Martigues
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Environnement
Martigues élaguée : quand la prévention tourne au "massacre"2min
Par Sandrine Calvayrac02/10/2025 à 19:01
Le paysage est défiguré sur près de neuf kilomètres, des dizaines d'arbres ont été rasés le long de l'A55, à l'entrée de Martigues. Pour quelles raisons ? Alors que le quartier est déjà fortement impacté par le Plan de Prévention Incendies Feux de Fôret.
Une intervention d’envergure le long de l’autoroute A55, à l’entrée de Martigues, provoque la grogne des habitants. Des dizaines d’arbres ont été abattus sans concertation préalable avec la mairie, soulevant de vives inquiétudes d’ordre écologique, sonore et sécuritaire.
Martigues : pourquoi les arbres sont-ils coupés en bordure d'autoroute ?
C’est un chantier qui ne passe pas inaperçu... ni inaperçu ni accepté d'ailleurs comme vous pouvez le voir dans la vidéo qui accompagne cet article. Depuis plusieurs jours, les engins de chantier s’activent le long de l’A55, à la hauteur de Martigues, où une vaste opération de débroussaillement a été lancée par les services de l’État. Officiellement, il s’agit d’une mesure de prévention contre les incendies. Mais sur le terrain, la méthode employée indigne de nombreux habitants.
« On comprend le principe, mais là, c’est un massacre », s’indigne Jean-Marc Mauchauffée, riverain. Comme lui, beaucoup pointent une absence totale de concertation avec la mairie et les martégaux.
« On comprend la nécessité de protéger la zone contre les incendies… mais là, c’est un véritable saccage, mené sans aucune discussion, ni avec les riverains, ni avec la mairie. On ne comprend pas ce choix brutal », déplore une habitante du quartier de Jonquières-Sud.
Martigues : débroussaillement en bordure de l'A55 et P.P.R.I.F
Ces travaux interviennent dans un contexte déjà tendu, alors que le Plan de Prévention du Risque Incendie de Forêt (P.P.R.I.F) impose de lourdes obligations aux habitants situés en zone rouge, comme à Jonquières-Sud. Charly, résidant du secteur en zone rouge, s’inquiète : « On demande aux citoyens de débroussailler chez eux, mais aussi à côté, et d'un autre côté l’État rase tout sans même prévenir. C’est incohérent et déplorable.»
Au-delà de la perte visuelle et paysagère, c’est tout un équilibre qui semble remis en cause. Le couvert végétal abattu jouait un rôle important dans la lutte contre la pollution sonore et la stabilisation des sols. Pour beaucoup, ce débroussaillement massif soulève des inquiétudes écologiques, acoustiques et sécuritaires. "En cas de fortes pluies comme le week-end dernier, la boue ne sera pas retenue par les arbres comme c'était le cas avant, on craint le pire", s'inquiète Jean-Marc Mauchauffée.
De son côté, Jean-Marc Villanueva, adjoint de quartier et délégué à la sécurité civile, confirme que la Ville n’a pas été informée en amont de l’opération : « Nous avons été mis devant le fait accompli. Nous avons appris l'existence de l'opération, comme tout le monde, sur les réseaux sociaux".
Une réunion avec les services de l’État est prévue prochainement, mais au vu de l’avancement du chantier, il semble difficile de revenir en arrière.
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