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Parc des Calanques : quotas à Sugiton, retour du loup et "fléau" des bonbonnes... Didier Réault fait le point sur Maritima3min
Par Maritima 11/05/2026 à 09:30
Avec les grands ponts du mois de mai, le Parc national des Calanques est déjà sous haute surveillance. Entre la gestion de l'affluence record, le maintien des quotas à Sugiton et la prolifération inquiétante des bonbonnes de gaz de rire, Didier Réault, président du Parc, appelle à la responsabilité de chacun au micro de Didier Gesualdi.
Le joyau de la côte provençale est-il victime de son succès ? Pour Didier Réault, la question ne se pose plus : c’est une réalité ancienne qui a justement motivé la création du Parc national il y a douze ans. En ce mois de mai, alors que les routes de Sormiou, Morgiou et Callelongue font l'objet de fermetures temporaires pour limiter l'impact automobile, le président du Parc dresse un état des lieux sans détour.
Sugiton : le retour des quotas pour sauver les sols
C’est la mesure phare du dispositif de protection : le système de réservation pour accéder à la calanque de Sugiton sera reconduit cet été. Une nécessité absolue selon Didier Réault pour contrer l’érosion galopante. « On va remettre cet été effectivement la gestion de l’accès à la calanque de Sugiton. C’est un moindre mal pour protéger des espaces qui sont effectivement en difficulté. Le piétinement fait qu’il y a une érosion des sols, et cette érosion risque de faire disparaître la calanque telle qu’elle est. »
Le président précise que si d'autres lieux souffrent également, les moyens du Parc ne permettent pas encore d'étendre ce dispositif partout : « On ne peut pas tout mettre en accès limité. »
Le "fléau" des bonbonnes de protoxyde d'azote
Une nouvelle forme de pollution inquiète particulièrement les autorités : la présence massive de bonbonnes de protoxyde d'azote (gaz hilarant) sur terre comme en mer. Un sujet de santé publique qui devient un désastre écologique. « C’est plus qu’un sujet, c’est un vrai fléau. Les utilisateurs de ces substances le font n’importe où, n’importe comment, et jettent ça un peu partout dans la nature. Ils cherchent des lieux reculés pour être loin de toute surveillance policière. Ça souille la nature, c'est un vrai sujet de déchets supplémentaires. »
Le loup de retour : « Un bon signe » pour la biodiversité
Interrogé sur la polémique récente impliquant une équipe de tournage accusée d'avoir perturbé une meute de loups dans le Parc, Didier Réault préfère voir le côté positif de la présence du prédateur tout en rappelant les règles de conduite. « La présence du loup sur les Calanques est un bon signe, cela veut dire que l’ensemble de la chaîne alimentaire est présente sur ce territoire exceptionnel. Mais il faut évidemment respecter cette biodiversité et les espèces qui vivent là. »
Le président rappelle au passage que tout tournage ou intervention médiatique est soumis à un régime d'autorisation strict : « On ne fait pas n'importe quoi, n'importe comment sur ce territoire. »
Une vigilance accrue face au risque incendie
Malgré les pluies récentes qui ont favorisé la pousse de la végétation, le danger reste présent. « Quand le temps redevient sec, la végétation sèche aussi et il y a un risque d'incendie beaucoup plus important », prévient Didier Réault. Sur le terrain, les agents du Parc, du Département et de la Ville sont mobilisés aux entrées (comme à Luminy) pour informer et sensibiliser les randonneurs.
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