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Narcotrafic: la commission d'enquête rend ses conclusions ce matin pour sortir la France du "piège"

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Par Jean-Michel Darras14/05/2024 à 08:07

Expansion territoriale du trafic, corruption d'agents publics, manque de moyens des acteurs de terrain: la commission d'enquête du Sénat sur l'état du narcotrafic en France rend ses conclusions mardi matin, dressant le portrait d'un pays submergé par ce marché criminel.

Les sénateurs de la commission d'enquête formuleront une série de propositions afin de mettre en place une "stratégie globale et ambitieuse" pour sortir le pays "du piège du narcotrafic". "On n'est pas encore un narco-Etat mais c'est suffisamment grave pour qu'on réagisse vite et fort. La corruption c'est un signal faible qui, vu le risque, mérite d'être pris en considération", a affirmé à l'AFP le président de la commission d'enquête Jérôme Durain (PS).

Au cours des six mois d'auditions, de nombreux acteurs de premier ordre - magistrats, policiers, gendarmes, élus, ministres - ont prévenu tour à tour que la corruption permettait au trafic de prospérer. "Aucune profession n'est épargnée: dès lors que les trafiquants offrent des sommes extrêmement élevées, certains personnels peuvent céder, à un moment donné, à l'appel de ces sirènes criminelles", soulignait fin novembre Stéphanie Cherbonnier, cheffe de l'Office anti-stupéfiants (Ofast). "Chaque personne a un prix et les moyens de ces réseaux sont quasiment illimités. Oui, on constate une augmentation de la corruption", affirmait pour sa part le procureur de la République à Marseille Nicolas Bessone.

La cité phocéenne est gangrénée par le narcotrafic: 49 personnes ont été tuées en 2023, dont quatre victimes collatérales, dans la guerre de territoires opposant des gangs rivaux. "Je crains que nous ne soyons en train de perdre la guerre contre les trafiquants à Marseille", s'était alarmée le 5 mars Isabelle Couderc, vice-présidente du tribunal chargée de la coordination de la section "JIRS Criminalité organisée" de l'instruction, devant la commission d'enquête, une sortie qui a irrité le garde des Sceaux. "J'ai dit que lorsque l'on exprimait l'idée qu'une guerre était perdue, on la perdait. Oui, c'est une réalité", a affirmé Eric Dupond-Moretti.

 

Lutte contre le "haut du spectre"

 

Le guerre est-elle perdue ? Non, estime auprès de l'AFP le rapporteur Etienne Blanc (LR), "le problème est maintenant dans les mains du politique. Tout le monde a pris conscience de l'ampleur du phénomène". Entre déplacements très médiatisés, de Marseille à Roubaix, et chiffres d'arrestations tapageurs, le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin s'est démené tous azimuts pour vanter ses opérations antidrogue, labellisées "place nette XXL", lancées en grande pompe par Emmanuel Macron à Marseille et dont l'efficacité laisse perplexes policiers spécialisés et magistrats.

"Sur les neuf opérations place nette XXL, il y a eu 3.814 interpellations, plus de 500 armes saisies, quatre tonnes de drogues et 20 millions d'euros en argent frais", a affirmé M. Darmanin mi-avril. Le ministre de la Justice a présenté fin avril plusieurs pistes pour lutter contre le "haut du spectre" du narcotrafic, avec la création d'un parquet national dédié à la lutte contre la criminalité organisée (PNACO) ainsi qu'un "véritable statut du repenti", en s'inspirant de ce que font les Italiens "avec beaucoup d'efficacité". "Ce qui ressort des auditions, c'est aussi le désarroi des acteurs de terrain qui demandent des moyens, des outils pour lutter à armes égales", a insisté auprès de l'AFP le sénateur Jérôme Durain.

Tout au long des auditions, les sénateurs ont évoqué l'idée de la création d'une "DEA (agence américaine de lutte contre les trafics de drogue) à la française", une autorité supérieure, calquée sur le Parquet national financier (PNF), pour superviser l'ensemble du dispositif anti-stupéfiants et permettre de se concentrer sur les affaires les plus importantes. Gérald Darmanin ainsi que les patrons de la police et de la gendarmerie Frédéric Veaux et Christian Rodriguez ont rejeté cette suggestion devant la commission, estimant que l'Ofast était "le bon outil".

 

© Agence France-Presse

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