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Faits divers
Marseille sous le choc après les pillages : entre sidération, colère et urgence économique pour le centre-ville5min
Par Rémy Reponty18/10/2026 à 17:30
Au lendemain des pillages du samedi 17 octobre, le maire de Marseille, Benoît Payan, veut comprendre ce qui s'est passé pour que les forces de l'ordre ne soient pas parvenues à contenir les émeutiers alors que la journée était classée à haut risque. De leur côté, les commerçants, gérants ou employés, sont abattus et c'est le sentiment de crainte que cela recommence qui domine.
Au lendemain d'une nuit de violences et de scènes de guérilla urbaine qui ont ravagé le cœur commerçant de la cité phocéenne ce samedi 17 octobre 2026, Marseille s'est réveillée ce dimanche dans la sidération. Entre commerçants dévastés, élus réclamant des comptes à l'État et solidarité d'urgence, le territoire se mobilise pour sauver le tissu économique local.
Le maire de Marseille, une vendeuse du magasin Boulanger (qui préfère rester anonyme) et Éric, le gérant du magasin Bouygues de la rue Saint-Ferréol, témoignent de leur stupeur face aux déchaînements de violence de ce samedi noir, dans cette vidéo.
(Interviews, images et monatge : Rémy Reponty pour Maritima Médias.)
Un centre-ville saccagé : le désarroi et la peur des commerçants et salariés
Au réveil ce dimanche 18 octobre, l'ambiance rue Saint-Ferréol et dans les artères commerçantes du centre-ville de Marseille est lourde. Vitrines brisées, rideaux métalliques défoncés, commerces entièrement vidés et débris jonchant le sol : le bilan matériel et humain (4 policiers nationaux et 1 policier municipal ont été gravement blessés) est dramatique. Des centaines de commerces ont été pillés ou saccagés au cours de la nuit.
Sur le terrain, la détresse des salariés et des gérants est palpable : Sarah, vendeuse chez Boulanger rue Saint-Ferréol, encore sous le coup de l'émotion face à la devanture dévastée, témoigne : « Je suis émue et triste en même temps. D'ailleurs, j'ai même pas dormi de la nuit parce que... c'est mon gagne-pain, en fait. Je travaille ici depuis 2 ans et demi et c'est comme ma petite maison [...]. J'ai eu très très peur, oui. J'habite juste en haut, ici, et oui j'ai eu vraiment peur [...]. C'est un carnage, c'est dégueulasse en fait, tout simplement. »
Éric, gérant du magasin Bouygues rue Saint-Ferréol, contraint d'afficher une fermeture pour 3 mois, évalue les pertes entre 150 000 € et 200 000 € : « Ce qui me désole beaucoup, c'est mon équipe, 8 vendeurs qui vont se retrouver au chômage partiel ou technique [...]. Mon sentiment c'est un sentiment de crainte, parce que je vois la France plonger économiquement [...]. Il ne faut pas mêler tous ces pillages à des revendications qui peuvent être écoutées, vues et négociées. Là, on pénalise même les gens qui revendiquent, malheureusement. »
Un tag qui résume peut-être à lui tout seul la volonté des émeutiers de ce samedi noir.
« Insupportable » : Benoît Payan pointe la doctrine du maintien de l'ordre et interpelle l'État
Face à ces scènes tragiques, le maire de Marseille, Benoît Payan, exprime sa profonde douleur et sa colère. Il a vivement salué l'action exemplaire du bataillon de marins-pompiers et de la police municipale, avec plus de 700 marins-pompiers et policiers municipaux déployés toute la nuit. Au cours des interventions, 4 policiers nationaux et 1 policier municipal ont été gravement blessés et transportés par le bataillon.
Benoît Payan a fermement condamné les agissements des casseurs tout en soulevant de lourdes questions politiques : « Des hordes de casseurs et de pilleurs s'en sont pris à ce qu'on a de plus précieux, c'est-à-dire nos biens communs... sans aucune revendication, dans le seul but de casser les revendications légitimes de celles et ceux qui venaient manifester de manière pacifique. » Le maire demande des comptes à l'État concernant l'emploi des forces de sécurité nationale et rappelle que la suppression du préfet de police de Marseille par le gouvernement il y a un an et demi était « une faute » dont la ville paie aujourd'hui les conséquences. Benoît Payan exige une indemnisation totale par l'État, dénonçant également le coup financier porté à la ville alors qu'il va manquer 50 millions d'euros aux Marseillais l'an prochain.
La Ville de Marseille a mis en place un numéro vert d'aide pour les commerçants sinistrés : 0 800 730 850
et un numéro de cellule psychologique avec la Croix-Rouge pour les commerçants sinistrés : 06 28 05 30 26
Urgence économique et sociale : les collectivités locales réactivent les aides d'urgence
Au-delà des destructions physiques, c'est la pérennité économique du cœur de Marseille et des milliers d'emplois qui est directement menacée à l'approche des fêtes de fin d'année. Martine Vassal, présidente du Conseil départemental des Bouches-du-Rhône, alerte sur le risque de faillites et de licenciements massifs : « Il faut sauver nos commerces, leurs salariés et leurs emplois avant qu'il ne soit trop tard ! [...] Nous ne pouvons pas laisser les violences d'aujourd'hui provoquer les fermetures et les licenciements de demain. » Le Département demande la création immédiate d'un fonds exceptionnel de soutien aux commerçants aux côtés de l'État, de la Région et de la Métropole. François de Canson, président de la Région Provence-Alpes-Côte d'Azur, s'est rendu sur place ce dimanche matin aux côtés du préfet de région. Il a annoncé la réactivation du fonds régional « solidarité commerces pillés » pour apporter une aide d'urgence aux commerçants, artisans et restaurateurs sinistrés dans les six départements de la région, appelant l'ensemble des acteurs publics à l'abonder.
Alors que de nouvelles mobilisations sont déjà annoncées pour le 5 novembre prochain, l'ensemble des acteurs locaux exige de l'État des garanties de sécurité inédites pour restaurer la confiance et protéger le territoire.
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