Martigues
-
Faits divers
Alcool, drogue, téléphone : après les derniers accidents mortels sur le viaduc de Martigues, la police pointe des comportements « déviants » 3min
Par Maritima 02/03/2026 à 17:27
Avec trois accidents mortels en à peine un mois au niveau du viaduc de Martigues, le secteur a connu une période noire. Invité de Maritima Radio ce midi, le commandant Rémi Labedade, chef de la CRS autoroutière Provence, revient sur ces drames et pointe du doigt des comportements « inacceptables » : alcool, stupéfiants et usage du protoxyde d’azote.
Le constat est glaçant. Sur un secteur (de l'Etang de Berre au Var en passant par Marseille et Aix-en-Provence) qui compte habituellement entre 12 et 15 accidents mortels par an, trois vies ont été fauchées en l'espace de quelques semaines aux abords du viaduc de Caronte (A55), à Martigues. Pour le commandant Rémi Labedade, si la configuration des lieux est sensible, c’est avant tout l’humain qui est en cause.
« Que les Martégaux se rassurent, le viaduc n’est pas plus accidentogène qu’un autre secteur. Nous sommes face à une loi des séries malheureuse due à des comportements déviants », explique-t-il au micro de Manuel Danloy.
Un enfant de 2 ans victime d'un stationnement « inexpliqué »
Le commandant est revenu sur les circonstances tragiques de ces accidents, illustrant la diversité des causes. Le premier drame, en décembre, a coûté la vie à un petit garçon de 2 ans. En cause : un chauffeur roumain stationné sur la bande d’arrêt d’urgence du viaduc pour y passer la nuit.
« C’est un comportement inexpliqué. Pourquoi ne pas avoir fait 10 kilomètres de plus pour aller sur une station ? », s'interroge Rémi Labedade. Un père de famille, arrivant le dimanche matin, a perdu le contrôle et percuté le poids lourd.
Les autres accidents ne sont pas moins marquants : un piéton ayant tenté de traverser les voies du viaduc le 1er de l’an, et plus récemment, un conducteur qui s'est tué seul. « Il était positif à l’alcool, aux stupéfiants, et il était au téléphone avec sa compagne au moment de l’impact », révèle le commandant.
Le « proto », ce fléau invisible et foudroyant
Au-delà de l'alcool et de la drogue, la CRS autoroutière s'inquiète d'un phénomène grandissant : la consommation de protoxyde d’azote (gaz hilarant) au volant. Un produit extrêmement dangereux car ses effets sont aussi brefs que puissants.
« C'est un phénomène grandissant. Les effets sont très courts, entre 15 et 20 minutes, et on ne le décèle pas dans le sang après une heure », prévient Rémi Labedade. Sur les lieux d'accidents, les forces de l'ordre retrouvent de plus en plus souvent ces bonbonnes percutées, témoins d'une prise de risque fatale : « On en voit, malheureusement, qui consomment alors qu'ils sont au volant. »
« Nous ne serons pas indulgents »
Face à cette recrudescence, la consigne est claire : la répression prime. Si la présence des patrouilles assure une part de prévention, la CRS autoroutière multiplie les contrôles ciblés sur la vitesse et les conduites addictives.
« Le message est simple : respect du code de la route et des vitesses, qui restent la première cause d'accident. Nous n'avons pas tendance à être indulgents avec les comportements les plus extrêmes », martèle le commandant.
A lire aussi
Marseille
-
Faits divers
Marseille : un jeune homme tué par balle lors d'une dispute autour d'un scooter volé
Martigues
-
Faits divers
Martigues : “C’est une honte”, récit d’une nouvelle soirée cauchemar à Notre-Dame des Marins
Martigues
-
Faits divers
Martigues : évacuation de 34 personnes lors d'un incendie dans un immeuble à Notre-Dame-des-Marins
France
-
Faits divers
Cyberattaque dans la santé : enquête ouverte

