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Justice

Aix-en-Provence : ouverture du procès de l'assassinat du frère d'Amine Kessaci

5min

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Par Rémy Reponty19/10/2026 à 18:30

Le procès ultra sécurisé des tueurs présumés de Brahim, le frère d'Amine Kessaci, s’est ouvert ce lundi à Aix-en-Provence. Cinq jeunes hommes comparaissent devant la cour d’assises des Bouches-du-Rhône pour un triple assassinat particulièrement sordide lié au narcotrafic, dont celui de Brahim Chabane, demi-frère d’Amine Kessaci. Depuis l’assassinat de son frère aîné, Amine Kessaci est devenu une figure de la lutte contre le narcotrafic et aujourd'hui il est adjoint au maire de Marseille. Pour ce procès qu'il attend depuis six ans, Amine Kessaci dit ne pas être animé par une quête de vengeance mais uniquement dans un souci de justice.

Ce lundi 19 octobre 2026 s'est ouvert à Aix-en-Provence le procès hors norme du triple assassinat survenu fin 2020, dans lequel a péri Brahim Chabane, le frère aîné d'Amine Kessaci. Entre dispositif sécuritaire exceptionnel, émotion des familles et enjeux juridiques majeurs face aux figures du narcobanditisme, retour sur la première journée de ce dossier baptisé « Sangs mêlés ».

 

Le reportage au palais justice Monclar ce lundi pour l'ouverture du procès, dans cette vidéo.

 

(Interviews, images et montage : Rémy Reponty pour Maritima Médias.)

 

Sous le survol d'un hélicoptère et l'œil vigilant de policiers armés jusqu'aux dents, le centre-ville d'Aix-en-Provence est placé sous haute protection. C'est dans ce climat d'une sécurité maximale que s'est ouverte, ce lundi 19 octobre 2026 à 9 heures, la première journée d'audience devant la cour d'assises des Bouches-du-Rhône. Dans le box des accusés, cinq hommes – dont deux figures majeures du narcobanditisme marseillais, Karim Harrat (« Le Rant ») et Amine Oualane (« Mamine ») – comparaissent pour leur participation présumée au massacre de trois jeunes hommes à la fin du mois de novembre 2020.

« Pas la vengeance, mais simplement la justice »

Parmi les victimes de cette effroyable nuit du 28 au 29 novembre 2020 figurait Brahim Chabane, 22 ans, retrouvé calciné avec une seconde victime dans un véhicule sous un tunnel de l'A55 aux Pennes-Mirabeau, tandis qu'un troisième corps démembré et calciné était découvert une semaine plus tard à l'Estaque. Brahim était le demi-frère d'Amine Kessaci, devenu depuis une figure nationale de la lutte contre les ravages du narcotrafic avec son association Conscience, puis élu adjoint au maire de Marseille.

Présent au palais de justice aux côtés de sa mère, le jeune homme s'est avancé vers la salle d'audience entouré de gardes du corps au visage masqué. À l'entrée du tribunal, Amine Kessaci a tenu à rappeler le sens de sa démarche : « Je l'ai dit et redit, pour moi aujourd'hui ce n'est pas la vengeance, mais simplement la justice. La justice après ces six années de combat. »

Son avocat, Me Pierre-Olivier Sur, a salué avec gravité la dignité de la famille face à ce douloureux rendez-vous avec le passé : « Pour une mère et pour un jeune homme, de rentrer dans une cour d'assises et d'affronter en un instant, en une fraction de seconde, ceux qui probablement ont tué votre fils et votre frère, je salue leur courage et leur dignité. On attend la justice, la vérité, en confiance. »

Les accusés contestent les faits, la défense réclame des preuves

Protégés par les vitres blindées d'un box cerné par une dizaine de policiers cagoulés, les cinq accusés ont écouté la lecture de l'ordonnance de mise en accusation. Tous contestent fermement les accusations de meurtre avec prédétermination et assassinat en bande organisée.

Me Inès Medioune, avocate d'Amine Oualane – présenté par les enquêteurs comme l'un des cadres de la DZ Mafia –, a souligné la nécessité de ne pas désigner de coupables d'idéal : « On ne va pas s'accuser à tort, M. Amine Oualane, pour faire plaisir aux parties civiles. Et en plus ça ne ferait pas plaisir aux parties civiles, parce que les parties civiles ne veulent pas nécessairement que Amine Oualane soit le coupable. Ce que la partie civile souhaite [...], c'est d'avoir des réponses et que les coupables soient condamnés. Si ce n'est pas Amine Oualane, eh bien ce n'est pas Amine Oualane. »

 

Un procès hors norme sous haute protection policière.

 

Un calendrier de trois semaines sous haute tension

Cette première journée d'audience, essentiellement technique avec la vérification des identités et le tirage au sort du jury citoyen, pose les bases d'un procès marathon qui doit s'étaler sur trois semaines :

  • Semaine 1 (du 19 au 23 octobre) : Examen de la personnalité des accusés, suivi des dépositions décisives des policiers de la Police Nationale et de la PJ de Marseille. Ils détailleront les constatations de scène de crime, les écoutes et le décryptage des messageries cryptées, avant une contextualisation de la guerre des clans et de la genèse de la DZ Mafia.

  • Semaine 2 (du 26 au 30 octobre) : Présentation des rapports médico-légaux et balistiques, suivie des témoignages poignants d'Amine Kessaci et des proches des victimes (Réda Khaldi et Nassim Loubani). La cour entamera ensuite les interrogatoires sur le fond du dossier.

  • Semaine 3 (du 2 au 6 novembre) : Plaidoiries des parties civiles, réquisitions de l'Avocat général, suivies des plaidoiries de la défense. Le verdict est attendu le vendredi 6 novembre 2026.

Jusqu'à la réclusion criminelle à perpétuité encourue

Face à la gravité des faits qualifiés d'assassinat et de destruction de biens par moyen dangereux en bande organisée, les cinq hommes encourent la peine maximale : la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d'une période de sûreté pouvant aller jusqu'à 22 ans. Karim Harrat, soupçonné d'avoir commandité le massacre depuis Dubaï, risque la même peine en tant que complice par instigation.

Pour les familles endeuillées, ces trois semaines d'audiences représentent l'aboutissement de six années d'attente pour que la lumière soit enfin faite sur ce drame qui avait marqué le début d'une escalade sanglante dans le département.

Auditions des enquêteurs, témoignages, rapports médico-légaux et experts devront se succéder à la barre avant les réquisitions, les plaidoiries et le verdict de ce procès hors norme prévu début novembre.

 

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