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Gardanne : comment un simple mégot crée un incendie ? Réponse en images

4min

Par Maritima 18/06/2026 à 08:13

Face à l'arrivée de l'été, l'Entente Valabre de Gardanne a démontré par la preuve le danger des mégots jetés au bord des routes. Un geste d'imprudence qui menace désormais l'ensemble du territoire français avec le réchauffement climatique.

Chaque année à l'approche de la saison estivale, le même scénario se répète au bord des routes: des départs de feu suite au jet de mégots. Pour matérialiser ce péril dont les prémices sont invisibles, l'Entente Valabre — établissement public dédié à la protection des forêts et des risques naturels majeurs — a organisé une démonstration scientifique de l’inflammabilité d’un mégot de cigarette. Également présent lors de cette opération: la Confédération des buralistes et l’Alcome, éco-organisme spécifiquement dédié aux mégots de cigarette. L'objectif de cette mise en scène était de mettre des images sur une réalité qui peut parfois être sous-estimée. 

 

Le « triptyque explosif » des bords de routes

Sur le goudron et les bas-côtés, les conditions estivales se transforment rapidement en une véritable poudrière. Théo Polimann, chargé de projet en essai thermique à l'Entente Valabre, décrypte les trois facteurs qui provoquent l'embrasement :

  • Une hygrométrie (humidité de l'air) inférieure à 30% : un air extrêmement sec qui rend la végétation explosive.

  • Des températures élevées : dès que l'air affiche 30°C, le béton routier grimpe en réalité entre 40°C et 80°C.

  • Un apport continu en oxygène : un vent léger de seulement 10 à 15 km/h suffit à attiser le feu.

Au bord des axes routiers, le danger est démultiplié par le trafic. « Le passage des voitures permet de faire rouler les mégots à partir de 5 km/h, explique Théo Polimann. Cela crée un appel d’air constant qui va attiser ce bout en incandescence. Une cigarette met entre 6 et 10 minutes à se consumer jusqu'au filtre, sans s'éteindre naturellement. »

 

 

Des milliers de mégots jetés : « Une imprudence coupable »

Pour les spécialistes de la prévention, le constat reste alarmant malgré la baisse globale du nombre d'éclosions de feux sur notre territoire. Luc Langeron, directeur de la division information et prévention à l'Entente Valabre, rappelle une expérience édifiante menée sur une route départementale il y a deux ans :

« Nous avons fait une battue au mégot avec des jeunes en BTS. Sur seulement 100 mètres de fossé fraîchement curé, nous avons ramassé 2 541 mégots. »

Grâce aux enquêtes, les statistiques sont formelles : l'activité humaine cause 9 incendies sur 10, et 70 % d'entre eux sont liés à des négligences. Le mégot est quant à lui directement responsable de 10 % des départs de feux de forêt de façon certaine. 30 % en incluant les départs de feu où la suspicion est élevée.

« Les fumeurs de mauvaise foi prétendent que les mégots ne mettent pas le feu », déplore Luc Langeron. « Ce test prouve le contraire : la fraise d'une cigarette à 400°C, le vent à 15 km/h, le mégot qui roule sur la route et qui atteint le bas côté où l'herbe sèche affiche moins de 15 % d'humidité, puis l’air sec de l’été… on peut démarrer un scénario catastrophe en moins d'une minute (...) C'est un geste coupable, j’ai tendance  à dire une imprudence coupable. »

 

La surcharge opérationnelle des « soldats du climat »

Pour le Lieutenant-Colonel Eric Brocardi, porte-parole de la FNSPF, l'enjeu dépasse la simple préservation des hectares de forêt : il s'agit aussi de préserver les secours. En été, le risque de feux de forêt s'ajoute aux 80 % de missions quotidiennes des pompiers dédiées au secours d'urgence aux personnes.

De plus, la géographie du risque a radicalement changé sous l'effet du réchauffement climatique.

« Ce n'est plus simplement le pourtour méditerranéen », alerte le Lieutenant-Colonel Eric Brocardi en évoquant les feux de la forêt de Brocéliande ou encore les Monts d’Arrée en 2022. « Nous ne voulons pas de feux multi-sites hors normes simultanés, car cela mettrait en difficulté notre réponse opérationnelle. »

Si la stratégie d'attaque massive des sapeurs-pompiers permet aujourd'hui de contenir 95 % des feux naissants sous la barre des 5 hectares, la vigilance citoyenne reste le premier rempart. Face à ce fléau, les pompiers de France appellent à la responsabilité du public mais pas seulement: « On fait appel aujourd'hui aux constructeurs d'automobiles: remettez les cendriers à l'intérieur des véhicules, parce qu'aujourd'hui, il y a une nécessité absolue de reprendre des bons réflexes. »

 

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