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Logements bouilloires : le cauchemar des quartiers populaires face à la canicule2min
Par Joey Temple30/06/2026 à 07:00
Comment résister à la chaleur chez soi pendant la canicule ? En 2025, 69% des habitants en PACA ont déclaré avoir souffert de la chaleur dans leur logement pendant au moins 24 heures. Les quartiers populaires sont particulièrement exposés au problème des logements bouilloires.
"Voilà... 32,5°C dans l’appartement", constate Manu en prenant le thermomètre posé sur la table du salon. A 70 ans, ce locataire subit violemment la chaleur. Cela fait plus de quatre décennies qu'il habite dans le quartier du Grès, géré par 13 Habitat, à Martigues. "Je reçois toute la chaleur parce qu'ici, au 4ème étage, non seulement on est en plein sud, mais en plus on a la toiture en calandrite, c’est-à-dire du goudron", explique-t-il.
Fermer ses volets et utiliser le petit ventilateur posé sur une étagère dans le séjour sont ses deux seules options pour lutter contre la chaleur. "J'ai une petite retraite, je ne peux pas me permettre de m'équiper plus".
En France, comme chez Manu, un logement sur deux ne protège pas des fortes chaleurs et peut se transformer en véritable bouilloire. Combattre cette réalité, en particulier dans les quartiers populaires, doit devenir une priorité de l’État, alerte Françis Vernède, directeur régional de la Fondation pour le Logement. "C'est très bétonisé, peu d'espaces verts, et des appartements plus petits avec beaucoup que gens qui y vivent, explique le directeur. Dans les quartiers populaires, cette canicule est insupportable. On va droit dans le mur !"
"C'est une question de santé publique"
"Ce dont on a besoin, c’est que l’État engage des fonds. Il faut principalement équiper de volets ceux qui ne le sont pas, faire de l’installation de brasseurs d’air, quelque chose de massif. On a besoin de ça. Climatiser, c'est une fausse bonne idée parce qu’à terme, ça ne fait qu’accentuer la problématique. Donc il faut que l’État débloque des fonds sur ces questions-là, c’est vital. Ce n’est pas juste une question de confort, c’est une question de santé publique."
Dans sa dernière étude sur les logements bouilloires publiée à la mi-juin, la fondation informe que ce sont encore plus de 40% des logements dans l'Hexagone qui ne sont pas pleinement équipés de volets. Pour que tous les logements soient équipés de volets et de brasseurs d’air d’ici 2040, l’État devrait dépenser "1,1 milliard d’euros par an", selon le calcul de la fondation.
L'inaction politique
"Il ne faut pas se réveiller sur les questions de canicule le jour où on a chaud. On veut que dès la rentrée de septembre, on puisse avoir des points de discussion avec le gouvernement pour travailler sur ces questions-là", interpelle Françis Vernède.
En juillet 2025, la Fondation pour le Logement a fait une proposition de loi "Zéro Logement Bouilloire". Mais malgré la signature de nombreux députés, elle n'a jamais été inscrite à l'ordre du jour de l'Assemblée nationale. Pour inciter les pouvoirs publics à agir, Francis Vernède lance une invitation au ministre du Logement. "J'invite Monsieur Jeanbrun à visiter des logements bouilloires à Marseille pour qu'on puisse mesurer la température et comprendre ce que signifie vivre dans ces logements. Après ça, je suis sûr qu'il révisera sa façon de considérer les logements bouilloires."
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