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Procès DZ Mafia à Aix-en-Provence : verdict ce mardi, avec 4 jours de retard

3min

Par Maritima 14/04/2026 à 07:05

Le verdict du procès du double homicide du Formule 1, dans lequel comparaissent deux chefs présumés de la DZ Mafia, doit finalement être rendu mardi, avec quatre jours de retard, au terme d'audiences sous haute sécurité, émaillées d'incidents en série.

Les cinq accusés présents, sur les six renvoyés - l'un d'eux est en cavale - s'exprimeront une dernière fois mardi à 8h30 avant que la cour, composée d'un jury professionnel, ne se retire pour délibérer.

Le verdict dans cette affaire de double assassinat commis en 2019, avant la création du groupe criminel marseillais DZ Mafia, doit être rendu dans la journée.

Après avoir soulevé de nombreux incidents de procédure durant plus de trois semaines d'audience, dans une ambiance électrique, les avocats de la défense ont revendiqué lundi leur choix de "rompre avec la bienséance plutôt qu'avec le droit" et plaidé l'acquittement des accusés.

"Pour être crainte, la justice doit être respectable, nous sommes les vigies", a justifié Me Raphaël Chiche, l'avocat de Walid Bara, un des deux commanditaires présumés du double meurtre sur fond de lutte de territoire pour le monopole du trafic de stupéfiants à Marseille.

"Nous n'avons fait qu’appliquer la loi, nous avons soulevé des points car nos serments le demandaient. Je préfère rompre avec la bienséance que faire de la rupture avec le droit", a expliqué l'avocat.

 

Perpétuité requise

 

Une peine de réclusion à perpétuité a été requise à l'encontre de son client, en fuite. De lourdes peines ont également été demandées contre l'ensemble des six accusés.

"Ce procès devient politique par les réquisitions excessives", a estimé Me Christine d'Arrigo, avocate de Gabriel Ory, accusé d’avoir fourni à un commando de tueurs le code de la porte de la chambre d’hôtel où sera assassiné Farid Tir et un de ses proches.

L’avocate a dénoncé les "biais de confirmation" lors de l’instruction mais aussi de la part des avocates générales.

"Ne condamnez pas un innocent!", a martelé l'avocate d'Amine Oualane, Me Inès Médioune. "Est-ce qu’on a un échange de SMS, un appel, une vraie incarcération commune ou de vrais témoignages qui prouvent que Farid Tir et Amine Oualane étaient proches ? On n'a rien, on n'a rien et sans trembler on vous demande 18 années de réclusion criminelle !", s'est emportée l'avocate.

L'accusation reproche à Amine Oualane d'avoir, depuis la prison, été l’intermédiaire entre son ami d’enfance Gabriel Ory et Farid Tir pour le projet d’assassinat.

Amine Oualane et Gabriel Ory sont désignés par la police comme les fondateurs de la DZ Mafia, qui domine le narcotrafic dans la cité phocéenne.

Contre ces deux trentenaires déjà condamnés et incarcérés pour d'autres infractions, des peines respectives de 18 années de prison et de réclusion à perpétuité ont été requises par le ministère public.

"Ce n'est pas le procès d'un clan marseillais qui a semé la mort à Marseille ces dernières années, puisqu'il n'existait pas en 2019", avaient pris soin de rappeler dimanche les deux avocates générales en référence à la DZ Mafia.

"La justice, c’est savoir renoncer quand on n’a pas assez d’éléments", a protesté lundi Me Emmanuelle Franck, conseil de l'autre commanditaire présumé, Karim Harrat. "On va faire quelque chose de déloyal, on va aller faire son marché dans d’autres dossiers, en piochant des témoignages dans Sky ECC [une messagerie cryptée, ndlr], sélectionné par le ministère public mais la défense n’a pas le contrôle dessus", a-t-elle regretté.

L’exploitation de la messagerie cryptée, ainsi que le témoignage déterminant de Driss Oualane — un ancien trafiquant de drogue — figurent parmi les éléments qui ont permis à l’accusation de remonter jusqu’aux donneurs d’ordres, ce qui demeure exceptionnel dans ce type d’affaires.

"On base une culpabilité sur la confession d'un pseudo repenti", a taclé Fabien Lahaie, qui conteste toute "défense de rupture", comme l'ont déploré les représentantes du ministère public.

 

© Agence France-Presse (par W. essalhi)

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