiction théorique aux plus de 26 tonnes, « elle n’est pas vraiment respectée ». 

 

L'impact économique : le trafic comme « effet répulsif »

Si les riverains souffrent, le tissu économique local est lui aussi impacté. Contrairement aux idées reçues qui voudraient que le passage favorise le commerce, la congestion automobile semble au contraire décourager la clientèle locale. Sandrine Cutillo, gérante de la boulangerie La Gourmandine et installée depuis 18 ans, est catégorique : « Il y a pas mal de clients qui ne viennent pas chez nous par rapport à la nationale... ils ont du mal à traverser ».

 

 

L'image de la commune en pâtit sérieusement. « Saint-Cannat en fait y a beaucoup de personnes, la première chose qu'ils disent : les bouchons. Voilà. Saint-Cannat c'est les bouchons », déplore la commerçante. Elle décrit un véritable « effet répulsif » pour les automobilistes coincés dans les embouteillages interminables, notamment lors des chassés-croisés estivaux où « c'est l'enfer ».

 

Vers une issue à l'horizon 2030 ?

L’enjeu dépasse la simple fluidification du trafic : il s'agit de redonner vie à une commune coupée en deux. Pour Thierry, l'habitant de la nationale 7, l'espoir est immense : « C'est le village tout entier qui va revivre [...] À partir du moment où vous avez un village qui est plus serein, vous avez envie d'y venir, d'y passer du temps ». Une vision partagée par la boulangère Sandrine Cutillo: « Pour le bien-être du village, il faut que la déviation se fasse ».

Face à cette situation, la mobilisation citoyenne a permis de relancer la machine administrative. Le collectif présidé par Patrick Gramondi a œuvré pour que le département informe et réponde aux questions. Aujourd'hui, une dynamique de concertation semble installée, réunissant mairie, département et représentants des habitants.

Le calendrier est désormais fixé, avec une échéance cruciale : « la date butoir... l'échéance de la déclaration d'utilité publique est au 27 février 2030 ». D'ici là, le département doit impérativement avoir acquis le foncier nécessaire — soit 187 parcelles — et engagé les travaux. Une procédure complexe qui pourrait nécessiter des expropriations si les négociations amiables n'aboutissent pas.  Si la déviation est une libération pour le centre, elle constitue un bouleversement majeur pour une vingtaine de foyers situés sur le futur tracé. Actuellement entourées de terres agricoles et de calme, la plupart de ces habitations verront leur environnement radicalement transformé par les expropriations et la proximité soudaine du trafic routier et de ses nuisances.

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